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Coderre élu à Montréal: ne cédons pas au cynisme...

04/11/2013 11:09 EST | Actualisé 04/01/2014 05:12 EST

Comme bien d'autres citoyens du Québec, je me suis tapé une petite déprime dimanche soir en apprenant ce que nous prévoyions déjà depuis un p'tit bout de temps : Denis Coderre est le nouveau maire de Montréal. Au moins, on pouvait rigoler un peu de son ridicule rictus au bureau de vote en consultant l'hilarant mot dièse #coderring sur Twitter.

D'autres exemples de #Coderring

La réalité, c'est que Coderre a promis de s'attaquer au projet de laïcité du gouvernement Marois, qui jouit d'un grand appui dans la population en général au Québec, à l'aide de l'argent des contribuables; que Coderre se rangera toujours du côté des intégristes qui attaquent toute volonté de protection de la langue française à Montréal; et, finalement, que Coderre est de la frange des fédéralistes radicaux et qu'il se servira toujours de tous les outils nécessaires à sa disposition pour compliquer la tâche d'un gouvernement péquiste. Tsé, les Commandites... La fin justifie les moyens quand il est question « de sauver le pays », comme l'affirmait Chrétien pour tenter de se disculper de toute cette affaire.

Coderre, c'est aussi le clientélisme , celui qui courtise sans gêne - sinon celle d'être pris en flagrant délit - le vote hassidique; le même clientélisme repoussant qui incite Anie Samson à se voiler dans une mosquée en se disant désolée d'être une femme. Mais, tout n'est pas perdu. Les Montréalais n'ont pas donné carte blanche au nouveau maire et son score est inférieur à celui de Gérald Tremblay. Passées les fanfaronnades de ses premières entrevues lors desquelles il félicite la démocratie, Coderre devra admettre qu'il n'a pas même l'appui d'un électeur sur quinze dans sa ville. Son mandat est faible et ne fait rien pour combattre le cynisme.

Se réjouir alors?

Montréal n'est pas le Québec en son entier et, oui, il y a des raisons de se réjouir. Au premier chef, on doit saluer la victoire à Gatineau de Maxime Pednault-Jobin. En début de campagne, on avait demandé à un pilier de la politique en Outaouais, l'ex-ministre libéral Norm Macmillan (non, non, fausse est la rumeur qu'il siégeait sous Duplessis malgré leurs styles similaires...), s'il appuyait un candidat en particulier. Connaissant les allégeances politiques du candidat Pedneault-Jobin, sans même avoir attendu de consulter le programme politique de son parti, Action-Gatineau, Macmillan avait rejeté du revers de la main la candidature de l'ex-conseiller de Buckingham. « Trop de bleu là-dedans! »

Macmillan a perdu ses élections et Gatineau se réveille aujourd'hui menée par un jeune maire dynamique, engagé et souverainiste. C'est avant tout pour l'acharnement au travail de Pednault-Jobin, pour sa maîtrise des dossiers gatinois et pour l'excellent travail qu'il a fait comme conseiller que les gens de Gatineau lui ont ouvert les portes toutes grandes de la mairie. Sa victoire est aussi un désaveu des tactiques du maire sortant Marc Bureau, comme l'explique ici Pierre Jury, éditorialiste du Droit :

«Grand perdant de cette consultation populaire, le maire sortant n'a que lui-même à blâmer. Il a repris sa tactique d'une campagne discrète, évitant les débats et les médias au profit de rencontres fortuites avec les citoyens dans des endroits « sécuritaires ». Cela se comprend : cela lui avait fonctionné à merveille en 2005, face à un Yves Ducharme qui donnait l'impression d'être au-dessus de ses affaires»

Quelques brèves de réjouissance

Sept-Îles. On doit féliciter le nouveau maire, Réjean Porlier, qui s'était fait connaître dans le mouvement d'opposition du projet de mine d'apatite en milieu périurbain proposé par Mine Arnaud. Le président du syndicat des technologues d'Hydro-Québec a été élu de justesse, mais il s'agit tout de même d'une belle réussite citoyenne.

Rawdon. Il me faut saluer l'élection de Bruneau Gilbault, ancien président du C.A. du Festival Mémoire et Racines (FMR) dans Lanaudière, au poste de maire de Rawdon. Cet infatigable bénévole a beaucoup donné dans la région de Lanaudière et nous sommes nombreux dans l'organisation du FMR à avoir suivi son exemple pour tenir à bout de bras ce fleuron de la musique traditionnelle au Québec.

Lavaltrie. La première fois que j'ai vu l'une des capsules vidéo du « candidat indépendant au Poste de conseiller - District de la Rivière », Pascal Tremblay, j'ai un peu ri. Cet ami personnel ne m'avait rien dit de ses intentions politiques! Candidat atypique, sportif, costaud, cheveux longs, je l'imaginais enfourcher son vélo, par les temps frisquets que nous avons connus pendant la campagne électorale, et cogner à chaque porte de son district. Chaque fois qu'on lui disait « Vous n'avez rien du politicien traditionnel! », il savait répondre « Merci du compliment! » Voilà un homme d'idées, enseignant dans le milieu très difficile des jeunes contrevenants. Les gens de Lavaltrie accueillent un citoyen engagé à la table de leur conseil de ville.

Des histoires comme celles-là, il y en a partout au Québec dans le monde de la politique municipale. On a tellement parlé des magouilleurs, des pourris et des « crosseurs »; il est temps maintenant de regarder du côté des citoyens honnêtes, la grande majorité des élus faut-il le rappeler, pour redorer le blason de ce niveau de politique essentiel à notre vie en collectivité. Manifestement, les tentatives de faire sortir les Québécois sur l'autel des scandales passés est un échec retentissant à Montréal, notamment. Qu'à cela ne tienne, il y a des tonnes de politiciens honnêtes au Québec. Donnons-leur la parole.

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