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Pour une croissance économique durable en coopération internationale

11/12/2014 10:59 EST | Actualisé 10/02/2015 05:12 EST

Lors de sa participation au XVe sommet de la Francophonie la semaine dernière, le Canada a mis de l'avant deux enjeux : la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants - la priorité du premier ministre Harper en matière d'aide internationale - et une « Francophonie dynamique sur le plan économique ».

Le ministre du Développement international et de la Francophonie, Christian Paradis, a conclu sa visite à Dakar en participant au 1er Forum économique de la Francophonie, se réjouissant de la Stratégie économique commune dont s'est dotée la Francophonie pour soutenir la croissance économique durable de ses pays membres - dont 23 font partie de la liste des Nations Unies des 48 pays les moins avancés, tels le Sénégal, Haïti et la République démocratique du Congo.

La croissance économique durable fait partie des cinq thèmes prioritaires de l'aide internationale canadienne. Mais si le Canada veut réellement renforcer les économies des pays en développement et aider leurs citoyens à se sortir de la pauvreté, pour de bon, il doit complémenter le portefeuille de subventions du Ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement (MAECD) avec des outils financiers - prêts, garanties de prêts, capitaux propres - plus appropriés pour appuyer le développement d'un secteur privé solide et durable.

Il est essentiel que le Canada développe des mécanismes financiers pour le développement, pouvant appuyer les efforts de réduction de la pauvreté tout en générant un retour sur l'investissement, surtout dans un contexte où les budgets d'aide au développement des gouvernements stagnent ou sont réduits. Ces mécanismes pourront s'autofinancer et dégager des profits qui seront réinvestis ou utilisés sous forme d'assistance technique aux partenaires.

Le Canada est le seul pays membre du G7 à ne pas posséder de tels mécanismes de financement pour le développement, bien qu'il en parle depuis plus de trois décennies. Le ministre Paradis, qui préside l'Initiative de refonte du financement du développement, un projet conjoint du Forum économique mondial, et du Comité d'aide au développement de l'Organisation de coopération et de développement économique (CAD-OCDE), semble toutefois être déterminé à faire naitre un tel mécanisme sous son leadership.

Les défis en matière de pauvreté dans les pays en développement sont trop vastes pour que les gouvernements puissent les résoudre seuls. On doit encourager davantage d'acteurs du secteur privé canadiens et internationaux à y participer, pour favoriser l'esprit d'innovation, la croissance des entreprises, la création d'emplois décents, en particulier pour les plus marginalisés, les femmes et les jeunes, et la création de richesses dont la majorité bénéficiera.

Le Canada aura l'occasion de construire sur l'expérience de ses pairs, et d'adopter une approche distincte, conciliant retour sur les investissements avec des résultats probants en matière de réduction de la pauvreté et des inégalités. Il pourrait se démarquer en mettant l'emphase sur des outils actuellement peu disponibles, tels que les prêts en monnaies locales et des investissements en capitaux propres pour les petites et moyennes entreprises. Il pourrait imprégner son nouveau mécanisme de la marque canadienne d'excellence en matière de saine gestion financière et d'égalité entre les hommes et les femmes.

FINCA Canada est un organisme caritatif qui lutte contre la pauvreté en rendant accessibles des services financiers pour des millions de familles et d'entrepreneurs, en majorité des femmes, dans 23 pays en Afrique, en Eurasie, au Moyen-Orient, en Asie du Sud, en Amérique latine et dans les Caraïbes. Pour multiplier notre impact, nous utilisons les dons et contributions de bailleurs de fonds comme effet de levier pour attirer des investissements privés et publics, provenant notamment de mécanismes de financement pour le développement.

De par notre longue expérience, très diversifiée, sur le terrain, nous sommes convaincus de la pertinence d'une telle approche. Nous espérons vous en convaincre et voir le Canada développer ses propres mécanismes de financement pour le développement, pour accélérer ses interventions en matière de développement économique et favoriser la participation de nouveaux partenaires dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités.

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