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Nous attendons l'appel...

11/11/2014 09:12 EST | Actualisé 11/01/2015 05:12 EST

Il y a de cela trois ans hier, le 10 novembre 2011, s'entamait l'un des plus grands mouvements sociaux de l'histoire contemporaine du Québec. Par cette journée froide et pluvieuse, 30 000 étudiants marchaient, carré rouge fièrement épinglé sur le torse, dans les rues de Montréal pour dénoncer une politique inacceptable menaçant l'accessibilité aux études. Sans le savoir, nous lancions alors un mouvement sans précédent qui allait paralyser le Québec et monopoliser le débat public pendant plusieurs mois.

Malgré la grève, les manifestations, les casseroles et les négociations, toute une génération était sciemment ignorée par le gouvernement en place. Ce que certains qualifient de crise sociale n'a pris fin qu'avec l'élection du Parti québécois le 4 septembre 2012. Cette élection, gagnée notamment grâce au mécontentement de la population à l'égard du gouvernement Charest (allégations de corruption et crise sociale causée par ce même gouvernement) était l'un des espoirs de plusieurs milliers d'étudiants qui voyaient en l'élection du Parti québécois une certaine forme de victoire. Nous avions réussi à faire annuler la hausse massive des droits de scolarité. Nous avions été entendus.

Suite à l'élection de ce nouveau gouvernement, nous sommes plusieurs à avoir vu l'élection de ce parti au pouvoir comme une opportunité de poursuivre un idéal. Le Parti québécois était alors devenu le véhicule d'une frange du mouvement porté par les étudiants en 2012 et, comme plusieurs, j'ai décidé de mettre l'épaule à la roue et de joindre les rangs du PQ. Je siège maintenant sur l'exécutif national des jeunes et du parti.

Pourtant, comme quantité de jeunes de ma génération, je suis toujours en quête d'un projet mobilisateur. Cette génération, que l'on pensait individualiste et que l'on étiquetait d'enfant-roi, la seule à s'être mobilisée massivement depuis bien longtemps, est dans l'attente d'un projet porteur pour le Québec.

Deux ans après ce printemps mouvementé, de retour avec un gouvernement qui fait de l'austérité une religion au détriment du bien-être collectif, nous sommes tombés de haut. Je considère, sans l'ombre d'un doute, que le dernier espoir de ne plus voir notre belle nation gérée comme une entreprise au bord du gouffre financier réside en l'élection du Parti québécois en 2018. Je m'attirerai très certainement les foudres d'une certaine gauche montréalaise, mais il faut être réaliste : le Parti québécois est, et demeure, la seule alternative sociale-démocrate qui exerce un réel contrepoids au Parti libéral.

Nous sommes plusieurs à attendre l'appel. Nous sommes des forces vives qui demandent à être inspirées. Nous sommes maintenant prêts à participer à la construction de la nation québécoise. Le Parti québécois doit démontrer à cette génération d'étudiants et de jeunes travailleurs, que l'on avait écartée du processus décisionnel depuis si longtemps, que la mobilisation et la poursuite d'un idéal collectif ne doivent pas seulement se créer qu'en temps de crise.

Candidats à la course à la direction du Parti québécois, ceci est un message que je suis certaine ne pas être la seule à vouloir vous adresser : je suis foncièrement militante, et résolument souverainiste. Et pourtant, je suis, comme plusieurs, dans l'attente de cet idéal collectif qui pourrait modifier l'échiquier politique des décennies à venir. J'embrasse cet espoir que l'un de vous proposera un projet social enivrant qui nous mènera à parachever la démarche souverainiste: la création de l'État québécois.

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