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Saint-Michael Brown et les mangeux de chips

27/11/2014 10:27 EST | Actualisé 02/02/2015 05:12 EST

« There is nothing more painful to me ... than to walk down the street and hear footsteps and start thinking about robbery, then look around and see somebody white and feel relieved » - Pasteur Jesse Jackson

Quand on relit attentivement le déroulement des événements, minute par minute et seconde par seconde, on se demande si on rêve. Michael Brown, le nouveau martyr des chercheurs de cause, est déjà canonisé dans les rues de l'Amérique, et le cadavre n'a même pas eu le temps de refroidir!

Parce que Michael Brown n'a pas été tué par un policier. Il a été tué par la vie. Une vie de misère et de fucké, ponctuée par la drogue, l'alcool, la délinquance et des parents adolescents complètement fuckés eux-mêmes. Un classique de la littérature quand on étudie en première année de travail social à l'université. Quelques semaines avant sa mort, Brown avait vu le diable et les anges dans le ciel de St-Louis. Il avait même envoyé une photo de ce combat céleste à ses parents via son téléphone intelligent...

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Des Michael Brown, il en existe plein. Les groupes communautaires qui interviennent auprès des plus démunis de notre société vous le diront. Oui, la race «noire» est surreprésentée, comme beaucoup d'autres groupes «culturels» où l'exclusion, le racisme et la pauvreté ont fait leur sale besogne à travers des générations. Pas besoin de vous ressortir les statistiques pour vous démontrer cette affirmation. La population carcérale des États-Unis et du Canada en est le triste témoin. Une simple visite à Bordeaux vous convaincra aisément de cet état de fait.

Mais commencer à nous ressortir le disque du racisme et du profilage racial de la police pour nous faire avaler toute cette comédie du méchant policier blanc, je n'en peux plus. Brown s'est attaqué directement à la police, et un jury de citoyens de diverses origines culturelles a tranché : Brown a lui-même provoqué sa perte. Le policier s'est senti sincèrement menacé et l'a tué. Honnêtement, il s'agit d'une très bonne décision. Tout à fait rationnelle et détachée de l'émotion des moutons suiveux qui crient et qui hurlent dans les manifestations.

«Ouais, mais il n'était pas armé...!» Et puis? C'est facile de constater après coup que le gars n'était pas armé. Il a frappé le policier deux fois plutôt qu'une et a tenté de lui arracher son arme à feu. Comment auriez-vous réagi dans le feu de l'action? En lui offrant une Chiclets pour le calmer?

À entendre certains manifestants, on se demande s'il faudrait tout simplement donner un «ticket gratis» aux gens de couleur noire pour tabasser la police et vivre en marge de la loi?

Il en va de même pour le jeune Tamir Rice âgé de 12 ans, tué à bout portant par «un méchant policier blanc». Quand on regarde la bande vidéo rendue publique, on se dit: «Mais ça ne se peut pas...» Un autre cas d'enfant «élevé» par des parents adolescents qui ont pataugé dans la drogue et les bas fonds de la vie. Résultat: un mort. Et la police, encore une fois, n'a absolument rien à voir là-dedans. Quand un individu se promène avec un gun, véritable ou non, dans un parc et le pointe vers des passants en se faisant «du fun», malheureusement, il faut agir rapidement. La mort a passé et l'a pris au vol.

Mais le bon peuple de moutons qui manifestent ne comprend rien au travail policier et aux impératifs de la sécurité publique. Assis dans son salon avec un coke entre les deux jambes et un sac de chips, c'est bien aisé de refaire les scènes d'intervention et la vie tout au grand complet. (On l'a vu récemment avec tous ces gérants d'estrade qui s'en sont pris au policier de la SQ dans la triste histoire de la mort de ce jeune de cinq ans. Il existe beaucoup de «mangeux» de chips au Québec aussi.)

Les tares de la pauvreté et de l'exclusion ne seront jamais complètement éliminées de nos sociétés. C'est en travaillant davantage auprès des clientèles défavorisées, sur plusieurs générations et de façon constante, qu'on pourra espérer améliorer la qualité de vie de nos concitoyens, et non pas en manifestant et en cassant tout sur le passage. L'expression de cette rage populaire n'est pas rationnelle et ne repose sur aucun fondement factuel. La police n'est plus ce qu'elle était dans les « good old days » des Blacks Codes de la ségrégation blanche et raciste du Sud des États-Unis. Cette époque est révolue depuis belle lurette.

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