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«Responsabilisation collective»? Et si vous cessiez d'insulter les Québécois M. Coiteux?

16/12/2014 10:08 EST | Actualisé 15/02/2015 05:12 EST

Tiré des lignes de presse du président du Conseil du Trésor Martin Coiteux - le faussement nommé député libéral dont l'inclinaison idéologique relève beaucoup plus de la droite libertarienne radicale - alors qu'il présentait la gifle qu'il avait à offrir aux employés de l'État du Québec, un grand jour pour les types dans son genre qui honnissent les fonctionnaires :

«J'invite les syndicats à ne pas aborder cette ronde de négociations dans un esprit d'affrontement, mais plutôt à y voir l'occasion d'une responsabilisation collective face aux défis des finances publiques.»

Pardon? À la gifle, Martin Coiteux ajoute l'injure? Il se moque complètement des fonctionnaires, mais aussi des Québécois en général. Coiteux a bien dit:

«Responsabilisation collective», non?

«Comment pourrez-vous, face à l'exemple donné par votre ministre de l'Éducation, demander aux policiers, aux pompiers, aux médecins, aux enseignants et à tout le monde de se serrer la ceinture?» - Claude Castonguay, ancien ministre de la Santé

Responsabilisation collective...

Parlez-nous en de «responsabilisation collective», Martin Coiteux...

La prime de Bolduc: «Le ministre Gaétan Barrette et le premier ministre Philippe Couillard devraient rapidement cesser de défendre le ministre Yves Bolduc. À défaut, c'est leur démission qui risque bientôt d'être réclamée sur la base d'un cautionnement d'un abus de confiance du public.» - François Pouliot, Les Affaires, 7 juillet 2014.

«La commission Charbonneau a permis de constater que des personnes ont comploté pour tenter de tirer le maximum du système public, a-t-il dit en anglais. Les gens ont voté pour les libéraux en pensant que ce serait terminé, ces choses, ces complots et petites combines. Et il semble que ce soit possible, non seulement pour des membres honoraires de l'Assemblée nationale, mais pour un ministre de l'un des plus importants portefeuilles.» - Claude Castonguay, ex-ministre de la Santé du Parti libéral, Le Devoir, 10 juillet 2014.

La cupidité de Barrette: « La prime de départ de 1,2 million de $ que le Dr Gaétan Barrette a reçue en quittant la présidence de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a privé l'État québécois et le gouvernement fédéral de recettes fiscales de plus de 530 000$. » - Carl Renaud, Argent, 2 avril 2014.

«Totalement inacceptable! La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) est un syndicat et que les syndicats reçoivent des cotisations qui sont déductibles d'impôts. Ça veut dire que tous les Québécois qui payent des impôts ont payé une partie du 1,2 million $ du chef syndical Gaétan Barrette!» - François Legault, TVA Nouvelles, 2 avril 2014.

Le paradis fiscal de Philippe Couillard: «D'après la fiscaliste Brigitte Alepin, Philippe Couillard "pouvait effectivement déposer son argent dans toutes les institutions financières de la Terre" mais "s'il a choisi Jersey, c'est pour les attraits que ça lui apportait et le principal attrait que ça lui apporte à Jersey, surtout à cette époque-là, c'est le secret bancaire". Comme le secret bancaire était absolu à Jersey à cette époque, il est impossible de vérifier si le montant qui a transité dans ce compte était bien de 600,000$ mais il n'existe aucune raison d'en douter.» Claude Gélinas, imtl.com, 27 mars 2014

Pont d'or pour Lucienne Robillard: «La Commission Robillard nous coûte 3,8 M$ pour sa première année d'existence, dont 1 M$ pour les salaires de sa présidente Lucienne Robillard (265 000 $) et de ses quatre experts, qui n'ont fait que brasser de l'air. [...]La Commission Robillard s'est ridiculisée à jamais à mes yeux. Mais, somme toute, ce rapport d'étape est à la hauteur de ce que nous pouvions attendre de Mme Robillard lors de sa nomination.» - Jean-Jacques Samson, Journal de Montréal, 24 novembre 2014.

«Mais, la question se pose: pourquoi ce rapport? Et pourquoi dans ce rapport retrouve-t-on ces conclusions? Bien entendu, il est sain de se questionner sur les dépenses budgétaires de l'État, surtout alors qu'il semblerait qu'on soit incapable de dénombrer l'ensemble des programmes financés par l'État. Par contre, plutôt que de commencer par une révision superficielle et mur à mur, n'aurait-il pas été sain de cibler des secteurs, les approfondir, les comprendre, puis proposer des réformes?

En fait, à voir les mesures et les réformes déjà proposées par le gouvernement, on peut rapidement se rendre compte que cette commission était d'abord et avant tout un exercice de relations publiques. En choisissant ces commissaires, le gouvernement connaissait d'avance les orientations qui seraient prises et était bien confiant que les rapports qu'ils produiraient lui donneraient la marge de manœuvre pour faire exactement ce qu'il voulait. Ensuite, il peut se retourner et se justifier par une analyse externe et "indépendante". Avec un peu de chance, les commissaires iront encore plus loin et le gouvernement pourra montrer sa "modération". Ainsi, au lieu d'être tabletté, le rapport sert plutôt à équilibrer le bureau brinquebalant de la rhétorique du premier ministre et de son équipe. Mais ne soyons pas dupes de cet écran de fumée idéologique.» - Ève-Lyne Couturier, Journal de Montréal, 25 novembre 2014.

Des bureaux princiers, au diable l'austérité!: «Pour ce qui est de Jean D'Amour, on apprenait jeudi qu'une somme de 50 000 $ de travaux devrait s'ajouter au total de 228 000 $ déboursés pour l'aménagement de son nouveau bureau de circonscription. M. Lelièvre [ancien député et ex-ministre] est cinglant envers Jean D'Amour: c'est la même personne qui dit que les citoyens de la Gaspésie, région la plus démunie du Québec, seront fiers de faire leur effort pour le remboursement de la dette!» - Hughes Albert, InfoDimanche, 12 décembre 2014.

«La ministre de la Famille Francine Charbonneau paiera deux fois plus cher pour le loyer de son nouveau bureau de circonscription, alors que le gouvernement multiplie les mesures pour diminuer les dépenses. Lors du déménagement de son bureau en septembre dernier, le coût de location par année est passé de 14 844 $ à 35 167 $, soit un bond de 137 %, selon ce que rapporte La Presse Canadienne.» - Marie-Ève Dumont, Journal de Montréal, 12 décembre 2014.

L'austérité, c'est pour les autres!

Tous les députés libéraux: «Des primes pour tous les députés libéraux. Aucun des députés du parti gouvernemental ne touche que le salaire de base d'un élu à l'Assemblée nationale. Tous les libéraux de l'aile parlementaire ont droit à une rémunération additionnelle de fonction.» - Michel Corbeil, Le Soleil, 25 août 2014.

Pierre Bibeau: «Visé par des allégations à la commission Charbonneau, l'ancien vice-président aux communications et affaires publiques de Loto-Québec Pierre Bibeau avait été rétrogradé, mais n'a pas vu son salaire baisser pour autant. Il va même gagner 6000 $ de plus cette année.» - Agence QMI, 12 août 2014.

Charles Lapointe: «L'ex-patron de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, s'en tire à bon compte: il n'aura pas à rembourser un sou de son indemnité de départ controversée de 654 000 $, selon ce qu'a appris La Presse Canadienne. L'austérité budgétaire prônée par le gouvernement Couillard ne s'est donc pas rendue jusqu'à Tourisme Montréal, un organisme à but non lucratif financé essentiellement à même les fonds publics.» - Jocelyne Richer, La Presse Canadienne, 16 novembre 2014.

Pierre B. Lafrenière: «Pierre B. Lafrenière s'est vu remettre une indemnité de départ de plus de 500 000 dollars à la suite de l'élection des libéraux, en avril. Pierre B. Lafrenière serait un ami proche du ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Exportation et ministre responsable d'Investissement Québec, Jacques Daoust. L'Association des juristes de l'État (AJE) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) reprochent au gouvernement libéral de ne pas prêcher par l'exemple en approuvant le versement d'une telle indemnité en pleine période d'austérité.» - Louis Gagné , Agence QMI, 19 novembre 2014.

Les dépenses outrancières chez Loto-Québec: «Vendredi matin, j'ai eu le goût de lancer mon Journal de Québec dans le mur en lisant les détails révélés par Pierre Couture sur les avantages sociaux consentis aux cadres de Loto-Québec.

Pendant que les Québécois s'arrachent les cheveux collectivement à force de se gratter la tête pour trouver où couper, les cadres de Loto-Québec eux, sont gras dur. Tout comme les assistés sociaux, ils ont droit à des soins dentaires et des soins de la vue remboursés à même l'argent des contribuables. L'an dernier, cela nous a coûté plus de 2 millions de dollars.

Mais voyez-vous, contrairement aux assistés sociaux, les cinq principaux cadres de Loto-Québec gagnent entre 230 873 $ et 357 130 $ par année. Des salaires qui leur permettent aisément de se payer eux-mêmes de fichues belles lunettes et de fichus beaux dentiers au besoin.

La réalité, c'est que le gouvernement libéral ne réussit pas à donner l'exemple au moment où il demande à tout le monde de faire sa part pour assainir les finances publiques.

Pendant que les tarifs de garderies, les taxes municipales, les taxes scolaires, les taxes sur l'essence augmentent, les élus se paient des déménagements de bureaux à gros prix.

Dans ce contexte, peut-on vraiment blâmer les maires des villes de l'UMQ qui accusent le provincial de leur refiler la responsabilité d'augmenter le fardeau fiscal de leurs citoyens?

Plus que jamais, le contribuable a l'impression d'être le seul à faire des sacrifices. Le gouvernement ne réussit pas à prouver qu'il fait le ménage pour vrai dans sa propre soue à cochons.» - Jérôme Landry, Le Journal de Québec, 14 décembre 2014.

Voilà ce qu'ils vous disent les Québécois, M. Coiteux. Votre politique d'austérité est une insulte à leur intelligence, à leur dur labeur aussi.... Pourquoi? Car vous n'avez tout simplement pas la légitimité pour l'imposer cette austérité. Vous continuez à dépenser sans compter, les amis du parti se graissent comme cochons, certains de vos collègues rient à la face des Québécois en prônant une cupidité qui dégoute ceux sur qui votre couperet tombe constamment.

Et dois-je rappeler que vous avez caché la quasi- totalité de vos intentions lors de la dernière campagne électorale?

Non, vraiment, votre «responsabilisation collective»... (je vais rester poli)

Cesser d'insulter les Québécois.

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