Stephanie Deslauriers

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Nous sommes les femmes

Publication: 28/12/2012 09:48

En mars dernier, j'arpentais les salles d'une bâtisse quelconque de la rue St-Charles, à Longueuil. J'y ai soulevé un fer à repasser si lourd que j'ai dû utiliser mes deux mains pour accomplir cette tâche. J'y ai observé des robes datant du siècle dernier et d'avant, même, composées de mètres et de mètres de tissu. J'y ai admiré des chaussures de femmes de toutes sortes, un mur sur lequel le portrait d'une centaine de femmes y est accroché. J'y ai lu des petites lettres noires apposées à même le mur blanc. Petites lettres qui révélaient de grandes choses, pourtant.

Ce fer à repasser était le quotidien des femmes du début du 20e siècle, après avoir lavé et tordu à la main moult pièces de vêtements lourdes. Ces robes étaient la tenue vestimentaire enfilée et endurée à tous les jours, beau temps, mauvais temps, canicule ou non. Elles camouflaient leurs corps, du coup aux chevilles. Ces chaussures sont celles dans lesquelles les femmes ont fait la révolution au 20e siècle afin d'obtenir une voix électorale. Ces petites lettres ont permis de comprendre ne serait-ce qu'une parcelle de la réalité des femmes qui nous ont précédés. Ces portraits sont ceux de femmes ayant accompli des choses généralement accordées aux hommes, de femmes ayant tracé une voie, la voie, de par leurs voix uniques qui se sont unies.

Cette année, Lydie Olga Ntap, l'instigatrice du projet, présente l'exposition « Culottées! » au Musée de la Femme, en partenariat avec une jeune photographe française. Le but? Montrer que les femmes aussi peuvent porter la culotte. Certaines le font naturellement, d'autres avec culpabilité, d'autres avec réserve.

Parallèlement, cette avocate-journaliste-fondatrice de Musée présente l'exposition Mémoire de Jouets, au Marché Bonsecours. Pourquoi des jouets? Parce qu'ils permettent à chaque enfant de se développer aux plans moteur, cognitif, affectif et social. Parce qu'ils contribuent à faire cette scission entre le monde typiquement masculin et féminin en proposant des jeux et couleurs associées à l'un ou l'autre des sexes. Nous n'avons qu'à penser aux poupées, objet qui permet aux filles de se pratiquer à devenir mères. Ou la Barbie, que l'on considère aujourd'hui comme une des instigatrices de l'hypersexualisation de la femme, de la femme-objet. Seulement, saviez-vous que la Barbie des années 50 était une battante, une révolutionnaire, une femme forte? Il s'agissait d'une première de mettre un personnage féminin de l'avant, Ken n'étant que « le copain de ». Vous avez bien lu; ils n'étaient pas mariés, dans un Occident frileux et puritain! Barbie avait un métier, un compte en banque et donc, de l'indépendance.

Et quelques 60 années plus tard, certains des aspects que dénonçaient Barbie titillent encore quelques-uns d'entre nous; une femme qui touche un salaire plus généreux que celui de son conjoint, entre autres. Une femme qui a un métier prestigieux, aussi. Une femme qui a du caractère, par exemple. Non, ce n'est pas qu'une « vieille frustrée », là où un homme arborant la même caractéristique est un « homme qui impose le respect ».

L'égalité des hommes et des femmes est-elle donc un leurre? Quelle est la place des femmes aujourd'hui, dans notre société?

L'exposition Mémoire de Jouets sera présentée au Marché Bonsecours jusqu'au 5 janvier prochain. Une partie des fonds amassés sera remise à la Schola de la Fondation Mira, qui forme des chiens pour accompagner les enfants autistes. Vous pouvez mirer l'exposition « Culottées! » jusqu'au 20 février 2013 au Musée de la Femme, situé à Longueuil.

 
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