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Debout pour nos ressources naturelles, Debout pour notre richesse collective !

18/08/2012 10:52 EDT | Actualisé 18/10/2012 05:12 EDT
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À Québec solidaire, nous voulons des changements fondamentaux dans l'utilisation de nos richesses naturelles. En discutant avec les citoyens et les citoyennes dans Taschereau, on réalise que beaucoup de gens sont sensibles à cet enjeu. Il faut le dire et le répéter; le territoire québécois - son sous-sol, son eau, ses forêts, ses paysages, sa biodiversité - c'est un patrimoine et une grande richesse collective qui appartiennent à l'ensemble de la population québécoise. Ce sont des richesses publiques et il est simplement normal que l'utilisation de ces ressources profite à tous et à toutes.

Libéraux et péquistes ont toujours offert à bon marché nos ressources naturelles aux intérêts privés, du Québec et étrangers. Ce qui sort des forêts et des mines est exporté après peu ou pas de transformation. Alors qu'on nous laisse des forêts en piteux état et des dépotoirs miniers éternels dans le paysage, les bénéfices, eux, vont aux seuls actionnaires. Le principe est très simple : privatiser les profits et nationaliser les pertes.

La prédation de nos ressources naturelles par des intérêts privés doit cesser! Il nous faut parler de rupture avec les politiques libérales et péquistes qui ont permis le pillage de nos ressources naturelles sans égard aux impacts sur l'environnement et sur les personnes -- québécoises ou autochtones -- qui vivent sur le territoire. Je crois qu'il est temps de nous réapproprier collectivement la gestion et l'exploitation de nos ressources naturelles. Il est donc primordial que le pillage de nos forêts et la loi de l'exploitation minière libre (freemining) soient remis en question. Québec solidaire propose de hausser les redevances, mais envisagera aussi des nationalisations stratégiques.

L'exploitation des mines : le « Far West » libéral

Avec le Plan Nord, les libéraux nous proposent un « far west » à la sauce libérale. Le Plan Nord, c'est un bar ouvert sur nos ressources minières à des intérêts privés. Pour le Plan Nord, le Québec va dépenser des centaines de millions de dollars pour construire des routes et ainsi permettre aux investisseurs majoritairement étrangers d'exploiter nos ressources minières. Mais la faiblesse des redevances minières nous empêche de profiter des retombées de l'extraction de ces ressources. Pourtant, un bilan fortement positif des retombées de l'exploitation de ces importantes ressources naturelles nous permettrait de financer l'éducation, la santé et les programmes sociaux dont la population québécoise a besoin.

Le rapport annuel du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) de 2010-2011 montre que le Québec reçoit 336 millions en redevances minières. Pour administrer l'activité minière au Québec, le MRNF dépensait cette même année quelque 42 millions. Il faut ajouter à cela les 16 millions déjà dépensés pour le Plan Nord et considérer les millions que le gouvernement du Québec veut investir dans la construction et l'entretien des routes nordiques. Au final, il ne reste plus grand-chose pour la population québécoise.

Nos forêts qui ne nous rapportent rien

La forêt québécoise est une de nos plus grandes richesses et ressources renouvelables. Auparavant - et cela est devenu clair lors du débat autour de l'Erreur boréale -, le Parti québécois livrait nos forêts à la cupidité de l'industrie. Avant la crise forestière actuelle, à la fin des années 1990, l'industrie forestière avait en effet le vent dans les voiles. On parlait alors d'environ 400 millions de redevances versées par l'industrie au gouvernement, annuellement. De ce montant, 150 millions de dollars étaient redonnés en crédit de droits de coupe pour des travaux sylvicoles effectués par l'industrie. Il ne restait donc qu'autour de 250 millions de dollars dans les coffres de l'État. À l'époque, c'est ce même montant que le gouvernement dépensait, chaque année, simplement pour administrer la forêt québécoise. Bref, nos forêts ne nous rapportaient pas grand-chose.

Alors, imaginez en période de crise où l'industrie tourne au ralenti. Selon les chiffres du rapport annuel de 2010-2011 du MRNF, il a fallu dépenser 543 millions pour gérer la forêt québécoise alors que les redevances ne rapportaient que 172 millions au Trésor public. C'est scandaleux et ça met en lumière un véritable problème. Bien sûr l'activité forestière crée des emplois et des revenus pour l'État, mais le bilan de l'exploitation industrielle de cette ressource devrait être positif.

Je vous donne maintenant quelques exemples de réformes que Québec solidaire souhaite mettre en place :

- Instaurer des nationalisations stratégiques pour nous réapproprier certains secteurs névralgiques et encaisser ainsi des profits qui seront réinvestis au bénéfice de la population québécoise;

- Favoriser une transformation plus poussée des minerais et du bois pour créer au Québec plus d'emplois et de richesses;

- Se donner une Loi sur les mines et une Loi sur les forêts qui comportent de réels bénéfices pour la population québécoise;

- Donner un droit de veto aux collectivités concernées concernant les permis miniers;

- Favoriser un aménagement écosystémique des forêts sur l'ensemble du territoire québécois, compatible avec tous les autres usages de la forêt.

Tout cela est nécessaire parce que nous partons de loin. Il est temps de mettre fin aux vieux systèmes des privilèges industriels. C'est la raison pour laquelle ces réformes, simplement normales dans un Québec adulte et vacciné du XXIe siècle, sont véritablement révolutionnaires. La proposition de Québec Solidaire est simple : se tenir DEBOUT pour protéger nos ressources http://www.youtube.com/watch?v=svaLwaw05b8