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Agrile du frêne: des dommages incommensurables

24/04/2014 12:29 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Vous en avez certainement entendu parler, du moins vaguement : l'infestation par l'agrile du frêne est en train de prendre des proportions très importantes à Montréal.

Cet insecte ravageur menace l'ensemble des frênes sur le territoire de la métropole, soit 300 000 arbres - dont plus de 25 000 sur le Mont-Royal seulement. Oui, vous avez bien lu. 300 000 arbres. Et lorsqu'un frêne est infesté au-delà d'un certain seuil, il n'y a aucun remède possible. Il doit être abattu.

Il serait facile de caricaturer cet enjeu et d'en faire une simple question d'écolos au cœur tendre et de tree huggers. La réalité est beaucoup plus complexe et inquiétante. La canopée urbaine nous fournit des bénéfices incommensurables, non seulement en termes environnementaux et de qualité de vie, mais aussi en termes économiques et de santé publique.

En effet, la présence d'arbres dans un quartier ajoute de la valeur aux immeubles qui s'y trouvent, parfois de l'ordre de plus de 10%. Et pour cause. Ils produisent évidemment de l'oxygène, mais aussi de l'ombre et de la fraîcheur dans des endroits qui deviendraient autrement des îlots de chaleur. En ce sens, ils contribuent donc à notre santé respiratoire. Les zones plantées d'arbres contribuent aussi à retenir l'eau de pluie, et donc à lutter contre les inondations et les débordements d'égout. Pour les résidents comme pour l'administration, c'est tout bénéfice. Bien qu'il soit très difficile d'en estimer la valeur monétaire, différentes sources l'évaluent à plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de dollars. Par arbre. Faites le calcul. C'est vraiment aussi simple que ça : notre canopée urbaine se traduit en espèces sonnantes et trébuchantes, dans nos poches et dans les coffres du Trésor public.

Nous pouvons légitimement espérer que les frênes coupés seront remplacés. Et que l'on ne répètera pas la même erreur que par le passé en ayant recours à la monoculture : nous devons planter différentes essences afin de limiter les dégâts potentiels d'une future infestation. Mais il faudra des années, des décennies en fait, avant que les jeunes pousses que nous planterons demain puissent nous fournir les mêmes bénéfices que les arbres matures que nous couperons aujourd'hui.

C'est pourquoi nos décideurs publics doivent mettre sur pied une stratégie globale et agressive. Il en coûtera systématiquement moins cher de prendre les moyens pour endiguer le plus longtemps possible l'infestation, tout en accélérant le rythme de remplacement de nos arbres, que d'attendre les bras croisés pendant que notre canopée (et les avantages qu'elle nous procure) sont réduits comme peau de chagrin. Il est temps de passer en deuxième vitesse. Les gouvernements fédéral et provincial, et pas seulement les municipalités concernées, doivent être mis à contribution : ces ordres de gouvernement bénéficient eux aussi de la canopée.

Les citoyens ont donc le devoir de faire pression sur tous leurs élus afin de s'assurer que cet enjeu s'inscrive à l'agenda de nos débats et se maintienne non seulement dans l'actualité mais aussi au sommet des priorités des nos administrations publiques.

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