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Le Québec, de quel mal souffre-t-il?

Quel est donc l'intérêt de ces multiples lois sur le vivre ensemble?

24/11/2017 18:33 EST | Actualisé 27/11/2017 15:05 EST
Getty Images/iStockphoto

Ou l'idiot utile et l'idiot actif au service de l'idiot « futé »

L'idiot actif est dogmatique comme son vis-à-vis l'idiot utile, il ne fait pas dans la mesure ni dans la nuance. Ils se placent aux antipodes l'un de l'autre, mais ils se rejoignent dans les verdicts et les sentences qu'ils assènent comme des vérités absolues. Au contraire, l'idiot « futé », stratège et maître d'œuvre avisé, c'est lui qui mène la danse, il est l'instigateur en chef de la discorde ou de la diversion qui occupera les idiots de service.

L'idiot utile est porteur d'un étendard, celui du bienfaiteur et de l'ouvert sur l'autre. Il fera abstraction de ses croyances, de ses doctrines et de ses engagements, il les fera siennes parfois. Armé de bons sentiments, son engagement est altruiste. Il a de la compassion à profusion jusqu'à effleurer la condescendance.

L'opposé de l'idiot utile (et son repoussoir) est l'idiot actif. Il sait tout. Si le premier est au service du petit et du pauvre et de l'opprimé, le second est au service des valeurs dominantes de l'heure. Il se présente comme le garant et le protecteur de ces mêmes valeurs. Il est aussi le spécialiste de la chose étudiée ou débattue, comme le remarquait l'auteur Robert Musil.

Prisonnier de son propre point de vue, lequel organise son comportement, ses positions et sa vie. Il est capable de produire sur le monde des avis définitifs et sans équivoque c'est en cela qu'il est moralisateur.

L'idiot « futé », alias le gouvernement libéral du Québec, il n'arrête pas de lancer des chantiers politiques depuis son élection, il y a, maintenant, trois ans. Détrompez-vous, ce ne sont pas des projets pour améliorer le système éducatif ni retaper le système de santé ni pour diminuer le taux de chômage qui touche les immigrants et les communautés ethniques ni pour lutter contre l'évasion fiscale, ni contre la corruption.

NON!

Ses projets ne sont pas d'ordre social, il ne s'agit pas de lutter contre la paupérisation de la population ni contre la précarisation des travailleurs québécois ni contre la malnutrition, ni contre la pauvreté, ni contre les mauvaises conditions d'hébergement des aînés.

NON!

Il s'agit de chantiers d'ordre sociétal, c'est-à-dire de légiférer sur des questions du vivre ensemble, comme si les Québécois ne vivaient pas ensemble auparavant.

Cela a commencé en juin 2015 avec le dépôt du projet de loi No 59 concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours incitant à la violence pour aboutir à la loi No 62, reformulée en loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l'État. Entre les deux lois, le gouvernement administrait un traitement de cheval à la société instaurant une politique d'austérité qui donnera ses fruits sous la forme d'un appauvrissement général des personnes les plus vulnérables. On trouvera le résultat de cette politique dans L'enquête Bilan-Faim Québec 2017 : 1,9million de demandes d'aide alimentaire par mois. C'est quasiment le quart de la population qui se nourrit grâce à la charité (appelée banque alimentaire par euphémisme). Entre temps, on prescrit un traitement de choc à la scène politique et médiatique en créant la diversion. C'est là qu'on actionne les idiots de service et qu'interviennent l'idiot utile et l'idiot actif.

Dans l'arène médiatique, les sujets à débattre, censés être d'utilité publique, n'en manquaient pas. On a eu droit à la saga de la déradicalisation ou chaque institution réclamait son comité de prévention de la violence. Il y en avait un pour le gouvernement fédéral et un autre pour le provincial et d'autres pour la ville de Montréal, l'Université, le CÉGEP, les garderies, etc. Après la saga, c'était au tour du feuilleton du burquini qui a duré toute une saison, il sera suivi de la série dramatique et macabre du 29 janvier, diffusée en deux temps. La première partie traitait de la tuerie au sein d'une mosquée et la deuxième de cadavres et de cimetières. Et présentement à l'affiche, une dramatique qui met en scène le niqab ou le voile intégral sur fond de racisme systémique ou non, de discrimination institutionnalisée ou non.

Quel est donc l'intérêt de ces multiples lois sur le vivre ensemble?

Quel est donc l'intérêt de ces multiples lois sur le vivre ensemble? C'est simple, me disait un ami, comme les politiques, toutes tendances confondues, connaissent les livres de Nicolas Machiavel, ils savent qu'ils doivent occuper l'esprit de leurs concitoyens par de faux problèmes, de fausses menaces, leur faire peur. De la diversion, en somme.

Pour le moment, ajoute-t-il, l'épouvantail est tout désigné. Le bouc émissaire par excellence est un ensemble d'immigrants issus de pays arabes et musulmans, car au sein de cette chose appelée « communauté » il existe des éléments extrémistes prônant un islam politique. Ils sont fréristes ou salafistes, connus et reconnus d'ailleurs par l'ensemble des pays occidentaux, et ils s'utilisent mutuellement en empoisonnant les grands espaces de respiration citoyenne.

Cette infinissime minorité de la population du Québec est perçue comme un immense panneau de signalisation. Disait une autre amie.

Cette population d'activistes islamistes extrémistes est au cœur de toutes les manipulations. Elle est utilisée par tous les apprentis prestidigitateurs. Cette infinissime minorité de la population du Québec est perçue comme un immense panneau de signalisation. Disait une autre amie.

Une fois la table est mise, l'idiot « futé », stratège, maître d'œuvre et instigateur en chef de projets et de lois polémiques, il jette le premier os voilé. Il sait que l'idiot actif et l'idiot utile n'attendent que cela pour se jeter l'un sur l'autre. Ils s'étripent et s'entre-déchirent en public via les canaux médiatiques. Le racisme existe crie l'un, non, il n'existe pas, rétorque l'autre.

- Dieu existe!

- Non il n'existe pas!

- Il est systémique!

- Non il n'est pas systémique!

Et si les deux millions de mendiants modernes du Québec, fruit d'un acharnement systématique du gouvernement sortent dans les rues et exigent leur part de bonheur? Comme l'écrivait le poète Y. Sebti.

Quelqu'un viendra de très loin / Et réclamera sa part de bonheur / Et vous accusera d'un malheur.

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