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Monsieur Dubuc, je n'ai pas volé la job de qui que ce soit

23/06/2017 04:15 EDT | Actualisé 23/06/2017 04:15 EDT

Monsieur Dubuc,

Quelle ne fut pas ma surprise et mon indignation de voir le titre de votre texte Les voleurs de job qui cible principalement l'entreprise où je travaille depuis 16 ans, Ubisoft.

Je reviens tout juste du plus grand salon de jeux vidéo au monde à Los Angeles, l'Electronic Entertainment Expo, où des productions montréalaises d'Ubisoft et d'autres créateurs du Québec ont émerveillé des millions de joueurs et de journalistes internationaux. Ubisoft Montréal s'est signalé comme le meilleur studio du monde selon plusieurs experts du milieu. C'est choquant pour moi de constater que ce succès reconnu à travers la planète est complètement absent de votre texte d'opinion.

Dans mon Drummondville natal, petit cul, j'étais passionné de jeu vidéo. Puisque tous les jeux étaient produits aux États-Unis et au Japon, mon rêve d'envisager une carrière dans cette industrie m'apparaissait impossible.

L'arrivée d'Ubisoft a complètement changé la donne pour moi et pour des centaines d'autres passionnés québécois.

L'arrivée d'Ubisoft a complètement changé la donne pour moi et pour des centaines d'autres passionnés québécois.

J'ai eu la chance de faire le saut dans l'aventure Ubisoft en 2001, à l'époque où nous étions 300 jeunes pionniers tentant de trouver la recette pour créer des jeux vidéo d'envergure internationale. J'ai été témoin, et surtout participant de cette croissance exceptionnelle qui a mené à la création de nombreux métiers jusqu'alors inexistants. J'ai personnellement travaillé à la création du département de recherche utilisateurs, ainsi que sur plusieurs jeux dont Prince of Persia, Naruto et maintenant For Honor. Ce dernier jeu, lancé en février dernier, une toute nouvelle marque pour Ubisoft, a été rendu possible après 5 ans de développement par le travail acharné d'une équipe de concepteurs, de scénaristes, d'artistes, d'animateurs, d'experts en monétisation, de testeurs, de gestionnaires, de programmeurs et j'en passe. Cette nouvelle création a été présentée partout à travers le monde : Japon, Australie, Taiwan, Russie, Europe, États-Unis et l'Amérique du Sud faisant ainsi rayonner le talent québécois. Le jeu a connu un lancement international d'envergure, des millions de joueurs y ont joué depuis le mois de février et les joueurs actifs se comptent en centaines de milliers, chaque jour.

Une de mes grandes satisfactions comme gestionnaire est justement de faire grandir les talents dans le meilleur contexte possible. Les réalisations de mon équipe sont le fruit d'une prise de risques et d'une créativité formidable de gens d'ici. Des talents dans des métiers d'avenir qui continueront de façonner le marché du travail de demain. D'ailleurs, si vous faites le tour des studios montréalais (locaux ou étrangers), vous verrez plusieurs ex-employés d'Ubisoft qui aujourd'hui continuent à faire grandir cette belle industrie et plusieurs secteurs connexes qui font une différence dans l'économie du Québec.

Célébrons nos créateurs et ceux qui permettent à nos talents d'ici de se développer et de compétitionner avec les meilleurs! Nous sommes 10 000 au Québec, continuons de voir grand et de nous donner le moyen de produire les meilleurs jeux du monde!

Ah oui, en passant, monsieur Dubuc, je n'ai pas volé la job de qui que ce soit, je l'ai créé de toute pièce.

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