Stephanie Deslauriers

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Tout est relatif

Publication: 11/02/2013 15:46

Je parlais avec un jeune, à qui je nommais ma fierté quant à ses accomplissements aux plans relationnel et émotionnel des derniers mois. Je lui ai retourné la question: «Toi, es-tu fier de toi?».

Il a haussé les épaules. «C'est rare que je sois fier de moi».

Je lui ai lancé un regard interrogatif afin qu'il élabore.

«C'est drôle parce que des fois, je suis fier pour quelque chose et la minute d'après, je ne suis plus fier pour cette même chose».

«Ah ! Tout est relatif, alors. Tu peux faire le choix d'être fier de toi et l'instant suivant, faire le choix opposé. Comment choisis-tu de te sentir, alors?».

Il a choisi d'être fier.

Parce que la fierté, tout comme la joie, la colère, la tristesse, est un choix.

On peut choisir de se sentir heureux, dans la vie. Même si les éléments autour ne sont pas tous en notre faveur.

Et je sais, parce que je le vois en raison de mon métier, qu'on ne nait pas tous avec la même chance. Certains naissent beaux, d'autres pas. Certains viennent au monde dans une famille aisée, d'autres pas. Certains atterrissent dans une famille aimante, d'autres pas.

Mais à partir de là, à partir de choses sur lesquelles on n'a pas le contrôle, a-t-on le pouvoir de choisir quand même d'être heureux?

Tel que rapporté par Nathalie Côté dans son article du 2 février dernier «La recette du bonheur », paru dans La Presse, des chercheurs se sont penchés sur la question. Ils ont estimé que 10% du bonheur ressenti est directement lié aux événements de la vie; à quel point on se sent stimulé au boulot, à quel point on est satisfait de son revenu. A-t-on une situation conjugale dans laquelle on s'épanouit? A-t-on un état de santé qui nous permet de jouir de la vie?

Puis, ils ont noté que 50% de notre capacité à être heureux serait de nature génétique. On peut entre autres penser à un tempérament difficile; on nait avec ou non. Autrement, les troubles de santé mentale; l'incidence génétique est non négligeable. Ou encore, le fonctionnement cérébral; des neurotransmetteurs paresseux, par exemple.

Si on fait bien le calcul, il reste 40%. À quoi est-il attribuable? À notre choix d'être heureux ou non. Peu importe les circonstances. Évidemment, quand on vit un événement malheureux, pensons à une rupture, un deuil, la perte d'emploi, il est normal de ressentir de la colère, de la tristesse, de la déception et j'en passe. Mais après, on en fait quoi, de ce moment difficile?

Il paraitrait que 80% des gens sont capables d'en tirer du positif. Parce qu'ils font le choix de faire un apprentissage, de modifier une façon de faire par la suite, d'approfondir leur compréhension, de développer leur acceptation. Et ils ont l'espoir qu'ils pourront appliquer ce nouvel apprentissage dans un contexte ultérieur.

Techniquement, il y a 20% de la population qui n'arrive pas à le faire. Qui se «victimise», peut-être? Qui s'apitoie? Visiblement, qui fait le choix de baigner dans ces émotions négatives, en ruminant les idées noires.

La semaine dernière, une élève de six ans était dans mon bureau avec deux de ses comparses, dans le but de travailler les habiletés sociales. À la fin de la rencontre, je leur offre une activité de leur choix. Deux veulent jouer à Serpents et échelles, une veut jouer aux toutous. Vive la démocratie; on a joué au premier jeu. La jeune aux toutous? Elle boude. Et se plaint qu'on n'ait pas choisi son jeu, bien que je lui aie expliqué clairement pourquoi. Et que ses deux amies aient offert de jouer aux toutous la semaine prochaine. Rien à faire.
Elle boude.

Je lui ai alors offert un choix: «tu peux décider de jouer avec nous et avoir du plaisir ou continuer de bouder et passer les dix prochaines minutes de manière désagréable».

Elle a choisi de jouer dans la joie et l'allégresse.

On demande aux enfants de faire ce genre de choix. On se doit, nous aussi en tant qu'adulte, de le faire.

Et vous, quel choix faites-vous?

 
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