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BJM: trois superbes chorégraphies de danse contemporaine

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Au rythme saccadé et lancinant d'une musique aux accents traditionnels sortie du fin fond d'une forêt amazonienne ou autre, une tribu sauvage et inquiétante semble invoquer ses divinités étranges.

Le chorégraphe brésilien Rodrigo Pederneiras est très influencé par la culture amérindienne de son pays. Les tatouages géométriques ornent les visages et les costumes des quatorze danseurs, garçons et filles.
On entend les bruits d'une forêt luxuriante mais aussi inquiétante, une musique de respiration haletante. La lumière rouge envahit la scène où les corps des guerriers, dans une coordination parfaite, marchent et évoluent en passant de la légèreté du félin à la lourdeur menaçante.

danse danse

Dans cette «forêt de rubis», des couples semblent accomplir quelque rite de fécondité et vont jusqu'à la transe. Pendant 35 minutes, c'est tout un jeu rituel qui produit la fascination du spectateur pour une chorégraphie qui mêle la capoeira et la danse de célébration des victoires avec la samba ou la danse de salon, en évoquant la culture de l'autre afro-brésilien à la fois inaccessible et proche.

Itzik Galili

Plus courte mais incroyablement virtuose est la pièce du chorégraphe israélien Itzik Galili.

Un couple de danseurs exceptionnels, Céline Cassone et Mark Francis Caserta, dansent jambes nues, revêtus d'une sorte de pourpoint renaissance aux tons harmonisés allant du rouge à l'ocre en passant par le mauve et le bordeaux. Visuellement, l'harmonie est parfaite.

La danseuse chausse des pointes. Le danseur exhibe une musculature et une maîtrise admirables. Mais la prestation en apparence très classique est parasitée par des bruits de déchirure, de tintements ou de frappe de machine à écrire qui semblent provoqués par les mouvements des corps eux-mêmes. Ce mélange hypnotise et fait montre de beaucoup d'humour.

Les contorsions sont incroyables, les corps élastiques et la performance d'une intensité rare. Les huit minutes de cette pièce intitulée Mono Lisa ont subjugué la salle et les «bravos» mérités ont fusé de toute part à la fin de cette deuxième pièce du spectacle.

Adonis Foniadakis

Pour la troisième pièce du chorégraphe grec Adonis Foniadakis, la troupe de danseurs entre en scène habillés de pantalons et de vestes noires, signés du couturier Philippe Dubuc.

L'atmosphère est relativement sombre et ce sont les parties blanches des corps, bras, visages et torses nus sous les vestes que l'on voit surtout par contraste. La moindre parcelle des corps des quatorze danseurs s'agite à un rythme effréné. Les mouvements très rapides sont mécaniques, presque ceux de robots; les corps disloqués, écartelés, comme perturbés par des secousses électriques.

C'est une image du chaos primordial que nous présente la pièce - chaos qui ne manque pas de beauté-, avant l'harmonie du kosmos où une sorte de nuit étoilée se reflète sur les corps composant des tableaux lumineux. Les tensions sont relâchées, l'agitation calmée.

Qu'on ne s'y trompe pas, les Ballets Jazz de Montréal (BJM), sous la direction artistique de Louis Robitaille, sont une troupe qui s'exprime avec virtuosité et une incroyable endurance dans tous les types de danse, du classique au plus contemporain.

Les trois pièces très différentes présentées pour quatre représentations seulement au Théâtre Maisonneuve sont la démonstration de leur qualité artistique. Des prestations qui ont enthousiasmé les spectateurs à la première du 2 décembre 2015 à Montréal.

Cet article a aussi été publié sur info-culture.biz

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