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La chute du pétrole doit financer son abandon

18/01/2015 11:11 EST | Actualisé 20/03/2015 05:12 EDT

On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué.

La semaine dernière, le pétrole est passé en dessous des 45$ le baril et Suncor a annoncé un désinvestissement de 1 milliard avec la mise à pied de 1000 employés. L'OPEP a l'intention de laisser le cours s'effondrer jusqu'à 20$ le baril.

Cette situation est une occasion en or pour financer l'abandon du pétrole au Québec.

De 2002 à 2008, le prix du baril a grimpé d'un facteur cinq pour augmenter la valeur de nos importations à 13,7 milliards de dollars en 2012. À ce moment, le prix du baril oscillait autour de 95$. Les importations de pétrole du Québec étaient donc d'environ 145 millions de barils.

Avec un prix du baril réduit de 50%, l'OPEP fait économiser au Québec 7,18 milliards de dollars en importation grâce à cette guerre de marché qu'elle mène contre les États-Unis, le Canada et la Russie.

Nous ne pouvions pas avoir une plus belle conjoncture pour convaincre le gouvernement du Québec que chaque dollar économisé sur le pétrole importé à moindre coût doit être investi dans l'électrification des transports, la mobilité durable, la conversion des énergies industrielles et la mise en place de notre propre industrie dans ces domaines de pointe afin de créer des emplois durables et des technologies exportables pour des décennies.

Nous devons agir très rapidement avec des politiques, des programmes et des projets pour nous affranchir du pétrole, car le rebond imprévisible du prix du baril à la Bourse risque de faire très mal. Et si le cours ne remonte pas, l'économie mondiale sera en crise.

La période de consultation pour la nouvelle politique énergétique québécoise arrive. (7) Le gouvernement ne cesse de parler d'autonomie énergétique, nous y sommes!

Le physicien Pierre Langlois, spécialiste en mobilité durable, est le conseiller le plus apte à structurer un plan en ce sens afin de mener le Québec vers le 22e siècle...

De plus en plus dans les médias, nous lisons ce modus operandi: «Cessons de lutter, passons à l'action avec des solutions!»

Les décideurs sont désemparés sous l'effet des pressions économiques et des lobbys. Mais la véritable influence doit venir de nous, les électeurs. Les politiciens doivent considérer les solutions que nous leur proposons, au risque de perdre des votes au prochain scrutin.

Les regroupements citoyens, les groupes environnementaux et l'industrie doivent concentrer leurs efforts. Ensemble, nous avons la responsabilité de passer en mode solution. Nous devons déposer des rapports de projets avec des analyses économiques de rentabilité et de création d'emplois, des rapports de faisabilité et des dossiers de planification de mise en œuvre.

Ce sera peut-être difficile, mais nous gagnerons des alliés de l'industrie qui ne demandent qu'à développer cette économie émergente partout dans le monde. Et ces alliés ont déjà dans leur manche des cartes de projets, de rentabilité, de faisabilité et de mise en œuvre!

Soyons le moteur démocratique citoyen de l'économie de demain et faisons en sorte que le Québec devienne un leader mondial en ce domaine.

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