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Le racisme québécois

16/02/2017 09:17 EST | Actualisé 16/02/2017 09:17 EST

Avouez que le titre de ce billet a de quoi rendre mal à l'aise. Admettez également que ce sentiment provient du fait que vous croyez qu'il sera question d'une énième flagellation à propos du sentiment identitaire québécois.

Or, ce n'est pas le cas: ce texte est à propos du racisme latent dont souffre encore aujourd'hui le peuple québécois.

Dans les semaines qui suivirent la tuerie de la mosquée de la ville de Québec, alors que la vaste majorité du peuple québécois était en deuil de la mort de ses concitoyens, certains ont su en profiter pour s'essuyer les pieds sur le Québec.

Lors de la veillée à la chandelle au métro Parc, où des milliers de citoyens québécois, de tout acabit, s'étaient réunis spontanément pour se recueillir et démontrer leur soutien à la communauté musulmane, le tout premier discours prononcé par une jeune militante en colère parlait de l'importance de dénoncer la « culture du racisme au Québec ».

Et la foule a applaudi à tout rompre. Même endeuillés, les Québécois acceptaient gentiment de se faire faire la morale à propos de la soi-disant « culture du racisme » qui serait au cœur de leur société.

Soyons clairs: le Québec, ce n'est pas l'Afrique du Sud ou l'Arabie Saoudite. Le Québec ce n'est pas non plus la Hongrie ou l'Autriche et, n'ayons pas peur de le dire, le Québec ce n'est pas la France.

Soyons clairs: le Québec, ce n'est pas l'Afrique du Sud ou l'Arabie Saoudite. Le Québec ce n'est pas non plus la Hongrie ou l'Autriche et, n'ayons pas peur de le dire, le Québec ce n'est pas la France.

Néanmoins, certains acceptent dignement de porter le chapeau du racisme, par progressisme, je suppose. En effet, le Québec n'est pas une société parfaite. Des voix marginales et dissonantes existent, la plupart du temps pour nous rappeler que nous faisons globalement, et de manière constante depuis toujours au Québec, le choix du progressisme et de l'ouverture.

C'est pourquoi l'Assemblée nationale a condamné, unanimement, la lettre d'opinion signée par le caricaturiste JJ McCullough dans le Washington Post.

McCullough, qui refuse de reconsidérer sa prise de position, refuse également de voir le type de haine que son texte a déclenché sur son compte Twitter où des utilisateurs publient des photos d'extermination de « frogs » à la masse ou des commentaires haineux laissés par des avatars qui arborent le sceau des croisades (les mêmes partagés par le bourreau de Québec sur les médias sociaux): le Québec a condamné un texte soutenant que la violence meurtrière à la mosquée de Québec provenait du supposé progressisme québécois qui cacherait en fait une histoire secrète de fascisme et d'antisémitisme.

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Mais au-delà de cette manifestation grotesque de racisme envers les Québécois, JJ McCullough n'est pas le seul et unique responsable de Québec Bashing.

Dans un récent texte publié sur BuzzFeed, le critique des médias et journaliste torontois Jesse Brown laisse tomber cette phrase: « There was Quebec's own unique history of intolerance to outsiders. (Traduction libre: Il y avait l'histoire unique d'intolérance du Québec envers les étrangers) ».

En plein cœur d'un texte sur un tueur radicalisé par la violence sur internet; sur la propagation des discours haineux qui n'obtient pas l'attention médiatique méritée, au sein d'une longue lettre d'opinion dont la vaste majorité des Québécois seraient d'accord (le sujet a amplement été discuté suite à la tuerie), Jesse Brown dénonce, au passage comme si de rien n'était, la supposée culture de haine québécoise envers les étrangers.

Sans aucune explication, sans aucune source, sans aucun souci de précision. Comme si cela était un fait acquis qui ne nécessite plus d'explications: le Québec serait raciste et son passé en est une preuve éloquente.

Peut-on imaginer un pareil papier publié dans la presse étrangère, où un auteur québécois francophone aurait développé un argumentaire sur la normalisation des discours haineux médiatiques qui ont motivé un tueur fou à tenter d'assassiner la première femme élue premier ministre du Québec et ses supporters pour leurs convictions politiques progressistes, tout cela à cause du passé raciste du Canada anglais?

Serait-ce rendre justice à un deuil national que de citer Lord Durham, les emprisonnements arbitraires de la Crise d'octobre, l'église de St-Eustache, les couvertures d'Amherst et les déportations acadiennes afin de démontrer qu'un loup solitaire radicalisé agit de la sorte à cause de la tradition de racisme qui alimente les médias anglophones?

Peut-on imaginer que cela soit une réponse digne de faire un amalgame sans précision et de tout simplement affirmer que la haine est générée, pour paraphraser Jesse Brown, « par le passé d'intolérance historique propre aux Anglais envers les étrangers? »

Bien sûr que non.

Alors pourquoi est-ce si simple de dépeindre le peuple québécois ainsi?

Pourquoi est-ce devenu si facile d'accuser les Québécois d'intransigeance alors que le trèfle irlandais se retrouve sur le drapeau de Montréal? Que le boulevard St-Laurent témoigne de l'héritage multiculturel des Québécois de descendance chinoise et italienne en passant par les Juifs, les Grecs et les Portugais. Que les Haïtiens forment une communauté quasiment sœur du Québec, et que les musulmans, sikhs, Kurdes, Pachtous, alaouites et autres façonnent à leur manière les quatre coins du Québec en harmonie avec leur terre d'accueil.

En cette terre de tolérance quasi unique au monde, ce racisme envers les Québécois doit cesser.

Assez, c'est assez!

Mais pour ceux qu'une telle prise de position inquiète, rassurez-vous, vous pourrez toujours compter sur le peuple québécois pour agir avec humilité devant l'abject de ses compères, car après tout, le peuple québécois avance historiquement dans la bonne direction, soit celle de la tolérance, de l'acceptation et de la paix; peu importe les écarts de conduite de ceux qui voudraient y renoncer.

N'en déplaise à ses détracteurs, le Québec n'est pas raciste et sera toujours le premier à admettre ses torts et à travailler sans relâche pour le mieux vivre ensemble de tout un chacun.

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