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Convergence dans l'industrie du sondage: un danger pour la démocratie?

01/12/2014 12:03 EST | Actualisé 30/01/2015 05:12 EST

Les sondages sont l'un des instruments de mesure de l'opinion publique qui a le plus d'influence sur les décisions politiques. En effet, que ce soit dans le contexte des campagnes électorales ou l'évaluation de la popularité d'une décision gouvernementale, les résultats de sondage sont relayés par les médias de masse, qui en font souvent la nouvelle à la une. Mais l'industrie du sondage peut-elle prétendre à la neutralité et l'absence d'influence politique ou économique?

Les récents débats qui entourent la candidature de Pierre Karl Péladeau à course à la chefferie du Parti québécois ont fait ressortir avec acuité les enjeux de la proximité entre les mondes politique et médiatique. L'apparence, ou la présence de conflit entre les intérêts économiques du groupe Québécor et les décisions politiques d'un futur chef de parti est ce qui préoccupe le plus dans ce débat.

Les liens avec l'industrie du sondage n'ont pas encore été soulevés dans ce dossier, mais nous croyons qu'il faut le faire dans contexte actuel. Bien que nous reconnaissions que l'ensemble des firmes de sondage peuvent avoir des liens plus ou moins rapprochés avec certaines formations politiques ou intérêts économiques, il nous semble que le cas de Léger marketing pose un enjeu particulier dans le contexte actuel.

Le groupe Québécor est l'un des clients les plus importants de Léger marketing. L'entreprise commande régulièrement à la firme des études de marché, pour le compte de Vidéotron ou d'autres de ses filiales. Le Journal de Montréal, propriété de Québécor, a aussi commandé de nombreux sondages politiques à Léger, lors des dernières campagnes électorales. En plus de ces relations d'affaires très serrées, le fait que Jean-Marc Léger, président de Léger marketing, siège au conseil d'administration du Groupe TVA nous semble pousser beaucoup trop loin la convergence entre les deux entreprises.

Cette proximité pose la question de la neutralité de Léger marketing dans la réalisation de ses sondages. Dans l'hypothèse où Pierre Karl Péladeau deviendrait chef d'un parti politique tout en contrôlant toujours le groupe Québécor, il nous apparaît évident que cela poserait problème.

Le Collectif RISQ préconise une réglementation beaucoup plus importante de cette industrie qui passerait par la mise en place d'un organisme public de contrôle des pratiques de l'industrie et une validation des enquêtes et méthodologies utilisées. Sans ce garde-fou, la convergence entre un parti politique, un groupe médiatique important et une maison de sondage nous semble être un mélange assez toxique pour la démocratie.

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