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L'âme d'un territoire

25/09/2015 03:24 EDT | Actualisé 26/09/2016 05:12 EDT

simon pierre landry

La soirée se déroule au célèbre resto-bar «Les 2 Richards» - une véritable institution à Ste-Agathe-des-Monts. J'y suis pour le lancement annuel de la saison des Montagnards, l'équipe locale de hockey junior. Pendant trois ans, j'ai participé à cet évènement à titre de médecin de l'équipe. Mais cette fois-ci, c'est différent.

Pendant que je planifie un examen pour un joueur avec le nez cassé, j'explique au père d'un des membres de l'équipe comment le NPD souhaite aider le gouvernement du Québec à garder ses services de garde abordables.

Après la présentation de l'équipe, je me promène aux tables pour rencontrer le monde. Au début, j'avais peur de déranger les gens, mais je me suis rapidement rendu compte que ces derniers s'attendent à ce que nous venions à leur rencontre lors de tels évènements. Non seulement ils s'y attendent, mais ils verraient d'un mauvais œil que je ne vienne pas les voir.

simon pierre landry

En fait, la plupart des gens souhaitent discuter de la campagne actuelle.

«Prendre le temps d'écouter et de comprendre les multiples enjeux locaux est un réel privilège.»

Quand ce n'est pas aux évènements communautaires, plusieurs profitent de l'ouverture de l'un de nos deux bureaux de campagne pour venir me rencontrer afin de me faire part de leur réalité et leurs défis. Une proximité émerge de ces rencontres et me permet de mieux saisir la nature du travail de député.

L'autre jour, j'ai reçu un appel d'une dame me demandant de rencontrer un jeune homme en difficulté. Mon adjointe a bien tenté d'expliquer que j'étais candidat, et non pas député en fonction, mais devant l'insistance de la dame, je me suis déplacé pour une visite à domicile.

En entrant dans son appartement, au deuxième étage d'un vieil escalier en bois, on comprend que cet homme n'a pas eu une vie facile. Le cycle de pauvreté et de maladie dans lequel il est maintenu prisonnier ne pourrait être brisé par la prescription d'un médicament.

Cependant, la sensibilisation et l'implication d'un élu pourraient lui permettre d'accéder à un logement abordable, lui donnant ainsi les conditions nécessaires pour se structurer et pouvoir ainsi réintégrer le marché du travail. Cette rencontre m'a démontré une fois de plus que les solutions aux problèmes de plusieurs de mes patients se trouvent à l'extérieur des murs de l'hôpital.

La campagne fédérale permet non seulement ce type d'entretiens avec les citoyens, mais elle nous donne également une carte de visite pour rencontrer les élus municipaux. C'est par des rencontres avec les conseillers et les maires que j'obtiens de l'information sur les dossiers prioritaires, qui diffèrent de municipalité en municipalité. En fait, rien de mieux que d'être directement les pieds sur le terrain avec les élus pour comprendre les enjeux.

Sur le perron de l'Église de Chute-St-Philippe, j'essaie les deux bras en l'air d'obtenir une connexion cellulaire afin de prévenir ma conjointe de mon retard. L'amplificateur cellulaire local étant situé sur le clocher, il s'agit du seul endroit du village où il est possible de se connecter au réseau.

Le jeune et dynamique maire M. Normand St-Amour venait tout juste de m'expliquer que les difficultés d'accès à un service internet haute vitesse limitent grandement la venue de jeunes familles et de retraités dans sa municipalité. Alors que l'internet est devenu un service essentiel comme l'électricité ou l'eau courante dans les grandes villes, il est outrageant qu'en 2015, nos petites municipalités soient encore laissées derrière.

Prendre le temps d'écouter et de comprendre les multiples enjeux locaux est un réel privilège. Cela permet de mettre des visages sur le territoire, sur ses habitants, ses paysages et ses défis.

La voix profonde de Serge Bouchard, célèbre anthropologue, résonnait dans la petite chapelle de Nominingue: «Il faut savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va». Nos forêts laurentiennes, avant les multiples coupes de bois, étaient jadis peuplées de chênes, rappelait-il. Ses mots me reviennent en tête tandis que le conseil municipal de Mont-Laurier m'explique les incertitudes liées à l'approvisionnement de nos scieries locales. Les enjeux d'environnement, sociaux et d'emplois sont tous interconnectés et l'un ne va pas sans l'autre.

Je l'ai déjà dit, je vis et je me présente dans une circonscription rurale. J'ai décidé de m'y installer pour la qualité de vie et le sentiment communautaire qu'on y retrouve.

Une poignée de main à la fois, je saisis mieux l'âme de cette communauté.

C'est ainsi que j'espère obtenir le privilège de pouvoir la représenter.

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