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Stephen Harper devrait se garder de tenir les Québécoises et Québécois pour acquis...

30/06/2014 05:10 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

Comme bien des Québécoises et Québécois, j'ai été surpris d'entendre Stephen Harper, à l'occasion de la fête nationale, se réjouir du résultat de la dernière élection québécoise et d'y voir la chute de la cause souverainiste. Sur un ton triomphal, il s'attribue même ces résultats, se félicitant de la façon dont il gère la fédération canadienne.

M. Harper devrait savoir que, depuis 50 ans, bien des premiers ministres canadiens ont annoncé la mort de l'idée d'indépendance sans que cela ne se concrétise. En tenant un tel discours - fort apprécié au Canada anglais -, Stephen Harper semble encore une fois vouloir gagner une élection canadienne sur le dos du Québec.

Stephen Harper est loin de faire l'unanimité au Québec. Nombreux sont les sondages qui le confirment depuis bien des années. Son impopularité est telle qu'il dirige un gouvernement majoritaire au Canada avec seulement cinq députés au Québec. Depuis que Stephen Harper est premier ministre, les Québécoises et Québécois se sentent plus éloignés que jamais d'Ottawa et du Canada. Ses politiques sont rejetées par une large majorité de la population québécoise. Et les exemples se multiplient...

Stephen Harper a modifié le Code criminel, favorisant la répression et l'emprisonnement des jeunes contrevenants, alors que le Québec mise plutôt sur la réhabilitation, un système qui fonctionne bien ici et qui donne des résultats probants.

Ce gouvernement nous fait honte et indispose la communauté internationale en déchirant le protocole de Kyoto, auquel la population québécoise souscrit pourtant.

Sous le règne de Stephen Harper, les nominations d'unilingues anglophones à la tête d'organismes fédéraux se sont multipliées, au mépris de notre langue et du caractère soi-disant bilingue de ce pays.

Le gouvernement fédéral cherche à miner la confiance économique des Québécois en répétant sur toutes les tribunes que nous profitons de la péréquation. Il oublie toutefois de mentionner que nous versons 45 milliards de dollars de nos taxes et impôts à Ottawa, et ce, sans le moindre droit de regard sur la façon dont ces sommes sont dépensées. Depuis 1970, les transferts en santé provenant d'Ottawa ne cessent de diminuer; la part fédérale du coût de notre système de santé est passée de 50 % à 20 % et la dégringolade se poursuivra au cours des prochaines années.

Le fédéral ne se préoccupe tellement pas des Québécoises et Québécois qu'il a distribué 35 milliards de dollars de contrats pour la construction de navires sans que le Québec n'en récolte un seul. Tous les maires de la région métropolitaine de Montréal et ses citoyens s'opposent à l'idée d'instaurer un péage sur le pont Champlain et Stephen Harper n'écoute toujours pas, menaçant de déstructurer le transport urbain autour de l'île de Montréal.

Ignorant complètement la position ferme du Québec sur cette question, le gouvernement Harper veut doter le Canada d'une commission « nationale » des valeurs mobilières. Or, la réglementation financière est exclusivement de responsabilité québécoise. Déjà, la Cour suprême nous a donné raison. Voilà que Stephen Harper contourne ce jugement, en concoctant une entente avec certaines provinces (un air de déjà-vu...). Pour une rare fois, la Cour suprême nous donnait raison, et voilà que Stephen Harper procède sans tenir compte du jugement. Posons-nous la question : quand le Québec gagne-t-il dans ce pays? C'est peut-être ce qui amène ce premier ministre à continuer de vouloir nommer des juges à la plus haute cour du Canada sans tenir compte de l'avis du Québec...

La population du Québec ne manquera pas de se souvenir de toutes ces interventions du gouvernement fédéral allant à l'encontre de plusieurs consensus québécois. Stephen Harper ne devrait pas croire que les Québécoises et Québécois se laisseront berner par son parti et sa volonté de leur imposer la tutelle fédérale. On ne peut ignorer la fierté d'un peuple qui a su se battre avec dignité depuis plus de 400 ans pour exister et prospérer en cette terre d'Amérique.


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