Stéphane Biron

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Dans le trou

Publication: 27/04/2012 00:46

Le 22 avril 2012, tous les habitants, de cette belle planète, avaient l'occasion de lui témoigner leur attachement. Ne paniquons pas, je ne reviendrai pas sur le nombre et sur la couverture médiatique de l'évènement, puisque le sujet a amplement été discuté. Donc, à Montréal, la population québécoise s'était donné rendez-vous pour souligner cette journée remplie de promesses. Pour cette dernière, on avait au menu l'extraction des gaz de shale, la réfection de la centrale nucléaire, l'exploitation des ressources naturelles du Plan Nord, etc. En fait, on avait des revendications pour tout ce qui nous touche, mais pas nécessairement sur ce que nous contrôlons.

Que nous contrôlons? Oui, sur les choses que nous contrôlons! Si vous êtes honnêtes, vous conviendrez avec moi qu'il est facile d'avoir un double discours et de parfois esquiver ceux qui sont un peu dérangeants. Prenons ici l'exemple de nos poubelles! Vous êtes tous des gens conscients de l'importance de certains faits environnementaux, à moins bien sûr, d'être libertarien! Vous connaissez aussi sûrement ce qu'on appelle les 3RV : réduction à la source, réemploi, recyclage et valorisation. Le 22 avril, j'ai vu plusieurs personnes crier leur mécontentement contre l'exploitation des ressources naturelles du Plan Nord. Armés d'un appareil photo, d'un téléphone intelligent, d'une caméra, tous ont voulu immortaliser ces moments de solidarité. Hélas, l'immortalisation a un coût environnemental avant et après.

Pour fabriquer ces appareils, ces compagnies ont besoin de différents métaux! Et de ces métaux, ils en ont besoin en quantité industrielle. La compagnie Apple, en vendant 35,1 millions d'iPhone, 11,8 millions d'iPad, 7,7 millions d'iPod et quatre millions d'ordinateurs Mac en trois mois pour des bénéfices de 11,6 milliards pour la période de janvier à mars 2012, doit avoir énormément de ressources naturelles, à sa disposition. Bien sûr, on peut refuser ici l'exploitation de ses ressources et laisser l'industrie continuer à piller le continent africain, cela démontrerait une belle solidarité. En plus des besoins en ressources, c'est aussi beaucoup de sites d'enfouissement, meilleure méthode privilégiée par la population québécoise pour se débarrasser de ses poubelles.

Voyons donc Monsieur, nous sommes les champions du recyclage! J'ai de petites nouvelles pour vous! La moyenne municipale se situe entre 25% et 30% pour notre taux de recyclage. C'est donc dire que nous enfouissons le reste! En tout cas monsieur, ce n'est sûrement pas moi! Bien sûr, tout le monde est champion du recyclage, c'est comme le syndrome du libéral ou du film porno. Personne n'a voté pour eux et personne n'en regarde, mais l'un est majoritaire et l'autre est une industrie de plusieurs millions. Cependant, pour contourner le problème, nous avons aussi besoin de mesures alternatives. Et à ce niveau, nos différents gouvernements n'ont jamais été en mesure d'avoir une vision à long terme comme c'est le cas dans plusieurs pays.

De ces mesures, il en existe pourtant plusieurs! Il existe effectivement plusieurs technologies qui pourraient nous permettre d'effectuer une meilleure gestion de nos matières résiduelles et par surcroit, en tirer même des bénéfices. Avec une moyenne de plus de quatre cents kilogrammes par habitant, la plus élevée au Canada, nous pourrions sûrement insérer ses méthodes à notre stratégie énergétique. La gazéification et la biométhanisation permettent de produire du gaz de synthèse pouvant alimenter des génératrices pour produire de l'électricité. Tout ça, grâce à une ressource qu'on enterre dans un grand trou et à grands frais sans presque aucune retombée économique.

Pendant que l'on pense encore à harnacher des rivières, à extraire du gaz naturel par fracturation, il existe aussi des technologies propres qui pourraient compenser nos besoins en énergie. Surtout, ne jouons pas à l'autruche! Nous sommes toujours de très grands consommateurs en énergie et par le fait même, nous sommes aussi d'énorme producteur de déchets. Alors, pourquoi ne pas exploiter l'un pour répondre aux besoins grandissants de l'autre? Pour y arriver, il faut cependant avoir des élus avec une vision à long terme dans la gestion de nos ressources et sur l'avenir de notre stratégie énergétique. Nous possédons actuellement une ressource qui se gaspille en grande quantité et malheureusement, personne ne semble s'en préoccuper. Pour notre avenir, peut-être aurions-nous avantage à avoir un peu plus de gros bon sens!

 

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