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Ode aux étudiants et étudiantes

04/09/2012 09:29 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST
CP

Je me suis levé ce matin, le cœur léger, empreint d'excitation, car c'est jour de vote. Mais pas n'importe quel jour de vote. Aujourd'hui, je l'espère, marquera un pas important dans l'Histoire du peuple québécois. Peut-être même que ce sera le début de la construction de notre « pyramide égyptienne » à nous, peuple historiquement opprimé, bafoué, voire ridiculisé par les autres provinces, certains anglophones et trop souvent, nous-mêmes. Rappelons-nous, en ce 4 septembre 2012, que si nous allons aux urnes aujourd'hui, et fort probablement avec un taux de participation historique, nous le devons aux étudiants et étudiantes de ce printemps érable.

Je sais, la plupart des gens en ont ras-le-bol d'entendre parler du conflit étudiant. Ce n'est pas le but de mon propos dans ce billet. Je veux rappeler que ce mouvement, qui a duré plus de 100 jours, a rassemblé plus de 200,000 Québécois et Québécoises lors de ses plus grandes manifestations, engendré des multitudes d'embryons de révoltes dans les villes et villages du Québec, à coups de casseroles, de slogans et surtout, de discussions animées en famille et entre amis. Et c'est cela, la plus grande victoire du mouvement étudiant. Je crois qu'on a repolitisé le Québec, qu'on a repris contact avec notre identité, avec la volonté d'exercer un certain contrôle sur notre destinée, par d'autres moyens que le cynisme, l'amertume et le mépris.

Aujourd'hui, je vote avec optimisme, avec l'impression que le Québec vient de sortir de sa crise d'adolescence, crise qui a été provoquée par le mouvement étudiant. Un gros MERCI aux étudiants et étudiantes car si le Québec se dirige vers son âge adulte, c'est la masse étudiante qui se sera sacrifiée, pendant de longs mois, pour nous remettre en pleine face qu'il n'est plus acceptable de se laisser berner par des libéraux corrompus, méprisants, qui croient que la démocratie est un exercice qui se concrétise une fois aux 4 ans et qu'après, nous n'avons qu'à nous fermer la gueule et encaisser leurs plans machiavéliques.

Aujourd'hui, nous élirons la première femme Première ministre, une femme de cœur et de compassion, aux yeux brillants et visionnaires, et le mouvement étudiant obtiendra une bien grande victoire par l'indexation des coûts de scolarité, ce qui est très raisonnable dans le contexte économique actuel. Demain, j'espère que tous retourneront en classe avec le sentiment de devoir accompli et que la population québécoise poursuivra cette réflexion identitaire car il est temps de dire adieu à ce Canada, qui est un bien beau pays mais qui, admettons-le, ne NOUS ressemble en rien et ne nous apporte rien et ce, depuis bientôt 150 ans. Aujourd'hui, choisissons-NOUS, pour une vie meilleure et pour que nos étudiants, étudiantes et NOUS nous inscrivions à l'Histoire...

Manifestation étudiante du 22 août 2012

22 juillet

La manif des casseroles du 30 mai