Serge Roy

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Taschereau a besoin d'un réel changement!

Publication: 11/08/2012 11:55

Voilà que - sondages à l'appui - la grande presse fait tout un plat de la CAQ et de sa possible percée durant cette première semaine de campagne, en s'extasiant devant l'effet d'entraînement de la candidature de Jacques Duscheneau.

Devant tant de jugements admiratifs dans les médias, il faut mettre un bémol, car dans les faits le parti de François Legault appartient à ce qu'on appelle à Québec solidaire « les vieux partis ».

Si l'arrivée de Jacques Duchesneau a été présentée comme «une belle prise», on a oublié de dire que son engagement, largement improvisé, se concrétisera dans un parti dont toutes les grandes orientations tendent à réinstaller les conditions alimentant la corruption et les vieilles manières de faire de la politique.

Le problème, ce n'est pas Duchesneau en lui-même, mais « Duchesneau plus la CAQ ».

Dans un tel contexte, jusqu'où pourront aller les engagements de Duchesneau pour lutter contre la corruption ? Pas très loin, puisqu'il a rejoint un parti « néolibéral » qui favorise le laisser-faire économique (c'est-à-dire l'absence de contrôles étatiques) et reconduit le vieux modèle politicien très hiérarchisé voulant que quelques fortes personnalités décident de tout; favorisant ainsi l'arbitraire au gré de leurs humeurs (voir ses déclarations sur son rôle de vice-ministre !). Il n'y a pas là un grand progrès!

Autre thème chaud: le thème de la corruption et des relations du Parti libéral avec le monde interlope. C'est remarquable puisque que Jean Charest avait tout fait pour l'éviter, notamment en lançant des élections en plein mois d'août, de manière à prendre de vitesse la commission Charbonneau. Mais voilà que la question refait surface. Cette fois-ci, c'est avec l'affaire de la filature d'Eddy Brandone (ex-dirigeant de la FTQ construction) en mars 2009. Filature qui a été brusquement interrompue après que ce dernier ait rencontré Jean Charest en marge d'une réunion avec des dirigeants Inuits.

Sans doute, beaucoup pourront dire qu'il s'agit d'une vieille histoire sortie tout droit du chapeau de Radio-Canada et qu'aucune preuve sérieuse n'autorise à conclure qu'il y a eu intervention du premier ministre. Sauf qu'il s'agit d'une histoire de plus, qu'on peut ajouter à une liste déjà longue, avec chaque fois le même constat : la malsaine proximité entre le monde de la politique et le milieu des affaires (et des affaires mafieuses). Souvenez-vous des cas de Normand Trudel (homme d'affaires lié à Tony Accurso et organisateur libéral), de Gaétan Paradis (entrepreneur prospère et organisateur de financement privé pour le Parti libéral) et de la famille Rizzuto se trouvant sur la liste des donateurs du parti de Jean Charest !Souvenez-vous du scandale de la fondation Catania!

Il y a donc péril en la demeure, d'autant que le parti libéral n'est pas le seul en cause. On le sait - Jacques Duchesneau l'a lui même évoqué - tous les vieux partis sont de près ou de loin touchés par des modes de financement plus ou moins illicites et malsains, la CAQ y compris (dixit Duchesneau).

Aussi à ce chapitre, Québec solidaire a de quoi être fier. Il est le seul parti qui, non seulement a échappé à ce fléau, mais aussi qui dispose dans son programme d'une série de mesures pour l'enrayer : réduction du seuil des dons individuels, augmentation des contributions publiques, contrôle de l'identité des donateurs, accroissement des ressources au DGE, etc.

En fait, Québec solidaire serait le meilleur rempart contre la corruption et le lobbyisme. Il est le seul qui a vraiment les mains propres et libres en la matière. D'où l'importance de le soutenir, et en particulier dans Taschereau.

À ce propos, j'aimerais répondre à ceux et celles qui prétendent que la première chose à faire dans cette élection c'est de ne pas diviser le vote, sous peine de laisser passer le candidat du Parti libéral. En fait, ils oublient un élément important. Le dernier article du Soleil (9 août) sur Taschereau l'a bien montré : il y a un tel éventail de candidats de poids dans le comté que le résultat du vote reste hautement indéterminé. Et cela donne une chance à Québec solidaire. À condition cependant que les progressistes du comté, les étudiants et étudiantes, les membres des organisations sociales et communautaires, et tous ceux et celles qui en ont assez des « vieux partis », décident d'opter pour Québec solidaire. Pour faire contrepoids aux vieilles recettes, ça prend une équipe solidaire forte à l'Assemblée nationale, une équipe qui saura se tenir debout pour les intérêts des citoyens et des citoyennes.

En serez-vous, contribuerez-vous à doter le Québec d'une équipe solidaire solide?

 

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