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Le ressort est intact

26/08/2014 11:50 EDT | Actualisé 26/10/2014 05:12 EDT

Pour Lucien Bouchard, le ressort des Québécois s'est cassé à la suite de la seconde défaite référendaire et ce bris justifierait de mettre en veilleuse la question nationale. Nous avons le plus grand respect envers M. Bouchard, lui qui a mené le Québec si près de son indépendance. Toutefois, contrairement à lui, notre ressort est intact, nous souhaitons être consultés sur l'indépendance du Québec et surtout, nous voulons gagner. Tout comme monsieur Bouchard, nous considérons que le statut constitutionnel du Québec demeure tout à fait inacceptable et insuffisant à son bon développement.

Débat plus actuel que jamais

Dans un contexte de mondialisation, l'autonomie politique d'une nation est le seul statut permettant à celle-ci de se développer sur la scène internationale tout en préservant ses acquis. À cet égard, nous ne faisons pas qu'allusion à notre langue, mais également à notre culture, notre système de valeurs, notre modèle économique, nos structures en matière d'éducation, de santé...

On entend parfois qu'il s'agit là d'un vieux débat. À notre avis, la manière dont on le qualifie n'en altère pas la pertinence. La liberté de décider et de gouverner est une possibilité politique trop essentielle pour avoir une date de péremption.

Au courant du dernier siècle, plus de 150 référendums portant sur la souveraineté nationale ont été tenus. De ce nombre, seulement trois ont échoué, dont deux chez nous. Le débat sur la question nationale québécoise n'a donc de singulier que ses résultats. Plusieurs autres nations se posent également la question. À titre d'exemple, les Écossais seront consultés à ce propos au cours des prochaines semaines, les Catalans suivront en octobre. Bref, ceux qui vous diront que la volonté de prendre soi-même ses décisions est un débat futile et dépassé ont tout intérêt à ce que vous le pensiez.

Ressort cassé

Monsieur Bouchard affirme que le ressort s'est cassé en octobre 1995 à la suite de la seconde défaite référendaire. Soit. Cela ne signifie toutefois pas que le ressort s'est cassé pour toutes les générations. Les baby-boomers ont eu la chance d'être consultés, deux fois plutôt qu'une pour certains. Quant à nous, la démarche vers l'indépendance du Québec n'est qu'un chapitre de nos livres d'Histoire. D'ici le prochain scrutin général en 2018, aucun citoyen sous la barre des 40 ans ne se sera prononcé quant à notre présence au sein de la Fédération.

Génération Non

Au début de l'été, le quotidien La Presse publiait un sondage dressant un portrait très sombre de l'appui au projet indépendantiste. En effet, ce sondage révélait qu'un jeune sur trois de notre génération (18-25 ans) répondrait à la positive si l'on tenait prochainement un référendum sur l'indépendance du Québec. Plusieurs ont tenté de dépeindre ce faible taux comme étant la fin du projet. En réalité, 35% est un taux d'appui non négligeable si l'on considère qu'en 1995, le taux d'appui au projet était d'environ 40%. De surcroît, l'appui à la souveraineté chez les plus de 50 ans est plus élevé qu'en 1995. Aujourd'hui, le défi est de convaincre les moins de 35 ans qui appuient moins l'indépendance que lors du dernier référendum. Avec les bons arguments et du travail, nous sommes convaincus que nous convaincrons notre génération. Si nos deux générations travaillent ensemble et se font confiance, tout redevient possible.

Les jeunes du Parti québécois ont une responsabilité importante : renouveler l'argumentaire et dynamiser le débat autour du projet national. Si ce débat revêt un caractère nouveau pour nous, les arguments en faveur de l'indépendance, eux, ne se sont pas pour autant actualisés. Plusieurs thèmes demeurent encore peu exploités, mais si importants : relations internationales, environnement, finances publiques, équité intergénérationnelle. Voilà autant de pôles étatiques où le Canada peut gouverner sans notre aval. Il s'agit d'une situation de subordination perpétuelle. En ce sens, la souveraineté nous permettra de fonder en Amérique un nouveau pays francophone basé sur des valeurs communes qui sont les nôtres.

Projet de société

Un projet de société aussi important ne repose pas que sur les épaules d'un seul homme ou d'une poignée d'élite. Il faut reconnaître les limites de l'Homme et les distinguer des objectifs d'une nation. Ce genre de projet nécessite un éveil et un effort collectif important. L'équité intergénérationnelle c'est certes offrir, ou du moins tenter d'offrir, autant à toutes les générations, mais c'est aussi laisser la chance à toutes les générations de définir leur État selon leurs objectifs et leurs idéaux.

Plus loin encore, ce n'est pas qu'un projet de génération, mais un projet d'une nation toute entière. Il faut d'abord reconstituer les fondements de la nation québécoise, sur le plan économique certes, mais aussi sur le plan politique, social, culturel et identitaire.

Monsieur Bouchard, laissez-nous la chance d'être consultés. Laissez-nous la chance de faire le débat. Mais surtout, laissez-nous la chance de mener le débat à notre façon.

« Plus que jamais, il faudra rappeler que la démarche souverainiste en est une de générosité, de tolérance et d'ouverture. » - Lucien Bouchard.

Ce texte est cosigné par: Léo Bureau-Blouin, président du CNJPQ; Ariane Cayer, Conseillère politique du CNJPQ; Guillaume Rousseau, Conseiller politique du CNJPQ; Odette Lavigne, Conseillère à l'organisation du CNJPQ; Rosie-Anne Vallières, Conseillère à l'organisation du CNJPQ; Alexandre Banville, Vice-président aux communications du CNJPQ; Vincent-Gabriel Langlois, Vice-président à l'organisation du CNJPQ; Mathieu Morin, Secrétaire-trésorier du CNJPQ; André-Félix Barriault, Président régional des jeunes péquistes de la Gaspésie; Alix Villeneuve, Président régional des jeunes péquistes du Bas-Saint-Laurent; Joé Champagne, Vice-Président régional des jeunes péquistes de la Côte-Nord; Andréanne Villeneuve, Présidente régionale des jeunes péquistes du Saguenay/Lac-St-Jean ; Charles Picard-Duquette, Président régional des jeunes péquistes de l'Estrie ; Victor Chabot, Président régional des jeunes péquistes du Centre-du-Québec ; Marc-André Bouvette, Président régional des jeunes péquistes de la Mauricie ; Marc-André Michaud, Président régional des jeunes péquistes de Lanaudière ; Pierre Norris, Président régional des jeunes péquistes des Laurentides; Kathleen Nadeau-Richard, Présidente régionale des jeunes péquistes de la Montérégie; Anis Telmat, Président régional des jeunes péquistes de Laval; Marcos Archambault, Président régional des jeunes péquistes de Montréal-Ville-Marie; Jérémie Dunn, Président régional des jeunes péquistes de Montréal-Centre; Joël Morneau, Président régional des jeunes péquistes de l'Abitibi-Témiscamingue ; Marc-André Provost, Président régional des jeunes péquistes de l'Outaouais.

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