La semaine dernière, j'ai revu une vieille amie par hasard. On a discuté un moment au coin d'une rue et elle m'a confié revenir de la clinique d'avortement. «Ce sont des choses qui arrivent» j'ai dit. «Prends soin de toi.» C'est là qu'elle m'a prié de ne pas m'en faire. C'était son troisième avortement.
Ce qu'il y a d'intéressant dans la motion de Mark Warawa, déposée une journée seulement après celle de son collègue Woodworth, c'est qu'elle vise, de prime abord, un but contraire : l'arrêt des avortements liés au sexe. Se disant perturbé par de récentes données indiquant que, dans certaines communautés, des femmes avortaient en apprenant qu'elles portaient une fille, voici donc un député conservateur se portant à la défense --ô surprise!-- de l'égalité hommes-femmes.
Hier, Richard Martineau et Sophie Durocher ont pondu deux billets (si l'on peut qualifier de «billets» des opinions désarticulées lancées à la volée et tenant respectivement en neuf et sept phrases) qui passeront à l'histoire comme autant de chefs-d'œuvre de vacuité intellectuelle et d'argumentation déficiente. Réagissant au tollé soulevé par le soutien de Rona Ambrose à la motion sur le statut juridique des fœtus, nos deux chroniqueurs y sont allés d'une charge à fond de train contre ceux qu'ils accusent de vouloir instaurer une pensée unique, défendant le droit de madame Ambrose de voter en son âme et conscience
Chère Madame Ambrose, Vous êtes députée du parti Conservateur. Déjà là, nous avons sujet à discorde. Les idéaux de votre parti ne m'interpellent pas et même, me font souvent rager. Mais bon, des divergences politiques, ce n'est pas nouveau. Vous êtes aussi, et surtout, la Ministre de la Condition féminine. Quand j'entends "condition féminine", je me dis que le rôle est de défendre le statut de la femme. Je me dis que votre rôle, c'est d'assurer aux femmes canadiennes leur libre choix, le contrôle de leurs décisions.
My loneliness is killing me (and i) I must confess, I still believe (still believe) Voilà le refrain qui doit (devrait) tourner en boucle dans la tête du député conservateur Stephen Woodworth de la circonscription de Kitchener-Center, en Ontario. Le député, inconnu jusqu'ici, a fait une percée très remarquée dans les médias en raison d'une motion présentée le 6 février dernier à la Chambre des communes