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Lâcher prise

09/04/2013 12:26 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

« Maman, j'ai quelque chose à te dire que tu n'aimeras pas entendre. »

« Ah oui? » dis-je, curieuse et un peu appréhensive en même temps. »

« J'ai eu tellement de plaisir que je ne me suis même pas ennuyée de toi et de papa. » Dit-elle.

« C'est vrai? Et bien, je suis super contente! C'est exactement ce que je souhaitais pour toi. C'est bien normal pour une fille de presque 17 ans de s'amuser avec ses amis et de ne pas avoir besoin de ses parents. »

Ma fille revenait de son premier séjour sans nous, un voyage dans le Royaume-Uni avec un groupe de l'école. J'étais si émue parce qu'il y a quatre ans, je n'aurais pu concevoir qu'un jour elle soit assez autonome pour être loin de nous pour plus de quelques heures. Pourquoi pas? Elle a presque 17 ans après tout! L'été de ses 12 ans, son trouble d'anxiété généralisée (TAG) était tellement sérieux qu'elle a dû être hospitalisée pendant quelques semaines. Depuis, elle doit prendre plusieurs médicaments et visiter régulièrement son médecin et son psychiatre.

Il y a quatre ans, j'étais tellement désespérée. Je n'aurais jamais pu imaginer qu'un jour elle serait assez bien pour avoir une vie presque « normale ». Je n'aurais jamais pu imaginer que ma grande peine et mon sentiment d'impuissance pourrait se transformer en un optimisme heureux. Et pourtant... ma fille venait de passer douze jours à voyager outre-mer avec un groupe de jeunes qu'elle ne connaissait pas, à coucher dans des endroits différents tous les soirs dans des lits qui n'étaient pas le sien, à se retrouver dans les aéroports et les stations de train bondées de monde sans paniquer, heureuse même!

Lorsqu'elle nous avait implorés un an plus tôt de l'inscrire à ce voyage d'école, j'étais très hésitante. Comment pourrait-elle se débrouiller seule pour aussi longtemps sans nous, ses parents, quand elle avait de la difficulté à passer une journée à l'école sans nous téléphoner ou nous envoyer des textos pour être rassurée? Elle nous a suppliés de la laisser aller. Elle nous a promis que tout irait bien. J'ai puisé dans mon courage et j'ai choisi de croire que tout irait bien. J'ai lâché prise. Ce n'était pas facile et j'ai eu plusieurs moments de doute. Mais en fin de compte, je suis tellement contente d'avoir osé faire confiance à la vie.

En lâchant prise, j'ai permis à ma fille de se découvrir des capacités et des habiletés qu'elle ne savait même pas qu'elle avait. En lâchant prise, je me suis permis de me faire de la place et de lui faire de la place. En lâchant prise, nous nous sommes toutes les deux découvert une nouvelle version de l'avenir.

Combien de fois me suis-je acharnée à obtenir un résultat autre que celui que j'avais? Peu importe combien de temps et d'énergie j'investissais à la tâche, les choses n'aboutissaient pas comme je le souhaitais. Plus il y avait de la résistance, plus je m'obstinais à la vaincre. C'est une loi de physique de Newton n'est-ce pas? Pour chaque action, il existe une réaction égale et opposée.

Que se serait-il passé si j'avais su lâcher prise plus souvent dans ma vie? Et surtout, lâcher prise plus tôt, avant l'épuisement et le sentiment de défaite. Accepter ce qui est. Apprécier ce qui est. Lâcher prise pour me faire du bien.

Et vous? Est-ce que lâcher prise pourrait vous faire du bien? Dans quels domaines de votre vie pourriez-vous vous faire le cadeau de choisir d'être bien avec ce qui est?