«Bon 15 mars». Cette phrase publiée sur Facebook par une amie militante m'est d'abord apparue déplacée. Est-ce vraiment un jour de fête pour ceux qui participent à cette manifestation annuelle contre la brutalité policière qui en est maintenant à sa 17e édition? Comme on se souhaite bon 24 juin pour célébrer la joie, l'histoire, la fierté d'être «Québécois», on célèbrerait cette journée d'affrontements, de débordements, de violence?
On a beau dire que Stéfanie Trudeau n'est pas un cas isolé, si la désormais célèbre policière du SPVM scandalise autant, et déclenche autant de menaces de mort, c'est en partie parce qu'elle est une femme. C'est immensément plus "laid" pour une femme de déraper comme elle l'a fait que pour n'importe quel de ses collègues masculins.
Que vaut en effet la parole d'un citoyen contre celle d'un agent de la paix? Quelle aurait été l'attitude des autorités du SPVM si l'arrestation du 2 octobre n'avait pas été filmée et enregistrée et si les prévenus n'avait eu que leur parole pour contredire la version des faits du matricule 728 et de son collègue apathique? Combien d'autres citoyens ont fait les frais des frustrations non refoulées de la policière Trudeau?