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Être gai, lesbienne, bisexuel(le) ou transsexuel(le) en 2016

12/06/2016 07:54 EDT | Actualisé 13/06/2017 05:12 EDT

Je ne pensais plus jamais écrire sur ce sujet. Malheureusement, en revenant d'un déplacement pour un achat sur Kijiji (j'étais passager), un peu avant le tunnel Louis H, je lis la nouvelle sur Facebook, pendant que joue « The Scientist » de Coldplay dans la voiture. Au moins 50 morts, 53 blessés. 103 personnes qui s'amusaient ou qui tentaient de s'amuser.

On pense souvent que les LGBT l'ont facile aujourd'hui. En fait, j'espérais que mes neveux et les enfants de mes proches n'auraient pas à vivre de discrimination ou de haine basées sur l'orientation sexuelle. Je pensais que notre société était en train de devenir « alliée » des LGBT (je fais référence aux ateliers de démystification dans les écoles secondaires, qui visent non seulement à aider les jeunes concernés à s'accepter, mais aussi à sensibiliser les proches à devenir des allié(e)s des personnes ayant une différence. Car généralement, une personne ouverte sur ce sujet risque de l'être sur les autres, puis contribuera à former une société accueillante et alliée de la diversité.

Je reviens au bout de phrase « qui tentaient de s'amuser ». Peu de gens le savent, mais les personnes LGBT sont souvent affligées par diverses formes de maladies mentales, par la toxicomanie, par la solitude, par la peur de vieillir seul(e), etc. Le fait d'avoir vécu de l'ostracisation de 6 à 17 ans n'aide pas à s'épanouir quand on est jeune. Manque de modèles positifs; hétérosexisme; railleries à l'école, crachats, gommes et insultes sur le casier; peur de perdre son emploi dans certains cas; les exemples se bousculent dans ma tête. Revenir de l'école en ayant honte, en essayant de ne plus être « ça », se laver et croire qu'à force de frotter, « cela » partira. Finir sa partie de hockey de ligue de garage, à l'aréna Camilien Houde, et se rendre compte que le jeune marqueur s'est fait tabasser par un groupe d'homophobes. Entendre des histoires qui deviennent anecdotiques de personnes LGBT qui se font encore insulter ou frapper dans la rue. Matthew Shepard quasi-crucifié. Des images qu'on n'oubliera jamais.

Comment rester sain d'esprit quand subtilement, quelques fois par année, la vie nous rappelle que la haine existe encore? 103 personnes qui s'amusaient, qui tentaient peut-être d'oublier, qui se donnaient le droit de vivre en toute liberté. Des milliers de vies changées pour jamais et la peur qui revient. Comme dit Chris Martin dans « The Scientist »:

Nobody said it was easy

Oh it's such a shame for us to part

Nobody said it was easy

No one ever said it would be so hard

I'm going back to the start

Mes amis, comme le dit la chanson, certains d'entre vous nous quittent, nous ne pensions jamais que vous l'auriez si dure, nous ne vous oublierons jamais, mais nous allons nous retrousser les manches, marcher, être fiers et repartir, pour que l'amour l'emporte.

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