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Tout ce que nous vous demandions Madame Marois c'était l'impossible!

03/09/2013 10:50 EDT | Actualisé 03/11/2013 05:12 EST

Attention!!! Ce texte traitera de Pauline Marois. Un avertissement qui fera peut-être gagner du temps aux professionnels du mépris qui se font un devoir de détester tout ce qui touche de près ou de loin la première ministre du Québec. Rien ne vous oblige à continuer la lecture de ce texte. Il y a tant d'autres choses à faire! Ne prenez pas non plus quelques minutes pour vous rappeler du 4 septembre 2012, de tout ce qui aurait pu...

Petit aparté.

Parlant de mépris. Il fallait lire le commentaire de Luc Harvey, l'ex chef du Parti Conservateur du Québec et ex-député Conservateur au fédéral, sur les réseaux sociaux lundi, à la suite de l'annonce du gouvernement du Québec de consolider et d'étendre l'enseignement de l'histoire du Québec à tous les niveaux d'apprentissage :

« Mme Malavoy me fait penser à Joseph Goebbels... Cela vous dit quelque chose? Il était ministre du Reich à l'éducation du peuple et à la propagande... »

luc harvey

Encore des rapprochements fallacieux entre une femme dans le gouvernement péquiste et le régime Nazi. Comme quoi la banalisation de ce genre de propos le plus souvent dirigés vers la PM du Québec ouvre la voie à toutes les dérives... Comme un attentat politique par exemple. Car c'est bien de cela qu'il s'agit quand on se rappelle la tragique fin de soirée du 4 septembre 2012.

La Première

On aurait dû célébrer en ce 4 septembre 2013 le premier anniversaire de l'accession d'une femme au poste de première ministre dans l'histoire du Québec. Et, en quelque sorte nous le ferons, mais toujours en y attachant cet élément tragique qui demeurera indissociable de la victoire de Pauline Marois, une «battante» au parcours semé d'embûches.

Avant la diffusion du portrait La Première d'Yves Desgagnés cette semaine, bien peu de gens connaissaient en détail le parcours politique de Pauline Marois. Les adversaires de la première ministre aiment la dépeindre en femme de la Haute, en bourgeoise parvenue, en caricature de Castafiore ridicule. Pourtant ses origines sont modestes, fille de mécanicien, elle a élevé quatre enfants, enceinte jusqu'aux oreilles lorsque nommée ministre la première fois, elle a eu à diriger tous les grands ministères du Québec. Pauline Marois est l'exemple d'une femme qui a foncé droit devant, qui a cru en ses convictions envers et contre tous ceux qui l'ont dénigrée, tant au Parti Québécois que chez ses adversaires...

Le 4 septembre dernier Pauline Marois a hérité de la pire main qui soit : un gouvernement minoritaire au possible et les conséquences d'une gouvernance libérale plombée par l'incurie de la corruption, de la collusion et du copinage. Neuf années de corruption, d'instrumentalisation de l'état à des fins partisanes, de déficits accumulés et pour clore le tout, une crise sociale comme on n'en avait pas vue depuis 40 ans, fomentée par opportunisme politique par un Jean Charest prêt à tout pour s'accrocher au pouvoir. A-t-on déjà oublié ces images désolantes du printemps dernier, ces crânes brisés, ces citoyens rudoyés?

Enfin débarrassés de la chape de plomb libérale qui pesait sur le Québec, dès son arrivée à l'Assemblée Nationale, tout un chacun se ruait à la porte de la nouvelle première ministre afin qu'elle arrange, qu'elle gosse ou patente une solution à tout ce qui avait été enrayé par l'incurie libérale, comme par magie.

Le 4 septembre 2012, Pauline Marois a hérité d'une maison, cette Assemblée de tous les Québécois, dévastée, les finances délabrées et ce climat d'affrontement qui suintait encore des fumigènes du «printemps Érable». Qu'à cela ne tienne, on l'a tenu à l'impossible. On a exigé de Pauline Marois qu'elle livre tout, tout de suite, même si elle avait devant elle un front uni de fédéralistes prêts à la défaire au besoin, ou à la laisser faillir, sachant dans quelle position elle se trouvait. De l'autre côté, à sa gauche, quand Pauline Marois a proposé des mesures progressistes, elle n'a eu comme réponse que le silence complice de ceux qui auraient pu devenir des alliés circonstanciels. Non ceux-ci ont plutôt opté à consentir à l'entreprise de déstabilisation de sa gouvernance naissante. On dira de ce gouvernement de l'an 1 du Parti Québécois qu'il était voué à l'échec, «Made to fail» comme le disent nos voisins.

Tout ce que nous vous demandions Madame Marois, c'était l'impossible !

Et en quelque sorte, Pauline Marois a encore réussi là où ses adversaires la voyaient échouer.

L'an 1 du PQ est loin d'avoir été parfait, mais le bateau ne prend pas l'eau, le parti a présenté l'ensemble du menu législatif qu'il avait promis et il a su naviguer dans les eaux troubles qui lui avaient été imposées par le gouvernement précédent comme l'a souligné dans un article très intéressant l'ancien rédacteur de Pauline Marois.

« Parlant de marge de manœuvre, nous savions déjà qu'en matière de finances, elle allait être mince si nous formions le gouvernement. Les libéraux annonçaient un trou budgétaire de 800 millions.

Le seul mot qui convient pour décrire le visage des nouveaux membres du gouvernement qui prenaient connaissance de la véritable situation financière, c'est : stupeur. Le trou était deux fois plus profond, avec un manque à gagner de 1,6 milliards.

Les libéraux nous avaient habitué aux dépassements de coûts, mais là, quand même! Eux qui se targuent d'être de bons gestionnaires, avaient dans les faits complètement perdu le contrôle des dépenses gouvernementales. Ils le savaient, mais ils n'ont pas hésité à tromper la population en cachant la réalité. »

Banalisation du mépris

On se rappelera aussi de l'an 1 du PQ par la capacité qu'a démontré Pauline Marois à endurer, quotidiennement, les affres du mépris; tant de la part de ses adversaires provinciaux que de l'ensemble du ROC. Là où le parti Libéral avait décidé d'éteindre toute velléité d'affirmation de la nation québécoise, le Parti Québécois a agi.

Renforcer les dispositions de la loi 101 (la Loi 14), établir une Charte des Valeurs québécoises, tout cela était dans le programme du PQ et Pauline Marois a agi en conséquence. Il est indéniable toutefois que la première ministre du Québec a payé le prix fort d'avoir su respecter son programme politique et les aspirations d'une large part de la population québécoise; elle est devenue la tête de Turc du commentariat du ROC, alors que sur l'autel de son image, on balance les pires vacheries méprisantes.

Réaffirmer la primauté du français, de l'égalité homme-femme et de la laïcité de l'état aura fait de notre première ministre une figure de haine, de xénophobie, une politicienne de la division. On répondra à cela en brandissant un miroir à ceux qui lancent de telles accusations méprisantes. La meilleure façon pour les Québécois de répondre cependant serait de reconduire la première ministre Pauline Marois de façon majoritaire la prochaine fois. L'an 1 ne fut pas parfait, loin de là, mais cette Dame qui a su nous surprendre a passé le test. Qu'on lui donne maintenant, enfin, le moyen de ses ambitions.

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