Sylvie Bergeron

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Et si on créait Postes Montréal pour remplacer Postes Canada?

Publication: 15/12/2013 10:24

Le gouvernement conservateur donne la permission à Postes Canada de couper un service essentiel aux citoyens. Impossible de s'imaginer Montréal sans le facteur, tantôt en short tantôt emmitouflé, déambulant sur nos trottoirs. On voit mal où installer des boîtes postales dans les rues du Plateau où se côtoient déjà des bornes de péage, des poteaux de stationnement, des supports à vélo, des coins d'autobus, des bornes-fontaines et de nombreux passants.

C'est à se demander s'il n'y a pas eu une volonté occulte de priver ainsi les villes d'un système performant de poste tellement les signes de faillite se manifestaient clairement depuis des années. Ce vieux mastodonte n'a pas su se renouveler à temps? Personne n'a rien vu venir? La perte d'un milliard de lettres ces six dernières années, les déficits titanesques causés par les régimes de retraite étaient pourtant des signes évidents d'un tournant majeur à entreprendre. On a préféré attendre. Puis l'urgence est venue. On a «patché» le bobo: investir dans une modernisation de surface qui n'a rien réglé: ni le déficit des régimes ni celui des lettres envoyées par la poste. Au fond, c'est ce qui se produit quand on ne veut pas réformer en profondeur. La vraie raison de ce sabordage? C'était la meilleure manière de se débarrasser des syndicats et de leur fonds de pension... avec la permission de Stephen Harper.

Le manque de vision de Postes Canada n'est-il pas l'occasion pour nous de prendre les devants? Pourquoi ne pas créer notre propre Postes Montréal? Là où Postes Canada a choisi de faillir, une entreprise montréalaise pourrait développer une expertise aux structures légères: ne plus s'aliéner aux régimes de retraite démesurés, producteurs d'un cycle perpétuel de déficit. Elle pourrait développer une expertise spécifique à Montréal pour plus d'efficacité. Postes Montréal pourrait s'adapter aux changements technologiques là où Postes Canada a choisi de faire l'autruche. Sur le plan logistique, comme le suggère le maire Coderre, le facteur pourrait passer chez nous, comme le ramassage d'ordures, à tous les deux jours. Notre système de poste locale pourrait aussi bien appartenir aux Montréalais. Nous pourrions démarrer l'entreprise par nos taxes et finalement, Postes Montréal pourrait s'inscrire en bourse, tel que le suggéraient des fonctionnaires pour sauver Postes Canada. Harper a choisi le sabordage, l'Angleterre, la bourse. La poste britannique est toujours debout.

Évidemment, la réalité technologique n'a pas fini de bouleverser nos systèmes voire notre vision de l'activité humaine. Nous sommes à un carrefour important qui suggère des réformes dans de nombreux secteurs, mais surtout intégrité et transparence. Il est plus que temps de remettre en question les régimes de retraite, mais il n'était pas nécessaire de faire couler une entreprise si importante. Le gouvernement conservateur a contribué à l'affaiblissement majeur d'un système vital pour faire valoir ses idéologies anti-syndicales. Si elle a détruit le régime onéreux des retraités, l'idéologie conservatrice cautionne toujours les salaires et mauvaises pratiques des PDG d'entreprise et des ca, pillards de prédilection de fonds publics et éternels impunis. Ceux-là sont restés intouchables dans le plan de sauvetage à la sauce conservatrice, là où les syndiqués se sont vus dépossédés: deux poids deux mesures. C'est ce clivage qui aurait de l'être dilué. En prenant les choses en main, peut-être que Postes Montréal pourrait au passage instaurer des systèmes de surveillance contre la convoitise?


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