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Hôtel de ville de Montréal : quel «saccage» ?

19/08/2014 09:31 EDT | Actualisé 19/10/2014 05:12 EDT

Toute la journée, je me suis retenu de regarder les vidéos du « saccage » de l'Hôtel de Ville de Montréal. Moi, qui suis un fidèle soutien aux employés municipaux - oui, j'aime les policiers, les pompiers, et les cols bleus! - j'étais déçu. En lisant les commentaires sur les réseaux sociaux, j'avais l'impression que Montréal avait été le théâtre de la Commune de Paris, version des temps modernes.

Vint l'heure de vérité. Je me suis forcé à regarder ce spectacle. Puis? Pas grand-chose. On sait que la presse en général - toujours à la recherche de sensations fortes - a la mauvaise habitude de sombrer dans l'hyperbole. Un saccage est un saccage. Le dictionnaire de l'Académie française utilise les termes suivants pour définir l'ampleur du phénomène : « Dévastation, pillage, bouleversement. » Disons qu'on était loin du saccage de la Baie-James en 1974 qui s'était soldé par des pertes et dommages de 33 millions de dollars. Le patrimoine est demeuré intact, et le conseil a pu siéger par la suite.

Ne criez pas! Je suis d'accord immédiatement avec vous : Non, l'intimidation ne règle rien. Il ne faut pas avoir peur, et l'autorité constituée doit effectivement se tenir debout. Pendant le « saccage » d'hier soir, il aurait été intéressant de voir le maire de Montréal faire un Pierre Moreau de lui-même, rester dans l'enceinte de la démocratie et faire face à la musique. Il est tout aussi incompréhensible d'avoir vu des policiers demeurer de glace devant autant de tumulte. Un méfait demeure un acte criminel et les policiers passifs ont manqué de jugement. C'est le SPVM et la profession qui perdent au change. Qu'on discipline ces policiers immatures et qu'on passe à autre chose. Qu'on arrête ceux qui ont brisé quelques carreaux. On a franchement vu pire durant la crise étudiante de 2012.

Comme maire, où j'ai eu à gérer des conventions collectives avec le très-militant-syndicat de la CSN, il est important de rester ferme et de jouer franc jeu. Mais cette fermeté doit reposer sur des bases crédibles. Et de là, on finit par gagner le respect. La situation présente est tout autre. Imaginez si l'on vous disait demain matin que votre maison doit être expropriée sans pleine compensation, et que vous deviez aller vivre dans moindre. Que voulez-vous? Le gouvernement la réquisitionne pour équilibrer son budget! C'est exactement la situation à laquelle nous devons faire face. Au lieu de cotiser comme il se devait au régime de retraite de ses propres employés, le gouvernement s'est donné « congé ». Vous me direz qu'il y avait toutes sortes de « bonnes raisons » à l'époque. Dont la phrase culte que je ne suis plus capable d'entendre : « D'après les calculs, nos spécialistes prévoient que... » Et il y a eu les bas de la Bourse, et ceci et cela, et j'en passe. Qui aurait cru que le Titanic se serait ramassé au fond de l'eau? L'aveuglement volontaire du gouvernement qui se donne congé d'obligation est un gouvernement crasse qui joue avec le feu. Ce sera quoi demain? On n'a plus d'argent, donc on cesse de payer l'hypothèque?

Le véritable saccage, c'est le gouvernement qui l'a causé. Pas les syndicats. Quand tu te prives d'une partie de ton salaire pendant ta période active de vie (on n'en a qu'une, en passant), et que ton employeur - lui - fait défaut de respecter le contrat, ça mérite quand même un acte de contrition et plus qu'une minute d'attention de la part du fautif. Et je reste poli en affirmant cela. Hier, les syndiqués ont commis une faute, j'en conviens. C'était un péché véniel. Mais la faute lourde, celle qu'on ne pardonne pas, c'est le gouvernement qui l'a commise. Péché mortel.

Maintenant qu'on a dit ça... qu'est-ce qu'on fait?

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