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Marcus Miller, l'inspiré, au Festival de jazz de Montréal

07/07/2016 10:04 EDT | Actualisé 07/07/2016 10:12 EDT

Du rythme, encore du rythme, toujours plus de rythme... Marcus Miller sait ce qu'il en est du jazz. Il en compose, il en joue, il en arrange, il en produit, il en respire... Sur sa guitare basse (mais pas seulement), et avec sa bande de quatre interprètes exceptionnels (à la batterie, au clavier et aux cuivres [trompette, saxophone et un peu clarinette]), il a véritablement soulevé la salle du théâtre Maisonneuve au Festival de jazz de Montréal.

Le superbe concert qu'il a offert n'a pas démenti sa réputation qui veut qu'il soit l'un des meilleurs musiciens et compositeurs groove du monde. Loin de là. Parce que du rythme... on peut dire qu'il en a. Ce New-Yorkais multi-instrumentiste est non seulement un bassiste incroyable mais aussi un compositeur et un arrangeur génial (et accessoirement un producteur) qui a joué, écrit ou collaboré avec les plus grands, de Miles Davis à Aretha Franklin, en passant par Luther Vandross, Al Jarreau et bien d'autres.

marcus miller

Au Festival de jazz de Montréal, il a présenté quelques morceaux de son dernier album Afrodeezia et repris d'autres de ses créations plus anciennes. Les spectateurs avaient bien du mal à rester immobiles sur leurs fauteuils en l'écoutant.

Dans Afrodeezia, au-delà du jeu de mots, on entend bien Afrique. Dans un français très convenable (et aussi en anglais), Marcus Miller a expliqué son désir de remonter à ses racines, celles des esclaves ramenés du continent noir. Au Sénégal, il a été touché par la visite de la maison des esclaves, un lieu qui conserve encore les traces de la souffrance subie par ses ancêtres. Mais en dépit des difficultés, il faut toujours garder l'espoir, y compris aujourd'hui, clame Marcus Miller. Et de jouer ce jazz fusion où s'entendent quelques sonorités africaines, en jouant par moments sur une drôle de guitare basse, faite d'une peau tendue sur une longue calebasse comme le sont les instruments traditionnels de ce grand continent.

Tous les morceaux interprétés étaient comme des jam sessions, ou les instruments de la bande de Marcus Miller entrent en dialogue entre eux, expriment leurs émotions à tour de rôle pendant que les autres écoutent en jouant plus doucement, improvisent, parlent et se répondent. On passe des rythmes soutenus à des moments plus soft, et après que la salle se soit échauffée à la suite de l'un ou l'autre solo remarquable, la conversation reprend entre les instruments pour ne jamais devoir s'arrêter vraiment...

Avec les très beaux éclairages du théâtre Maisonneuve, Marcus Miller et sa bande ont offert le meilleur d'eux-mêmes. Encore un de ces concerts exceptionnels que le festival international de jazz de Montréal est capable de présenter.

Cet article a aussi été publié sur info-culture.biz

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