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Hamlet revisité au théâtre La Chapelle

05/04/2017 09:26 EDT | Actualisé 05/04/2017 09:26 EDT

On n'en est pas à la première ni à la dernière réinterprétation du Hamlet de Shakespeare, La Tragique Histoire d'Hamlet, prince de Danemark, dans son titre intégral en français. Cette pièce longue, près de quatre heures, et riche d'une trentaine de personnages au moins, se réduit ici, sous le regard de François Blouin et de Marc Beaupré (interprète de Hamlet), à un monologue du héros, seulement accompagné de la trace des autres personnages dans une installation vidéo qui se crée en partie, en direct, devant les yeux des spectateurs.

hamlet

Le prince mélancolique, tout vêtu de noir, manifeste son principal symptôme sur scène, celui du doute chronique qui produira bien des morts autour de lui, et raconte son histoire et celle qui porte la tragédie conçue par Shakespeare dans la pièce.

Malheureusement, le texte qui aurait pu, selon moi, faire preuve de bien plus de liberté et d'originalité - tout en suivant Shakespeare -, mais en insistant sur cette indécision morbide du personnage, ne donne que l'impression qu'on nous raconte les grandes lignes de la pièce, sorte de Reader's Digest pour les spectateurs trop paresseux pour la lire ou l'apprécier en entier.

Tous les principaux épisodes sont là, pas forcément dans leur ordre originel. Ainsi, on commence par apprendre la manière dont le roi, père de Hamlet, s'est fait assassiner par son frère pour s'approprier non seulement sa couronne, mais la reine. Puis, c'est l'apparition du spectre, la pièce dans la pièce, l'exil de Hamlet, la mort du père d'Ophélie, le suicide de celle-ci, le duel qui tourne au massacre à la fin, et j'en passe... L'essentiel est là. Malheureusement, le texte qui aurait pu, selon moi, faire preuve de bien plus de liberté et d'originalité - tout en suivant Shakespeare -, mais en insistant sur cette indécision morbide du personnage, ne donne que l'impression qu'on nous raconte les grandes lignes de la pièce, sorte de Reader's Digest pour les spectateurs trop paresseux pour la lire ou l'apprécier en entier. Du coup, cet aspect du texte m'a paru de très peu d'intérêt, plein de longueurs malgré la brièveté du spectacle, mais heureusement, sauvé par les effets vidéo qui présentent, quant à eux, une certaine originalité.

Sans aucun décor, que la noirceur de la scène et du fond, avec un rideau transparent qui sert d'écran et laisse voir le personnage de Hamlet nu-pieds avec une sorte de kimono noir; son image, ses mouvements, souvent chorégraphiés, viennent se combiner sur l'écran pour former des silhouettes reconnaissables, mais presque abstraites, dont les contours blancs se mêlent les uns aux autres pour former une danse et offrir une certaine atmosphère assez intéressante. L'attention est mise sur ces immenses silhouettes dessinées qui se meuvent, apparaissent, disparaissent, se métamorphosent. La musique est à peine audible et produit une impression de lourdeur spectrale à la vue de tous ces genres fantômes ou de fantasmes, peut-être sortis de la tête du jeune roi fou. Le brouillard représenté sur l'écran les soirs d'apparition du spectre est particulièrement saisissant. Quant au reste, il forme un ensemble assez beau, mais un peu répétitif en dépit du très gros travail technique auquel il oblige certainement.

Hamlet_Director'cut, du 3 au 14 avril 2017, au théâtre La Chapelle à Montréal

D'après William Shakespeare dans une traduction de Jean Marc Dalpé

Production Terre des Hommes

Mise en scène et adaptation François Blouin et Marc Beaupré

Interprétation Marc Beaupré

Scénographie et conception visuelle François Blouin

Programmation créative et régie Jonathan Jeanson, Hugo Laliberté

Conception sonore Nicolas Letarte-Bersianik

Conseil à la dramaturgie et assistance à la mise en scène Nicolas Guillemette

Soutien à la production Xavier Inchauspé

Information : http://lachapelle.org/fr/calendrier/hamlet

Cet article a aussi été publié sur info-culture.biz

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