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On a tous besoin d'un héros

22/01/2014 04:05 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Depuis la semaine dernière, une série de documentaires est diffusée à Télé-Québec: Ma vie après le sport. L'avez-vous visionnée?

Pour ma part, j'ai été troublée en constatant la pression mise sur les athlètes - non seulement sur leurs performances sportives, mais sur leurs « performances » médiatiques. J'ai entendu de leur bouche à quel point le public avait des attentes démesurées à leur égard: que les athlètes performent dans leur sport, qu'ils s'expriment avec aisance et intelligence devant les caméras, qu'ils affichent leurs plus beaux sourires en tout temps, qu'ils ne montrent pas leurs failles - ou plutôt, qu'ils n'aient pas de failles.

Les tabous en termes de santé mentale sont plus que présents dans le monde sportif alors que plus que quiconque, leur corps doit être en adéquation avec leur tête. L'un ne va pas sans l'autre.

Si c'est vrai pour le monde sportif, ce l'est également pour le monde des médias.

On a ce désir bien ancré de croire que notre vedette préférée est une maman modèle alors qu'elle travaille au-delà de 80h par semaine. Dans les faits, elle doit bien avoir quatre nounous pour venir au bout de ses semaines, dormir fréquemment à l'hôtel - déplacements professionnels obligent -, rentrer à la maison bien après l'heure de coucher de ses enfants, louper leurs spectacles de danse, gymnastique et j'en passe, ainsi que leurs compétitions d'escrime, de dards extrêmes ou je ne sais plus trop quoi.

Mais ça, on ne veut pas le savoir. On préfère se bercer d'illusions en se disant que notre vedette préférée est une femme d'exception, une conjointe idéale et une maman hors paire. Et surtout, on veut être comme elle. Mais cette ambition démesurée nous fait nous heurter sans cesse à des obstacles, à des échecs. Normal : l'image idéale qu'on veut atteinte n'existe pas et l'écart entre qui on est et cette idéalisation est insurmontable.

Il n'y a pas que Photoshop qui nous montre des portraits d'individus impossibles, irréalistes qui en fait n'existent même pas. Les entrevues dans les magazines aussi.

Vous rappelez vous de la débandade lorsque qu'une recension des écrits à propos de Mère Teresa et de sa « pas si sainteté que ça » est sortie? Sans même lire l'article en question, les gens (sans être des croyants pratiquants, pour la plupart) rageaient, écrivaient des messages d'insultes aux auteurs, voire même des menaces de mort. Parce qu'on leur avait enlevé leur illusion. Parce que si on ne peut plus croire en Mère Teresa, en qui peut-on croire?

Pas étonnant qu'on soit si déçu, avec toutes les désillusions qu'on vit face à nos hommes politiques, en raison de la corruption. C'est qu'il y a un non-sens là-dedans : on se fait dire comment agir en conformité avec les lois alors qu'eux-mêmes ne le font pas.

Nous-mêmes, adultes, devons être des modèles pour les plus jeunes. On leur demande de faire, de dire, de penser des choses qu'on n'arrive même pas à faire nous-mêmes. « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ». Foutaise.

Mais il y a aussi des héros du quotidien, avec leurs imperfections, leur vulnérabilité. Leurs défauts, leurs sautes d'humeur, leurs doutes, leurs craintes. Qui n'enlèvent strictement rien à leur bravoure de se présenter jour après jour à l'école pour enseigner, élever une trentaine d'enfants. Qui accompagnent nos aïeux vers, dans la mort. Qui nous aide à nous relever suite à l'annonce d'une nouvelle dévastatrice. Qui mettent un sourire sur les lèvres de nos enfants hospitalisés.

Et vous, en connaissez-vous, des héros? Des vrais?

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