Même si ces développements sont significatifs, il reste beaucoup de chemin à parcourir pour assurer que l'amiante demeure dans le sol et cesse de mettre en péril la santé humaine. Rappelons que l'amiante tue 90,000 personnes dans le monde annuellement, soit l'équivalent d'un Hiroshima par année depuis des générations. Au Québec, l'amiante a tué 373 travailleurs entre 2007 et 2010. Il faut arrêter l'hécatombe. C'est pourquoi l'extraction et l'exportation de l'amiante doivent être interdites par Québec et Ottawa.
Au lieu de systématiquement pratiquer la distorsion et alimenter un (faux) sentiment d'urgence auprès du grand public, les opposants au développement responsable de nos richesses naturelles et leurs alliés anti-entreprises gagneraient à établir un dialogue constructif avec l'industrie et cesser cette diabolisation destructive.
Dans cette cacophonie électorale de fabulations de toute nature, on souhaiterait davantage entendre comment un futur gouvernement va stimuler le développement minier, appuyer l'émergence d'une véritable filière québécoise et attirer davantage les investissements de grandes sociétés internationales.
Le jour où le directeur de la mine d'Absestos voudra vivre dans une maison aux murs d'amiante, où Jean Charest acceptera d'envoyer ses enfants travailler à la mine et où tous les scientifiques du monde entier diront que finalement l'amiante est tellement sain, qu'on devrait en manger à la cuillère, je ferai amende honorable et j'avouerai que je me suis trompé. Mais d'ici là , les poules auront des dents, les ours polaires se promèneront en bikinis et les marmottes auront été gazées dans leurs trous.
L'amiante est possiblement assez bonne pour l'exportation en Indonésie et en Inde, mais pas pour les politiciens supportant l'industrie ici. Le gouvernement fédéral a dépensé des millions de dollars pour enlever de l'amiante des édifices de la colline du Parlement et de la résidence du premier ministre.
Pauline Marois est une travailleuse acharnée, une survivante et une administratrice redoutable. Mais ce n'est pas une penseure. Ce n'est pas quelqu'un qui a une vision claire de comment changer la société. En plus, elle est à la tête d'un parti qui est écartelé entre la gauche et la droite, entre les indépendantistes purs et durs et les sociaux-démocrates. Bien qu'elle a eu le mérite de mettre les radicaux au pas, en prenant la direction du PQ, elle tarde d'imposer un leadership clair, renouvelé.
Presque tous les jours, je reçois un courriel des services de santé et sécurité de la Chambre des communes m'avertissant que des travaux liés à l'amiante sont en cours dans l'un des édifices du Parlement. Depuis que des preuves irréfutables existent prouvant le lien entre l'amiante et le cancer, les différents gouvernements ont procédé à d'importants travaux de désamiantages dans nos hôpitaux, nos écoles, et nos bâtiments publics comme celui du Parlement.