ACCEPTER SON CORPS

Nikki Gloudeman

Comment j'ai fini par aimer ce corps de 185 kilos

Un soir que je n'arrivais pas à m'endormir, j'ai décidé que j'allais devenir maigre. Dès le lendemain matin, je me suis mise au travail, et j'ai converti mon amour propre en une série de chiffres concrets que je pouvais maîtriser. J'ai fait une liste des graisses et des calories que j'ingurgitais, et reporté méthodiquement dans un carnet à spirales jusqu'à la moindre miette.
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Suis-je normale, docteur?

J'ai longtemps voulu être normale, être comme les autres. Comme tout le monde. Enfant, je me rappelle avoir eu des préoccupations généralement réservées aux ados, voire aux adultes. J'enviais l'insouciance de mes camarades de classe, leur légèreté. Aussi, j'étais grande. Anormalement grande et développée. L'apparence physique joue bien souvent des tours : ainsi, on s'adressait à moi comme si j'étais une ado, on avait des attentes et exigences plus élevées pour moi que pour les autres enfants de mon âge. Parce que je ne faisais pas mon âge.