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Raymond Gravel atteint d'un cancer: Courage, monsieur l'abbé !

26/10/2013 01:17 EDT | Actualisé 26/12/2013 05:12 EST

Je viens tout juste d'apprendre avec tristesse que l'abbé Raymond Gravel est atteint d'un cancer du poumon de stade 4 avec métastases. Peut-être que dans ces circonstances, il faut se garder une petite gêne et ne rien dire. Mais il me semble qu'avec lui qui n'a jamais eu peur de s'exprimer sur des sujets difficiles, c'est différent. Je me permets donc d'écrire ces quelques mots.

Comment ne pas penser au mot « courage » quand on évoque le nom de ce prêtre original. Il incarne ce mot autant par sa façon de mordre dans la vie que dans sa manière de faire face à la maladie alors que les pronostics ne sont pas bons. Même aujourd'hui, tout en regardant la possibilité de mourir droit dans les yeux, il ne renie pas sa peur de souffrir.

Raymond Gravel n'est pas parfait et c'est avec cette prémisse qu'il a entamé sa vie publique de prêtre et de député. C'est de manière totalement assumée qu'il a étalé ses squelettes au vu de tous plutôt que de les garder dans le placard comme la plupart des gens. Il parle de son passé de délinquant, d'escorte et de ses expériences psychédéliques en toute candeur. « Moi, dans la vie, je voulais tout expérimenter, tout essayer. Eh bien... c'est ça: j'ai tout essayé ! » qu'il dit, avec un petit sourire en coin, nous laissant le soin d'imaginer un passé peut-être plus rocambolesque que la réalité. Et quand il parle de Dieu, il le fait avec une telle bienveillance que ça donne envie d'être croyant, sans pour autant se sentir jugé ou coupable d'être athée.

Il a parfois de drôles d'opinions sur l'actualité mais elles sont toujours sincères et il faut dire que ses prises de position libérales par rapport à l'Église sont admirables. Il y a aussi son humour. Les quelques fois où je l'ai interviewé, il m'a bien fait rire. Par exemple, quand je lui ai demandé il y a près d'un an à la radio ce qu'il pensait de la chasteté chez les prêtres, il a esquivé la question en déclarant « Vous savez, à mon âge, même si je le voulais, il ne se passe pu grand chose de ce côté-là ! ». Bref, le genre de réponse qui fait figer un cardinal; j'adore.

Aujourd'hui, il y a le souvenir d'une de ses affirmations qui me pince un peu plus le cœur et c'est de celle-là : « J'ai eu tous les vices... il ne m'en reste plus qu'un : la cigarette. » J'espère qu'il ne s'en veut pas trop d'avoir fumé. Alors qu'il combattait la même sale maladie, mon père, un homme d'une certaine sagesse, m'avait dit que la cause de son cancer n'était pas seulement la cigarette, mais aussi et surtout ; les soucis inutiles. Si c'est le cas pour Raymond Gravel, qu'il sache qu'il n'est pas seul. On a tous, sans exception, tendance à accumuler les soucis inutiles et à oublier de vivre, de juste vivre.

Si vous lisez ces lignes, monsieur Gravel, sachez que je suis avec vous de tout coeur en ce moment. Je vous souhaite de traverser cette expérience, l'une des plus extrêmes dans une vie, avec courage et surtout, beaucoup de douceur envers vous-même. De ça aussi, qu'on soit malade ou non, on en a tous besoin.

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