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Investissements dans les infrastructures: l'urgence de bien choisir

05/05/2016 10:40 EDT | Actualisé 06/05/2017 05:12 EDT

Le gouvernement fédéral entend consacrer 120 milliards de dollars dans les infrastructures au cours des dix prochaines années.

Le montant global impressionne, mais, à la grandeur du Canada, les besoins sont énormes, tant au niveau des grandes infrastructures nationales et provinciales (ports, grandes autoroutes, transport public, aéroports régionaux) que dans celles des municipalités. Le gouvernement du Québec, pour sa part, a dévoilé un plan d'investissement dans les infrastructures 2015-2025 et entend y consacrer 88,5 milliards $. Toute proportion gardée, la contribution du gouvernement du Québec est plus importante.

Cet effort conjugué des deux ordres de gouvernement permettra de moderniser leurs propres installations et équipements de même que ceux des municipalités. Il aidera aussi à stimuler notre économie qui fonctionne au ralenti depuis quelques années. De plus, les investissements en infrastructures permettent aux entreprises d'améliorer la productivité, ce qui constitue une condition essentielle de la croissance.

Si les relations fédérale-provinciales continuent d'être harmonieuses, le gouvernement du Québec sera appelé à conclure une entente avec le gouvernement fédéral sur les infrastructures. Il lui appartiendra aussi de sélectionner les projets admissibles au financement fédéral, dans ses champs de compétences et ceux des municipalités.

À cet égard, la FCCQ suggère trois avenues aux gouvernements du Canada et du Québec pour stimuler notre économie :

1. Il faut sélectionner les projets d'infrastructure qui soutiennent véritablement le développement économique et cibler en priorité les projets qui ouvrent la porte aux investissements privés. Nous pensons notamment à ceux liés aux infrastructures portuaires, énergétiques et numériques. Les investissements dans les réseaux de transport en commun favorisent aussi le développement, la fluidité et contribuent à l'atteinte des objectifs de réduction des gaz à effet de serre. L'état déplorable de notre réseau routier requiert aussi une attention soutenue. À notre avis, il faut oublier cette fois-ci les centres sportifs, communautaires et culturels, malgré l'évidente popularité de ces équipements auprès de leurs usagers et de plusieurs élus. En somme, prioriser les infrastructures structurantes pour le développement économique.

2. Les deux gouvernements doivent conclure rapidement une entente sur les infrastructures. Dans tous les accords passés, sans exception, il a fallu des mois, voire des années, pour qu'ils s'entendent. Pendant que les projets étaient déjà en chantier dans les autres provinces, ceux envisagés pour le Québec se butaient à des embûches politico-bureaucratiques, ce qui retardait la ratification de l'entente Québec-Ottawa. Tant les gouvernements péquistes que libéraux au Québec, conservateurs et libéraux à Ottawa, se sont laissés prendre dans cet engrenage. Un solde de 110 M$ des fonds fédéraux pour les infrastructures 2007-2014 dédiés au Québec n'a toujours pas été engagé. Les deux gouvernements sont à conclure la négociation de l'entente pour le plan fédéral annoncé début 2015! La FCCQ s'attend cette fois à plus de diligence de la part des deux gouvernements.

3. Il est essentiel de procéder rapidement à l'octroi des contrats aux meilleurs fournisseurs privés, dans le respect des règles d'éthique et de transparence. Plusieurs autres régions du monde ont réussi à faire vite et bien. Nous devons en faire autant!

C'est à ces conditions que les investissements en infrastructures vont contribuer rapidement et stratégiquement à stimuler une économie qui a besoin de tonus.

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