Sophie Tarnowska

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Papa est parti faire sa ronde...

Publication: 8/04/2012 09:00

J'ai toujours admiré mon père. Oui, ça manque peut-être d'originalité, après tout, toutes les petites filles adorent leur papa. Mon père avait plus d'un avantage sur ma mère. D'abord, la distance. Avec sa profession de correspondant à l'étranger, il vivait à l'autre bout du monde et ses défauts me paraissaient aussi rares que ses visites. Quant à ma mère, elle n'aidait pas les choses en m'oubliant plus d'une fois à l'école et en me préparant des sandwiches assez douteuses pour l'heure du dîner...

Aujourd'hui, moi-même maman, je tente d'organiser la boîte à lunch de ma fille pour que celle-ci soit remplie de sandwiches alléchantes. De plus, je ne l'ai jamais oubliée à l'école... Cela dit, je possède un important trait en commun avec ma mère: je suis constamment présente -- tandis que le papa de ma fille, lui, habite à l'étranger.

Notez que je ne suis pas mécontente d'être presque entièrement responsable de l'éducation et de la formation de mon enfant, mais lorsque papa débarque, il suscite la même joie chez ma petite que si Justin Bieber venait de chanter « Baby, baby, babeeeeeeee » en direct de notre salle à manger. Papa, c'est l'équivalent du père Noel, d'une caisse de Nutella, et de Justin Bieber... tout-en-un.

Lorsqu'ils sont ensemble, elle a toute son attention, non seulement parce qu'elle lui manque atrocément, mais parce qu'il n'a pas de repas à préparer durant ce temps, ou encore de linge à plier... Et (je l'admets aussi), il n'a pas de textos à envoyer ou de page Facebook à vérifier. Ils passent leur temps à aller au zoo et font la visite de tous les parcs d'aventure dans un rayon de 300 km. C'est du « Daddy Wonderland ».

De mon côté, je suis toujours présente physiquement, mais pas toujours présente mentalement. Je ne m'allonge pas souvent à côté de ma fille pour dessiner et il est rare qu'on me retrouve enfouie sous les coussins du canapé à construire une forteresse avec elle. Je réchauffe plutôt son souper (oui je « réchauffe » ) ou je vide le lave-vaisselle, tout en lui criant d'aller se brosser ses dents pour la cinquième fois en autant de minutes.

Nos expériences comme parent sont tellement différentes que lorsque je raconte les excès de colère de ma fille à son père, il est carrément choqué! « Mais elle ne se comporte jamais comme ça avec moi! ». Ben non... Quel enfant serait assez stupide pour engueuler le père Noël?

Oui, je me sens souvent coupable de ne pas être aussi amusante que papa. Plus elle me gâte à la fête des mères, plus je suis hantée par toutes ces fois où j'ai perdu patience. Je sais bien qu'elle a encore besoin de sa maman, mais ces jours-ci, j'entends souvent des « non ! », des « t'es la plus méchante maman au monde! », pendant qu'elle frappe des pieds comme une danseuse de claquettes dévergondée.

J'observe mes amies qui semblent élever leurs enfants avec des réserves de patience que je n'ai pas toujours, au point où je suis tentée d'aller espionner leur armoire de salle de bain pour savoir de quels sédatifs elles se gavent.

Mais la vérité, c'est que tout comme lorsqu'elle est née, alors que je n'avais aucune idée comment la tenir ou changer sa couche, je confronte tout simplement une nouvelle phase d'apprentissage. Et j'apprends beaucoup de choses, entre autres que le rôle d'un parent n'est pas seulement d'éduquer ses enfants, mais de leur permettre de nous éduquer aussi.

 

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