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Naomie Tremblay Trudeau «tirée» à bout portant? Vraiment?

30/03/2015 10:32 EDT | Actualisé 30/05/2015 05:12 EDT

Une grande partie du Québec des lobbys et de la gauche s'est ému du sort réservé à Naomie Tremblay-Trudeau, cette activiste qui avait décidé d'aller « manifester pour la justice sociale » sur la colline parlementaire le soir de l'adoption du budget. Soudainement, on voit une horde de « grévistes » forcer une ligne de protection policière. Puis certains se lancent carrément sur les policiers. Dans la mêlée qui s'en suit, on tire des gaz et l'un des projectiles atteint la figure d'une personne qui avait transgressé les directives des forces de l'ordre. C'est l'apothéose chez les manifestants. On a enfin ce qu'il nous faut pour faire déraper le dossier. Le tir de Charles Scott Simard viendra incarner cette lutte à finir contre un État devenu policier. On a réussi à recréer un semblant du Printemps érable 2012.

Tout cela est bien pathétique. Radio-Canada et les médias à sensation se déchaînent dans un concert unanime. À l'émission du retour vendredi dernier, Michel C. Auger fait un lapsus révélateur lors de la mise en bouche de la nouvelle : « Cette jeune étudiante, Naomie Tremblay Trudeau, tuée à bout portant par un policier - Euh... pardon - tiré à bout portant.... » Sur les réseaux sociaux, des images en séquences montrent le « fusil d'assaut » de Scott Simard dégainer comme un lance-flamme. Il ne manque que les chiens policiers aux mollets, et nous voilà à Selma.

Naomie Tremblay Trudeau, ce n'est pourtant qu'un feu de paille qui me laisse bien froid. Parce que ce genre d'incident est commun à toute manifestation qui dégénère et ne se maintient pas dans le cursus de règles que la société s'est données. Il est facile de blâmer l'agent Scott Simard quand on regarde le résultat a posteriori et que la photo de Tremblay Trudeau circule en boucle comme l'effigie d'une martyre. Mais il ne faut pas s'y méprendre. La faute majeure revient bel et bien à ces manifestants qui ne voulaient pas obtempérer aux ordres policiers. La liberté d'expression et de manifestation ne va pas jusqu'à passer outre les lignes de protection policière, ni à tenter d'entrer de force dans un Parlement.

Tremblay Trudeau est aussi fautive, et ça, plusieurs ont semblé l'avoir oublié. La faute? D'avoir commis un méfait public, et d'avoir refusé d'obéir à un policier (entrave). Il s'agit d'infractions criminelles. Mais ça, on s'en fiche. Ce sont des jeunes et des étudiants. Si un groupe d'adultes dans la quarantaine avait eu le même comportement idiot et insensé, ils seraient déjà tous sous arrestation et probablement accusés de terrorisme. Mais dans tout ce débat des étudiants qui font « la grève sociale et contre les hydrocarbures », personne n'ose dire la vérité.



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C'est pas mal plus romantique de pleurer et d'aller à la défense de Tremblay Trudeau que de soutenir un policier qui a fait son travail. On se dépêchera de porter plainte en déontologie et on décortiquera un incident de quelques secondes en commission d'enquête de trois semaines. Pire encore, la jeune fille, au lieu de faire son examen de conscience d'un activisme devenu complètement fou, sera encouragée par sa mère à poursuivre le Service de police de la ville de Québec en dommages et responsabilité civile! On est en rendu à passer outre sa propre turpitude pour s'en prendre à tout prix à l'autorité constituée. Je ne comprends pas les propos de cette mère de famille concernant sa fille : «Par contre, je ne m'attendais pas du tout à ce qu'elle revienne comme ça, j'ai trouvé ça très fâchant, autant de brutalité

Brutalité? Si Naomie Tremblay Trudeau avait été ma fille, je n'aurais eu aucune pitié. J'aurais plutôt eu une conversation en face à face sur le concept de manifestation dans le cadre d'une société libre et démocratique - des notions sans doute évacuées des cours de sciences politiques. Et je lui aurais surtout conseillé de s'excuser auprès des autorités et de la police. Voilà un autre exemple d'enfant roi et de parent monstre.

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