Depuis plusieurs jours, je participe (par textes interposés) à un débat sur la condition du français au Québec. En fait, je défends ma position depuis maintenant un an et elle se résume de la manière suivante: le multilinguisme brouille les cartes sur le français. Cependant, j'ai compris récemment que ce qui inquiète vraiment ceux qui sont en désaccord avec ma thèse, ce n'est pas le supposé déclin du français. Plutôt, c'est la montée de l'anglais qui préoccupe les esprits.
Les résultats du recensement démontrent encore une fois des gains appréciables sur pour la langue française. Ceux qui parlent d'une crise en observant la diminution de la population de langue maternelle de langue française oublient de considérer que le déclin qu'ils observent s'explique simplement par le fait que la population d'immigrants allophones augmente plus rapidement que celle des francophones.
M. Stephen A. Jarislowsky, président d'une «société agréée de conseillers en placements», a fait récemment quelques semonces aux Québécois francophones: réfractaires à l'anglais, ils s'isoleraient de l'humanité toute entière. Le 21 septembre 2012, il dénonçait un Québec voulant «supprimer l'anglais pour que le français puisse survivre» et «maintenir le peuple dans l'ignorance». Il affirmait que «nulle part ailleurs sur Terre, l'apprentissage de l'anglais n'est découragé».
Toute cette escalade dans les blâmes et les accusations entre anglophones et francophones est en train de complètement occulter les vrais aspects de Montréal dont, déjà, on ne parle pas assez. Les opinions les plus extrêmes, les groupes de pression et les gens qui ont un agenda à faire avancer prennent tout l'espace, et on oublie ce que signifie vraiment la vie dans cette ville où se côtoient depuis longtemps deux grandes langues et deux grandes cultures, et où les gens sont, à la base, foncièrement ouverts et tolérants.
Ce clivage linguistique est la résultante de la mise en concurrence progressive de deux communautés linguistiques et culturelles dans la région de Montréal. En effet, après l'échec référendaire s'est opérée une mise en concurrence entre les deux groupes linguistiques francophones et anglophones. Depuis le discours de Lucien Bouchard au Centaur, mais particulièrement depuis le règne de Jean Charest en 2003, la communauté anglophone est en pleine expansion dans la région de Montréal et recrute constamment de nouveaux membres venant du Canada, des Etats-Unis et de l'immigration internationale.
Suite aux paroles proclamées par le responsable de l'attentat d'hier au métropolis, il me vient cette pensée : C'est fini le temps de se séparer, il faut s'unir....et si au lieu de se séparer, on s'unissait tous pour un Québec plus libre et vivant par ses idées et ses projets? Dans le fond, peu importe la langue que l'on parle, on est tous québécois et on aime tous le Québec puisqu'on y demeure.
Le Parti Québécois devrait se rendre compte qu'il a ici une responsabilité particulière. Que fera-t-il immédiatement pour que certains de ses projets législatifs ne soient pas perçus comme appartenant à un nationalisme d'exclusion pratiqué par une certaine droite française? Qui mettra en pratique la tradition de Gérald Godin et de René Lévesque à l'égard de nos compatriotes d'arrivée plus récente?
Je quitte. Montréal, la ville folle, la métropole qui a sorti le Québec d'une illusion de petit village d'irréductibles gaullois légèrement ouverts sur le monde mais soi disant protégé de ses pires vices.Or, nous nous sommes trompés sur nous-même. L'image d'un petit peuple chaleureux a trahi celle d'un peuple divisé selon les pires clichés du pouvoir libéral pendant la crise étudiante: une élite éloquente et habile se donnant une image progressiste de la nation québécoise, et une majorité (j'oserai dire silencieuse) se retrouvant dans la démagogie des commentateurs réactionnaires à grand tirage.
Loin d'être un acte isolé, force est de constater que le climat social au Québec est à un niveau alarmant, les appels au meurtre contre les personnalités fusants en toute impunité, que ce soit contre Pauline Marois (par exemple, voilà maintenant plusieurs années que demeure en ligne le site Park Avenue Gazette, qui appelle pourtant à pendre notre nouvelle première ministre et à exterminer les francophones de Montréal), contre Jean Charest, contre Amir Khadir et contre tant d'autres personnalités politiques du Québec.
Comme plusieurs d'entre vous je regardais le discours de victoire de Pauline Marois hier soir à Radio-Canada quand tout à coup ... on connaît la suite; un évènement tragique qui nous a tous laissé bouche-bée. Surtout quand on le voit pratiquement se dérouler devant nos yeux, ou du moins on en apprend les détails en même temps que des millions d'autres Québecois, figés eux aussi devant leurs téléviseurs, en même temps que les policiers dans la rue, ainsi que les militants dans la salle. Pour quelques minutes, le Québec au complet a figé.
Prendre pour acquis, voilà le défaut du PLQ envers les communautés anglophones, notamment. Le PLQ prend le vote fédéraliste comme étant acquis! Qui est le gagnant? François Legault et son plan constitutionnel boiteux. En effet, suite aux débats, on a bien compris le plan de Legault : mettre de côté son passé péquiste pour tenter d'aller chercher le vote fédéraliste en se présentant comme l'option aux libéraux.
La supposée crise du français n'existe pas. Un simple regard aux données des recensements de Statistiques Canada le démontre. Le français comme langue d'usage augmente au Québec. Les allophones (souvent des immigrants) qui utilisent le français comme langue d'usage à la maison sont plus nombreux que ceux qui utilisent l'anglais (24% contre 21%). Lorsque les allophones québécois effectuent un transfert vers l'une des deux langues officielles du pays, ils sont majoritaires à choisir le français.
J'ai inauguré il y a quelques semaines, sur mon blogue, une rubrique occasionnelle que j'ai baptisée - faute de mieux - le "Rayon de soleil de la semaine", et où je relaie des nouvelles, des événements et des points de vue dont je trouve qu'ils sont de nature à nous remonter le moral, et à nous redonner confiance en l'humanité. Ces jours-ci, c'est le travail de confrères blogueurs qui a attiré mon attention.
Il fut un temps où les menus de nos restaurants étaient en anglais, notamment les restos chinois qui annonçaient le dice almond chicken, les egg rolls, les spare ribs, etc. Avec l'affichage commercial, les menus reflétaient très bien cette époque caractérisée par une nette domination de l'anglais, y compris au sein d'entreprises exploitées par des francophones.