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Toucher les étoiles

15/04/2013 11:06 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT
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Les rêves... Je suis très souvent inspirée par ce thème. À croire que ça me touche particulièrement, et ce, tant au plan personnel que collectif. Mais pourquoi?

Peut-être parce qu'on a tendance, la plupart du temps, à les laisser de côté et à arrêter d'y croire avant même d'avoir réellement commencé.

Peut-être parce que je vois tant de gens désillusionnés, qui vivent leur vie de manière très rationnelle, qui font ce qu'ils croient qu'on attend d'eux sans plus se soucier de ce qu'eux-mêmes veulent, voulaient, ont toujours voulu pour leur vie.

Des gens tellement désillusionnés qui ne peuvent faire autrement que de réprimer un sourire lorsque quelqu'un leur parle de leur rêve ou encore, de soupirer, levant les yeux au ciel, en lançant une blague, comme s'ils s'adressaient à un jeune enfant naïf qui vient de leur lancer la phrase la plus saugrenue jamais entendue.

En fait, peut-être est-ce exactement la définition d'un rêveur: une personne qui a conservé son cœur enfantin, qui n'a pas été terni par les «désillusionnistes», par les désillusions, par la peur d'échouer ou encore, de réussir.

Peut-être que les désillusionnés confondent rêveur et naïveté.

La naïveté se rapproche peut-être davantage de la pensée magique, cette pensée fausse, bien que rassurante et encourageante. Dans ce contexte, la personne croit simplement qu'en envoyant de bonnes énergies dans l'espace, pourquoi pas, son rêve se réalisera.

Le rêveur, lui, croit visiblement en quelque chose. Il sait qu'il a du talent dans un domaine, il sait qu'il se sent bien dans cette branche, qu'il a envie de se développer davantage en ce sens. Il sait qu'il a et aura du travail à faire. Il est capable d'être réaliste malgré tout. Mais il conserve une foi solidement ancrée, bien que parfois ébranlée. Ce qui ne l'empêche pas d'envoyer de bonnes énergies dans l'Univers...

La règle #1 pour accomplir nos rêves? En avoir! Combien de gens ne savent pas qu'ils le souhaitent ardemment? Combien de personnes n'osent même pas y penser, y réfléchir? Il faut se donner le droit de rêver. Ensuite, on doit prioriser nos rêves en y investissant temps et énergie.

Je ne connais aucun rêve qui s'est réalisé en claquant des doigts, sans travail acharné, sans périodes de découragement, sans grandes illuminations. Sans sacrifices.

Alors oui, il se peut qu'on doive diminuer notre investissement dans les autres sphères de notre vie. Je vois souvent notre quotidien comme plusieurs verres d'eau; un verre par domaine de vie. Par exemple, la vie sociale, amoureuse, professionnelle, familiale, récréative. Au départ, on a une quantité précise d'eau (d'énergie et de temps). Ensuite, on la verse dans nos différentes sphères. On fait le choix d'investir plus de temps et d'efforts ici, un peu moins là, un peu plus là-bas.

Quand s'ajoute à cela un rêve, il faut nécessairement se réorganiser! Ainsi, il est probable qu'on ait à diminuer notre tâche de travail, par exemple. Et par la force des choses, nos activités de loisir (puisqu'on a moins les moyens financiers de se payer des sorties).

Et cela, je l'ai découvert assez récemment.

J'ai toujours rêvé d'être auteure. D'écrire des histoires, plus les grands, pour les petits, pour les moyens! Mais je ne me laissais pas le droit d'y croire. Je ne croyais pas être destinée à une vie aussi épanouie. Je ne croyais pas mériter réaliser mes rêves de la sorte. Et je n'avais pas envie de travailler moins. En fait, je ne voyais pas comment.

Puis, je me suis dit «pourquoi pas». J'ai rencontré une personne extraordinaire: Solène Bourque. Psychoéducatrice comme moi. Enseignante au cégep et auteure jeunesse. Quand j'ai vu sa description sur Twitter, je me suis dit: «Wow! Je veux avoir cette carrière!». Et je me suis mise à lui parler. De plus en plus souvent. On s'est rapprochées. Elle m'a parlé d'écriture. De sa maison d'édition. J'y ai envoyé mon manuscrit. Quelques mois plus tard, je recevais un appel. Ça y était: le rêve commençait. Et j'ai cru, depuis plus d'un an, que c'était parce qu'elle avait parlé de moi à son éditrice. Eh bien pas du tout! Cette dernière n'avait aucune idée que je connaissais Solène.

Aujourd'hui, j'ai un autre livre qui paraitra en septembre, un prochain (ou deux...ou trois!) qui paraitra en 2014.

Vraiment, ça ne fait que commencer.

Ah oui! J'enseigne, aussi. À l'Université de Montréal.

Mais pour cela, j'ai dû diminuer mon temps passé au travail. Pour me laisser le temps d'écrire, de postuler sur une charge de cours, de monter un cours en entier. Pour me laisser le temps de réfléchir, d'être inspirée, de respirer. Je me suis donnée le droit, aussi, de m'entourer de gens qui ont des passions communes, qui m'inspirent.

Entourez-vous de gens qui vous stimulent, qui croient en vous, qui vous poussent, qui vous encouragent, qui vous prennent dans leurs bras quand ça ne va pas, qui vous changent les idées, au besoin. Entourez-vous de gens qui vous inspirent, surtout! Vous aurez un modèle, vous apprendrez énormément.

Faites de beaux rêves!