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Lettre à moi-même

04/11/2013 12:05 EST | Actualisé 04/01/2014 05:12 EST

Il y a quelques semaines, une amie publiait un lien sur son mur Facebook du genre : « Si vous aviez à rencontrer la version de vous-mêmes plus jeune, que lui diriez-vous en un mot ? ».

Spontanément, j'ai répondu : « Vis. Comme dans le verbe « vivre » à l'impératif et non pas comme dans « j'ai besoin d'un tournevis pour être bien installée » ».

Depuis que j'ai répondu cela, il m'est arrivé de repenser à ce que je dirais à la jeune Stéphanie. À l'enfant, en l'ado. Et j'ai décidé de lui écrire une lettre que voici.

« Belle Stéphanie,

Oui, oui, tu es belle. Tu ne le sais peut-être pas, tu ne le ressens peut-être pas, mais tu es belle. Pas parce que tu as un visage esthétiquement parfait ou symétrique mais parce que tu as un regard communicatif et un sourire franc.

Tu sais, quand les autres te disent : « Arrête donc de te poser trop de questions! », ce n'est pas parce que tu les exaspères qu'ils te conseillent cela, mais parce qu'ils voient à quel point ça te torture. Peut-être n'est-ce pas le fait que tu te poses trop de questions mais le fait que tu ne te poses pas les bonnes? (Bon, je t'envoie une question de plus à mijoter).

Aussi, Steph, sois-toi-même. Tu ne peux être personne d'autre, de toute façon. Il vaut peut-être mieux que tu cesses de te comparer aux autres en te dépréciant. D'ailleurs, tu donneras toi-même ce conseil à des jeunes quand tu auras rédigé ton second livre. Hen, quoi? Oui, oui. Tu réaliseras tes rêves, quels qu'ils soient. Continue d'espérer, de croire, d'avoir la foi en la vie.

Quand tu n'es pas toi-même, ça se sent, ça parait. Et pourquoi tu agis comme si tu étais ce que tu n'es pas? Ah, oui. Parce que tu as peur de déplaire. Ce que je vais te dire ne te plaira pas, alors (tu vois, tu t'amélioreras sur le désir de plaire!) : tu ne peux pas plaire à tout le monde.

C'est mathématiquement impossible. Tu feras réagir certaines personnes par ce que tu penses, par ce que tu dis, par ce que tu fais, par ce que tu écris. Mais souvent, ces réactions ne t'appartiendront pas. Tu seras alors le miroir de quelque chose d'autre dans la vie de ces personnes. Il n'y a rien que tu puisses y faire. Essaie plutôt de voir ceux qui t'aiment. Et tu verras que plus tu t'aimeras toi-même, plus l'importance de l'amour des autres s'estompera pour ne devenir qu'un bonus, un petit plus plutôt qu'une nécessité.

Tu es destinée à une belle vie. Je sais que tu en doutes. Je sais que tu vis des choses difficiles. Que tu te sens coupable et responsable de tout ce qui arrive autour de toi. Mais tu ne l'es pas. Tu n'as pas mérité les épreuves qui te donnent le vertige. La vie n'est pas faite ainsi : ça ne fonctionne pas toujours au mérite. C'est la pensée judéo-chrétienne qui t'est entrée dans la tête.

Donc oui, tu auras une belle vie. Promis. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Monique, une amie que tu rencontreras un début de la vingtaine qui te le dira. Et tu te répéteras souvent cette phrase lorsque tu en douteras. Et tu en douteras de moins en moins, fais-moi confiance. Fais-toi confiance.

Ah, j'oubliais! Tu n'es pas folle, Steph. Tu n'es pas une « maudite étourdie », une « nounoune » ni une « moins que rien ». Tu as un TDAH : un trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité. C'est pour ça que tu oublies souvent des trucs, que tu as du mal à te concentrer quand il y a du bruit, que tu as plein d'idées dans la tête tout le temps, que tu te mets parfois en colère sans trop de raison, que tu es émotive et impulsive.

Tu es juste toi. Et c'est parfait ainsi. Alors, vis, Steph, vis. (Vis comme dans « vivre » et non pas comme dans « tournevis »). »

Et vous, que diriez-vous à votre vous-mêmes plus jeune?

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