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Contribuer au NPD malgré soi

04/05/2014 11:35 EDT | Actualisé 04/07/2014 05:12 EDT

J'habite Côte-des-Neiges, près de l'Université de Montréal, l'un des quartiers qui forment la circonscription fédérale d'Outremont. Quatre fois par année, une fois par saison, je reçois un bulletin de mon député Thomas Mulcair. Ces envois, communément appelés les « dix-pour-cent », sont d'ailleurs envoyés par la plupart des députés. Est-ce que je les lis entièrement? Pas toujours, mais je les feuillette, je m'informe, et j'apprécie le geste.

En fait, j'aime bien obtenir des nouvelles de mes élus. Que ce soit par la poste ou par courriel, je ne suis pas de ceux qui se fâchent quand on tente de m'informer. Je ne suis pas non plus de ceux qui claquent la porte au nez des bénévoles qui font du porte-à-porte, même s'ils sont d'un parti auquel je n'adhère pas. Certains pourraient même aller jusqu'à dire que c'est flatteur (ou la moindre des choses). Mais il faut faire une distinction entre les activités parlementaires et les activités partisanes. Lorsqu'un bénévole cogne à la porte d'un citoyen et lui remet des documents au nom de sa formation politique, on est en droit de s'attendre à ce que ces documents aient été payés par le parti en question, puisqu'ils en font la promotion. Ce n'est pas le rôle de l'État de financer les communications partisanes, quel que soit le parti.

Plus tôt cette année, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres une invitation à appuyer le Nouveau Parti démocratique du Canada dans son initiative pour défendre Postes Canada. On me demandait simplement d'inscrire mes coordonnées, et de renvoyer ce carton gratuitement au NPD, sans avoir à y apposer de timbre. Le sujet m'interpellait, et j'étais tenté de le remettre à la poste. Mais ce qui m'interpellait davantage, à bien y penser, c'est le fait que cet envoi ait été fait à même les fonds de l'État, profitant des envois transmis en franchises pour le gouvernement. Et, pour moi, que des fonds publics servent à remplir les banques de données d'un parti est tout simplement inacceptable.

Ce n'est pas la première fois que ma circonscription (ou une autre, comme dans le cas de Bourassa) se voit bombardée de publicités néodémocrates malencontreusement financées par l'État. Ce n'est visiblement pas non plus la première fois que le NPD est accusé d'utiliser l'argent des contribuables pour appuyer ses activités de mobilisation et de communications. Rappelons qu'un bureau du NPD a récemment ouvert ses portes à Montréal avec l'aide du budget parlementaire des divers bureaux de circonscriptions néodémocrates du Québec. Un autre bureau doit bientôt voir le jour en Saskatchewan! Or, le Bureau de régie interne de la Chambre des Communes a récemment statué que cette pratique devait cesser. À savoir si les frais encourus par les contribuables devront être remboursés, il s'agit là d'une autre histoire.

Nous payons tous des impôts et des taxes pour veiller au bon fonctionnement de nos institutions démocratiques - je refuse que ma contribution soit détournée pour tenter de me recruter en cachette! Des agissements comme ceux-ci alimentent le cynisme rampant à l'endroit de la politique et des politiciens. Si le NPD, ou tout parti, souhaite gagner des voix en 2015, que ses membres et donateurs paient eux-mêmes pour leurs campagnes. Ce n'est pas à nous de payer la note.

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