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Fausses nouvelles : l'intelligence artificielle à la rescousse

Les fausses nouvelles contribuent à la désinformation par le biais d'un ou de plusieurs médias qui diffusent de manière mal intentionnée des informations fausses, trompeuses ou falsifiées.

27/07/2017 09:00 EDT | Actualisé 27/07/2017 09:39 EDT
Getty Images/iStockphoto
Les fausses nouvelles existent depuis très longtemps.

L'intelligence artificielle a toujours le vent en poupe à Montréal. Tout récemment, l'Université de Montréal a présenté son école d'été en Deep Learning et en Deep Reinforcement Learning. De plus, le professeur Yoshua Bengio, expert en apprentissage profond à l'Université de Montréal, a été nommé à l'Ordre du Canada. Et les investissements conséquents en IA s'intensifient dans la métropole. Il s'agit certainement d'une excellente nouvelle, car ils sont nécessaires pour développer des entreprises québécoises dans le domaine.

Dans le cadre de la StartupFest, Element AI et Radio-Canada ont lancé un concours pour que l'intelligence artificielle puisse résoudre le problème des fake news. Les fausses nouvelles contribuent à la désinformation par le biais d'un ou de plusieurs médias qui diffusent de manière mal intentionnée des informations fausses, trompeuses ou falsifiées. Sur son site First Draft, Claire Wardle explique tous les types de fausses nouvelles et les moyens pour les contourner (soit déterminer la source, évaluer l'histoire dans son ensemble, considérer la crédibilité de l'auteur, vérifier les références de celui-ci, regarder la date de publication, s'assurer qu'il ne s'agit pas d'une blague ou d'une satire, remettre en question son jugement et demander l'avis d'experts).

Les fausses nouvelles existent depuis très longtemps. Même sous l'empire égyptien au temps de Ramsès II, elles existaient et pouvaient changer la donne. Elles sont aujourd'hui amplifiées par les réseaux sociaux et constituent une menace potentielle pour la démocratie. First Draft et Google News Lab ont lancé le projet CrossCheck pour tenter de contrer les fausses nouvelles. Facebook aussi s'investit dans ce domaine, mais avec des résultats mitigés.

Il y a quelques semaines, le Desjardins Lab, qui met en lumière des événements célébrant l'innovation et la créativité, a été l'hôte de la conférence Kill the Silos pour unir l'intelligence artificielle, la réalité virtuelle et Blockchain. Ce fut une occasion pour Montréal.AI d'échanger avec la communauté et de revenir sur la solution des fake news.

Tout d'abord, notre modèle apprendrait des préférences de l'homme et déduirait ce que les humains veulent entendre. Il comprendrait donc le meilleur des comportements pour y arriver. Ensuite, on utiliserait les Generative Adversarial Networks, popularisés par Ian Goodfellow, pour augmenter la taille de l'ensemble des données recueillies. Par après, un agent IA surhumain, amélioré en permanence et conçu par un méta-apprentissage profond (Deep Meta Learning), combinant un apprentissage par renforcement profond avec des représentations puissantes de réseaux neuronaux profonds (perception de modalités agnostiques) serait développé. L'algorithme, lui-même conçu par un algorithme (méta-apprentissage profond), saurait extraire de manière optimale les caractéristiques abstraites à partir des données brutes des informations. Des stratégies d'un tout autre niveau pour repérer de fausses nouvelles seraient ainsi créées grâce à un apprentissage de renforcement profond où un programme a appris à maximiser les résultats stimulés par une récompense promise.

Si la science n'est pas garante de progrès social, elle n'a pas de sens.

Il est assurément important que les experts en IA relèvent des défis comme les fake news et s'investissent aussi dans le domaine humanitaire. L'intelligence artificielle pourrait certainement aider à résoudre de grands problèmes de société. D'ailleurs, l'ONU a des projets en ce sens concernant le développement durable, car l'intelligence artificielle peut être une alliée pour l'Humanité. Elle peut soutenir des projets ambitieux pour améliorer la santé, résoudre des conflits internationaux, aider à répondre aux grands défis environnementaux et atténuer les inégalités sociales.

Il ne faut pas oublier que l'intelligence artificielle risque de changer définitivement le monde du travail. Les révolutions industrielles sont source de profonds bouleversements sociaux qui soulèvent des questions éthiques. Il faut prendre le temps nécessaire pour réfléchir aux enjeux conséquents qu'elles peuvent engendrer et planifier des solutions pour s'adapter à ces changements.

Fort heureusement, deux nouvelles initiatives existent à Montréal pour en parler ici aussi. Mati Roy a relancé des rencontres de groupe en AI Ethics et la Fondation Intelligence a créé une initiative en IA humaniste. Montréal doit devenir un chef de file en IA humaniste. Les efforts d'unification de la communauté en IA doivent porter fruit. Si la science n'est pas garante de progrès social, elle n'a pas de sens.

Et vous, quels projets humanitaires souhaiteriez-vous que les experts en IA soutiennent ?

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