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Pas question de saborder Option nationale

17/08/2013 12:49 EDT | Actualisé 16/10/2013 05:12 EDT

La course à la chefferie d'Option nationale sera l'occasion de nourrir des débats d'idées. Ce sera bon pour nous ainsi que pour tous ceux qui suivront nos échanges d'un peu plus loin. Un de ces débats incontournables sera celui qui portera sur l'union de nos forces militantes. Ça tombe bien, c'est aussi un débat de fond pour tout le mouvement indépendantiste.

Pourquoi Option nationale?

Option nationale a été créé pour faire renaître le mouvement indépendantiste qui s'était perdu depuis 1995 dans les méandres d'un souverainisme démissionnaire, recroquevillé en petite boule dans son lit, obsédé par ses complexes et esclave du regard que les autres posaient sur lui.

Nous ne voulons pas d'une souveraineté plus ou moins élastique, nous voulons une indépendance franche. Nous voulons un pays qui nous ressemble, pas un pays qui nous ligote. Le temps de la dépendance a assez duré, le Québec est rendu ailleurs. Là-dessus, à ON, nous sommes pas mal d'accord.

Le principe fondamental de la démarche d'Option nationale, c'est que la démocratie québécoise prime tout autre cadre législatif. La démocratie au Québec, c'est le pouvoir aux peuples du Québec. Point barre. Tout ce qui nie ce principe est illégitime et doit être reconnu comme tel.

C'est autour de cet esprit que nous devrons rallier une majorité de Québécois. Notre devoir d'indépendantiste est de faire primer cette cause sur toutes autres considérations partisanes. La question, maintenant, est de savoir comment cette alliance se concrétisera.

Trois voies possibles pour les indépendantistes

> Une composante de proportionnalité dans le mode de scrutin

La meilleure façon de faire élire le plus grand nombre d'indépendantistes possible au Parlement, pour enfin se donner un pays, est d'instaurer une composante de proportionnalité dans le mode de scrutin. Le modèle catalan a sur ce point des leçons à nous donner. Plus besoin d'avoir un seul parti qui tente de plaire à tout le monde sur les questions de gouvernance. Le scrutin proportionnel permettrait aux indépendantistes de voter pour leur parti préféré sans «diviser» le vote indépendantiste. Nous aurions au gouvernement une coalition de partis qui s'entendent sur un point essentiel : réaliser l'indépendance. Ce serait la façon de ratisser le plus large électorat possible en faveur de l'indépendance. Pas de doute là-dessus. Mais bon, le Parti québécois, actuellement au pouvoir, a retiré cette idée de sa plateforme en 2011 après l'avoir tablettée depuis sa fondation. Il faut croire qu'ils sont décidés à nous mettre des bâtons dans les roues.

> Rallier tout l'électorat indépendantiste à Option nationale

L'autre possibilité est qu'Option nationale continue de se développer pour éventuellement remplacer le Parti québécois et Québec solidaire auprès de l'électorat. Nous avons tout ce qu'il faut pour y parvenir, ce n'est qu'une question de temps. Nous ne nous serions pas lancés dans cette aventure si nous n'étions pas convaincus que cet objectif est à notre portée. Le temps nécessaire dépendra de l'audace des électeurs. Oui, c'est à prendre comme un défi.

> Créer un nouveau parti de coalition

Comme la gouvernance souverainiste de la direction péquiste semble trop attachée à la monarchie britannique pour refuser de nous sortir du scrutin uninominal à un tour à la canadienne, il est possible que nous devions faire une coalition à l'intérieur d'un même parti franchement indépendantiste. Et non - n'en déplaise à Mme Marois - ce parti n'existe plus. Même que le cadavre commence à sentir un peu fort.

Mais si nous sommes sérieux lorsque nous prétendons mettre la cause au-dessus du parti, nous devons envisager une telle éventualité.

Deux erreurs à éviter

> Mettre de l'eau dans son vin

«L'eau que l'on met dans le vin, on ne peut pas l'en retirer.» Toute tentative de fusion ou de «front uni» qui mènerait à une javellisation de notre démarche indépendantiste décrite plus haut, serait l'équivalent de tuer dans l'œuf la renaissance du mouvement indépendantiste qu'Option nationale a amorcée. Nous y avons mis trop d'efforts, c'est trop beau et noble, pas question de saborder cette belle aventure. Le peuple québécois est en train de reprendre son élan. Gare à celui qui tentera de lui faire une jambette; il nous trouvera sur son chemin.

> Mettre le parti devant la cause

Par ailleurs, si nous nous attachons davantage au parti qu'à notre cause, nous finirons comme le parti qu'a fondé René Lévesque, nous nous draperons dans l'illusion de lutter pour la libération de notre peuple, en mettant plutôt le couvercle sur son indépendance. De ce rêve-là, il semble très difficile de se réveiller. Qui sommes-nous pour prétendre que ce serait plus facile pour nous dans 20, 30 ans? Le mieux reste de ne pas s'endormir.

Être proactif pour le ralliement

Quelle que soit la forme que prendra le ralliement des forces indépendantistes, nous avons le devoir d'emprunter la voie qui nous mènera le plus vite à notre but, sans compromis sur l'objectif. Pour ce faire, Option nationale a le devoir de clarifier les conditions évoquées dans l'article 2 de ses statuts, qui démontre une ouverture à la collaboration avec d'autres partis qui opèreraient un virage indépendantiste. Il faut dire clairement ce qu'on entend lorsqu'on leur demande d'être «suffisamment indépendantistes». Ces conditions doivent être connues précises et élaborées de façon démocratique au sein du parti. Et, bien sûr, la décision finale de l'orientation que doit prendre Option nationale, ce sont les membres qui doivent la prendre.

Se saborder, c'est couler son bateau avant qu'il ne soit pris par l'ennemi. Option nationale, c'est le bateau de l'indépendance. Nous ne le coulerons pas, pas celui-là, pas cette fois.

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