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Stupéfaction et surréalisme

10/04/2014 07:28 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Comme des millions de mes concitoyens, j'ai été scotché à mon écran de téléviseur jusqu'à tard lundi soir pour prendre le pouls de l'humeur des électeurs et connaître la répartition des sièges au terme de l'exercice démocratique auquel Pauline Marois avait convié les Québécois. Quelle soirée surréaliste pour toutes les raisons que nous connaissons déjà! Victoire « éclatante » des libéraux après seulement 18 mois de purgatoire, défaite historique du PQ alors que les sondages d'avant-campagne plaçaient Mme Marois à la tête d'un gouvernement majoritaire, discours très maladroits et tout droit sortis d'une époque révolue prononcés par MM. Péladeau, Lisée et Drainville en attendant l'arrivée sur scène de la chef (démissionnaire)...

Je regarde les soirées électorales à la télé depuis belle lurette, mais cette dernière a revêtu un caractère surréel - même si les chiffres qui déferlaient dans le bas de l'écran peignaient un portrait clair de la décision de l'électorat. Et, depuis l'élection, tout le monde dans mon entourage se demande bien comment les libéraux ont réussi à décrocher cette majorité, car aucun n'a voté pour le PLQ. Stupéfaction...

Bien entendu, l'élection des libéraux à la tête d'un gouvernement majoritaire alors que la CEIC n'a pas encore terminé son mandat (il serait d'ailleurs temps qu'elle cesse de s'attarder à des niaiseries comme de la soupe chaude sur les chantiers de construction et s'attaque sans plus tarder au nœud du problème, soit au financement occulte des partis politiques de 1996 à 2011) me laisse perplexe, mais c'est la décision du peuple. N'en demeure que je crains un retour à l'arrogance libérale ayant caractérisé le règne de Jean Charest (à l'exception de son bref mandat minoritaire en 2007-2008). Entre l'incompétence péquiste et l'arrogance libérale, on a choisi le moins pire?

Dans les rangs péquistes, la dégelée est totale. Comme l'écrit le chroniqueur du Devoir Michel David, dans un texte intitulé Le long hiver, ce désaveu des Québécois pour le PQ après seulement 18 mois de pouvoir est stupéfiant. Pour citer M. David : « Les prochaines révélations de la commission Charbonneau feront peut-être regretter leur choix à certains, mais les résultats de l'élection indiquent clairement que la magouille est perçue comme un moindre mal par rapport à la souveraineté. » Constat qui est triste, mais qui s'impose à la lumière des résultats de lundi soir. Reconduire les libéraux au pouvoir, et ce, de façon majoritaire, me laisse encore stupéfait deux jours plus tard. Nous sommes vraiment mal pris, il faut croire.

Pour ce qui est de la participation à ce scrutin, il est quand même étonnant que plus d'un électeur sur quatre (71,56 % de participation) a décidé de renoncer à son droit de critiquer quoi que ce soit jusqu'au 1er octobre 2018 (date des prochaines élections générales au Québec). Quatre ans, ça peut s'avérer long pour garder le silence, mais quand on ne vote pas, on est bien mal placé pour chialer par la suite...

Enfin, parlons de la nouvelle répartition des sièges à l'Assemblée nationale. Récoltant 41,50 % des voix, le PLQ a fait élire 70 députés (56 % des sièges). Quant au PQ et à la CAQ, ils ont conjointement obtenu la faveur d'environ 48 % de l'électorat. Pourtant, ces deux partis se partagent un total de seulement 52 sièges (41,6 %) En 2012, la CAQ avait obtenu à peine quelque 181 000 voix de moins que le PLQ. Pourtant, les libéraux ont raflé 50 sièges et les caquistes ont dû se contenter de 19 députés. Quelque chose ne tourne plus rond dans notre mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour. Un scrutin proportionnel aurait néanmoins résulté en un gouvernement libéral majoritaire, mais la représentation des partis à l'Assemblée nationale aurait alors mieux reflété la volonté populaire. La recherche d'un juste milieu s'impose?

En effet, la question du mode de scrutin devrait être abordée, mais ce n'est certainement pas un gouvernement libéral majoritaire qui voudra modifier les règles. En effet, les partis traditionnels ont tout intérêt à maintenir le statu quo à cet égard, comme nous le démontre d'ailleurs l'issue de chaque campagne électorale.

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