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La gratitude, vous connaissez?

30/07/2013 01:55 EDT | Actualisé 29/09/2013 05:12 EDT

La semaine dernière, je vais prendre mes courriels dans ma boîte de réception, comme à tous les jours (comprendre ici : « comme à tous les jours...plusieurs fois par jour).

Un courriel de mon vieil ami Pierre; pas que je le connaisse depuis si longtemps (quoique notre amitié remonte à six années, déjà) mais bien parce qu'il a 69 ans.

Un homme en forme; baseball, jogging, kayak, vélo, ski alpin et poids et altères sont le lot de son quotidien, dépendamment des saisons, évidemment.

Un homme qui prend soin de lui au plan de l'alimentation aussi et de l'esthétique. Il n'aime pas quand il prend du poids. Il redouble alors d'ardeur dans ses activités sportives et s'alimente encore plus sainement, le temps de retrouver une silhouette qui lui convienne.

Un homme qui prend soin des autres, aussi. Bénévole à l'hôpital en oncologie, il se tient à la fine pointe des informations afin d'offrir le meilleur soutien possible aux patients qu'il rencontre à tous les dimanches, après avoir fait sa prière.

Parce qu'il croit, Pierre. Il s'adresse à Lui fréquemment, lui demande de veiller sur lui, certes, mais sur sa famille, ses amis et ses patients, aussi.

Bénévole aussi après des adolescents décrocheurs, il anime divers ateliers manuels. C'est d'ailleurs alors que je faisais mon stage dans ce milieu que nous avons fait connaissance. Nous n'avons jamais arrêté de nous écrire, de nous appeler ni de nous voir depuis.

La semaine dernière, Pierre m'a écrit. Il m'a écrit pour me dire que quelques jours auparavant, il se trouvait à l'hôpital. Non pas comme bénévole, mais comme patient. Il doit son hospitalisation à un infarctus qui l'a assailli alors qu'il était de retour de Tremblant avec sa douce. Un malaise à la poitrine, comme un serrement. Puis, un engourdissement dans le bras gauche. Des sueurs froides.

Par chance (Pierre fait plutôt référence à la Providence), une ambulance roulait derrière eux sur la route. Pierre leur a fait des signes qu'ils ont saisis. Les deux véhicules se sont arrêtés dans une station service. L'ambulancier a gentiment accepté de prendre la pression de Pierre.

« On vous amène immédiatement à l'hôpital ». Raison? Pression de 190. La normale est autour de 72. Il était près de « péter au frette ».

Pierre a alors été opéré d'urgence. Le médecin lui a débouché une artère qui ne fonctionnait plus qu'à 15% de ses capacités. Quelques jours d'hospitalisation plus tard, il était de retour chez lui, au repos forcé pendant un mois. « Un mois, Stéphanie! Un mois sans faire de sport, sans faire l'amour! ».

Lorsque je suis allée le voir la semaine dernière, il se réveillait de sa première sieste de la journée; yeux bouffis, cheveux en bataille, lui qui est généralement tiré à quatre épingles. Somnolent, posant sa tête sur l'épaule de sa douce, il me parlait doucement. Puis, il m'a raconté de vive voix son malaise.

« Je remercie Dieu tous les jours. C'est lui qui a placé les ambulanciers littéralement sur mon chemin. Et j'ai tellement fait de belles rencontres à l'hôpital! Des infirmières dévouées, passionnées, aimantes. Vraiment, je suis chanceux. ».

Et sa douce de renchérir : « Hier, c'était mon anniversaire. Je m'en rappellerai toute ma vie; ce sera l'anniversaire où j'aurai eu le plus beau cadeau. L'homme de ma vie, vivant ».

La gratitude, dites-vous?