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Encore une fois, l’élite de hockey junior du Québec absente des Mondiaux FIHG

Le Québec est une terre de hockey sur glace, à l'échelle mondiale, notre nation serait top-10.

20/12/2017 09:00 EST | Actualisé 20/12/2017 09:00 EST
vencavolrab via Getty Images
La pire façon de développer l'élite du hockey québécois demeure d'en confier les plus hauts échelons à la nation d'à côté.

La formation de Team Canada (prononcer à l'anglaise) en vue des championnats mondiaux de hockey U-20 de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG) est désormais connue. Il n'y a pas beaucoup de « grenouilles » (pour paraphraser Réjean Tremblay) là!

Un seul Québécois dans l'alignement, un attaquant qui devrait évoluer sur un trio défensif. Un second joueur issu de la LHJMQ a percé cette équipe, un attaquant qui évolue au Cap-Breton à la double citoyenneté (canadienne et américaine).

La pire façon de développer l'élite du hockey québécois demeure d'en confier les plus hauts échelons à la nation d'à côté. Il est impératif de le rappeler chaque fois que l'alignement de Team Canada est annoncé.

Sans compte que, comme le rappelait le chroniqueur sportif de Radio-Canada Martin Leclerc, le Québec est la 4e plus importante fédération de hockey sur glace au monde après le Canada, les États-Unis et tout juste derrière la Russie.

En 2017? Deux Québécois et 23... Slovènes!

Lors du championnat mondial de la FIHG en hockey masculin de 2016 – un tournoi qui se tient habituellement pendant que se tiennent les séries éliminatoires de la LNH, ce qui prive chaque pays de joueurs importants – Team Canada envoyait 23 joueurs, dont un seul Québécois, Derek Brassard. Les Hongrois y envoyaient 23 joueurs. En 2017? Deux Québécois et 23... Slovènes!

On le répète, le Québec est la 4e fédération de hockey sur glace en importance dans le monde.

Vrai qu'une "Équipe Québec" n'aspirerait peut-être pas aux grands honneurs dès son institution. Nous le savons tous.

Sauf que l'effet cumulatif d'envoyer, année après année, non pas un (ou une poignée au mieux) joueur d'élite québécois, mais bien 23, chaque fois, voilà comment on pourrait faire naître une culture d'élite au sein de notre programme de hockey au Québec.

Le Québec est une terre de hockey sur glace, à l'échelle mondiale, notre nation serait top-10.

D'autres nations fédérées se représentent au sein de la FIHG, le Québec peut le faire aussi. Le Québec est une terre de hockey sur glace, à l'échelle mondiale, notre nation serait top-10.

Le plus gros inconvénient toutefois c'est que cette avenue se traduirait par une montée du patriotisme québécois, de la même façon que ce tournoi, précisément, est instrumentalisé chaque période des Fêtes au Canada pour mousser le patriotisme de cette nation-là.

C'est précisément pour ça que Philippe Couillard s'est prononcé de façon nette contre un programme sportif québécois qui se représenterait lui-même auprès des fédérations sportives qui font place aux nations fédérées.

En visite en Europe à l'été 2016, le PM du Québec avait été embarrassé lorsqu'on l'avait questionné sur la possibilité que le Québec se représente à titre de nation fédérée, comme le faisaient à l'Euro de soccer l'Écosse, les Pays de Galles et l'Irlande du Nord.

« Je suis satisfait que le Québec n'ait pas sa propre équipe lors de compétitions internationales de sport ou de hockey. Je suis très content qu'on ait l'équipe canadienne. On est tous Canadiens et on est très heureux de l'être.»

Le patriotisme québécois, c'est mal. Le patriotisme canadien, c'est bien. Tout le monde sait ça, right? Et tant pis le meilleur intérêt de l'élite sportive de la nation québécoise...

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