On aurait pu croire que Justin Trudeau avait appris à tourner sa langue sept fois avant de parler. Mais rassurez-vous, il n'en est rien. Sa récente déclaration au sujet du Registre des armes à feu avait tout pour susciter l'incrédulité. En effet, après avoir passé des années à défendre le Registre et voté en faveur de son maintien, notre Justin national l'a qualifié d'« échec » devant un parterre d'électeurs de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell, d'obédience conservatrice. Les commentateurs de la scène politique ont rapidement dénoncé l'hypocrisie de ses propos.
Justin Trudeau n'est pas étranger à la controverse. La plupart du temps, il s'est retrouvé dans l'eau chaude à la suite de commentaires irréfléchis et spontanés. Qualifier un ministre en exercice de « tas de merde », perdre une bataille Twitter face à Jason Kenney au sujet des crimes d'honneur, et affirmer que les Québécois forment de meilleurs premiers ministres ne sont que quelques uns des dérapages dont il a le secret. Par contre, son adieu au Registre des armes à feu est plus préoccupant car il soulève deux problèmes : un, une mémoire à court terme défaillante; et deux, une tendance à faire des courbettes électorales répugnantes.
Que des politiciens jouent le jeu de la séduction n'a rien de surprenant. Tous les observateurs savent pertinemment que M. Trudeau n'aurait jamais osé faire une telle déclaration à Montréal. Dans une ville qui a connu tour à tour le massacre de Polytechnique, Valery Fabrikant, la fusillade du collège Dawson et la tentative d'assassinat sur la première ministre Marois (survenue il y a quelques mois), dénoncer le Registre des armes à feu aurait été à la fois suicidaire et méprisant.
Le Québec a un taux d'armes à feu par habitant supérieur à celui de beaucoup d'autres provinces canadiennes. Affirmer que les Québécois en ont une aversion généralisée serait donc une erreur. Mais, le fond de la question n'est pas là. Si Justin Trudeau croit sincèrement que les armes à feu sont une composante importante de l'identité canadienne - à en juger par les propos qu'il a tenus à Hawkesbury - il est tout simplement déplorable qu'il ait obéi à la ligne de parti aussi longtemps.
En outre, M. Trudeau a affirmé que les chasseurs respectueux de la loi ne devraient pas être pénalisés pour les crimes commis par les gangs de rue en contexte urbain. Mais a-t-il soupesé cet argument sérieusement avant de s'en servir pour appuyer ses propos? Suivre la ligne de parti est une chose, et faire des déclarations à l'emporte-pièce en est une autre.
Lors d'une cérémonie en hommage aux 14 victimes du massacre de Polytechnique, M. Trudeau affirmait plutôt ceci : « Les conservateurs tentent d'isoler le Registre des armes à feu du dossier de la violence envers les femmes. Leur décision est non seulement contraire à l'éthique, mais contraire aux faits. Le registre sauve des vies et ils sont en train de l'abolir. »
Nous avons manifestement affaire à un grand patineur artistique.
Un patineur qui tente maintenant de préciser sa pensée. Personnellement, je l'inviterais à patiner davantage. En effet, des sondages récents démontrent que les Canadiens seraient beaucoup plus enclins à voter pour le Parti libéral si celui-ci était dirigé par Justin Trudeau. Certaines enquêtes laissent même entrevoir la possibilité que les libéraux déferaient les conservateurs à la prochaine élection. Il est désormais clair que le Registre des armes à feu ne sera pas « ressuscité », mais le Parti libéral a désespérément besoin de l'être depuis quelques années, et les propos de M. Trudeau laissent entrevoir une stratégie de reconquête du vote rural. Tout compte fait, y aurait-il de la matière grise sous sa tignasse ondulée?
Pensez-y bien : un jeune politicien dynamique qui aime autant ses armes de chasse que ses cafés latte. Les conservateurs devraient s'en inquiéter.
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Ne l'invitez pas à patiner davantage: la glace est mince et l'eau froide.
Tout est bon pour un vote...
Bien évident que le registre ne sera jamais ré-inventé... et son utilité était réellement marginale... mais l'intention était bonne.. et il aurait pu et du l'enterrer avec plus de compassion !
Entre temps il nous prouve qu'il a une grande qualité politique, la flagornerie.
Gageons tout de même qu'une bonne partie de la communauté multi-culturelle canadienne va voter pour lui ainsi que les lectrices du magazine Le Lundi.
Oui mais il a casser la gueule à un conservateur, ça c'est admirable ! On ne peut pas lui reprocher seulement ses gaffes.
:-)))))
Mais je me demande...
Si Mr Trudeau avait dit qu'il ramènerait le régistre des armes à feu....
Est-ce qu'il n'y aurait pas eu un paquet de monde pour dire que c'est du gaspillage partisans, que l'histoire a prouvé que l'utilité du registre ne valait pas le cout de l'implanter.
Bien sur!
Si il décide d'abannner le registre et de ne pas gaspillé notre argent pour une deuxième fois dans le registre des armes a feu.... en sachant qu'un jour les conservateur le détruirait encore... il est accusé d'être une girouette
Le questionner sur le registre des armes à feu était un piège.
Il le savait et a pris position.
Y'a des fois qu'une fois qu'une chose utile est détruite.... ca ne vaut pas la peine de la reconstruire
Évidemment, le discours ne sera pas le même au Québec et d'ici la prochaine élection cette question du registre sera oubliée, mais les électeurs conservateurs auront été favorablement impressionnés par la position de junior.
"Le vrai visage de Pierre Elliot Trudeau"
http://lesintouchables.com/livre-576-Le-vrai-visage-de-Pierre-Elliott-Trudeau.php
Voir l'essai à la fois psychanalytique, anthropologique et politique au sujet de ce dernier: "Le vrai visage de Pierre Elliot Trudeau" par François-Xavier Simard, éd. Les Intouchables, 2006. ISBN : 2-89549-217-4.
Ce médecin conclu que l’hostilité de Trudeau contre la nation Québécoise s'expliquerait par son conflit œdipien et des identifications familiales.