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Les militants du PQ font-ils un pas vers la convergence des indépendantistes?

28/01/2015 08:34 EST | Actualisé 30/03/2015 05:12 EDT

Mardi, le rapport de consultation des membres du Parti québécois relayé en partie dans les médias révélait qu'une majorité d'entre eux veulent «un référendum à brève échéance». Évidemment, on ne sait pas grand-chose encore de la méthodologie de cette consultation interne, mais si elle s'avérait représentative de ce que pense la majorité de la base péquiste, cela pourrait-il être un premier pas vers le ralliement des indépendantistes ? Réactions sur trois éléments de ce coup de sonde.

1- Critique de l'ambiguïté sur l'indépendance

L'article de Radio-Canada qui résume le rapport laisse entendre qu'une majorité des militants pensent que l'ambiguïté au sujet de l'indépendance a contribué à plomber leur campagne d'avril dernier. Je partage ce constat. Entretenir le flou sur l'intention de tenir ou non un référendum n'a pas empêché les libéraux d'en faire l'axe principal des attaques contre le PQ. L'ambiguïté n'a pas réussi à dissiper la crainte du «chaos» qu'a réussi à alimenter M. Couillard.

La seule façon de dissiper l'ambiguïté dès maintenant, c'est d'assumer un engagement ferme à réaliser l'indépendance dans un premier mandat et de préparer dès maintenant l'électorat à cet enjeu pour 2018. Les poings levés et les fortes déclarations d'intentions ne remplaceront jamais un engagement clair. Nourrir l'ambiguïté; voilà qui jouera le jeu de nos adversaires.

2- On s'embourbe dans la mécanique ?

Selon ce document, indique Radio-Canada, « plusieurs » militants considèrent que le parti s'embourbe dans la mécanique référendaire. « La discussion sur l'échéancier référendaire occulte celle du bien-fondé de notre option », peut-on lire.

Je comprends les militants péquistes de vouloir évacuer ce sujet qui met toujours leurs dirigeants sur la défensive. Cela dit, la meilleure façon d'évacuer le débat, c'est d'avoir une position claire qui sort tout le monde du doute. Si le débat a lieu sur la mécanique référendaire, c'est parce que le PQ ne l'expose pas. C'est ce flou entretenu qui embourbe le débat. Si l'on veut se concentrer sur les enjeux réels et concrets de l'indépendance, il faut statuer sur la «mécanique» et passer à autre chose.

3- La promotion de l'indépendance suffira à rallier tous les indépendantistes

Entreprendre une promotion «active et décomplexée» de l'indépendance est évidemment un pas dans la bonne direction, mais il faudra aller plus loin pour recréer une coalition large d'indépendantistes. Il faudra pousser la cohérence jusqu'à prendre un engagement ferme de réaliser les idées dont on fait la promotion. En effet, si ces idées sont bonnes, nous devrions avoir confiance qu'elles récoltent un large appui lorsque nous les présenterons à nos concitoyens. Inscrire le doute et la peur de perdre dans notre démarche ne nous aidera pas à réaliser nos objectifs. La peur de perdre agit toujours comme une prophétie autoréalisatrice.

Bref, les militants du PQ font-ils un pas vers la convergence ? Oui. Reste-t-il encore des pas à franchir pour refonder une grande coalition d'indépendantistes et se remettre en marche vers le pays ? Oui.

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