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Le souci de la nation: le Québec doit s'engager dans la voie autonomiste

26/03/2015 10:12 EDT | Actualisé 26/05/2015 05:12 EDT

L'actualité des dernières semaines nous montre que le clivage entre les indépendantistes et les fédéralistes est plus profond que jamais, au point où le débat sur la question nationale québécoise est devenu littéralement stérile, pris en otage notamment par le dogmatisme des uns et l'aveuglement volontaire des autres. Les indépendantistes, d'une part, refusent de tirer les douloureuses leçons des échecs de 1980 et 1995 et s'entêtent à croire que c'est en parlant plus fort qu'ils finiront par réussir à «vendre» leur option aux Québécois. Pourtant, ils devraient comprendre que les Québécois tiennent à préserver un lien quelconque avec le Canada.

Les fédéralistes, quant à eux, n'ont rien d'autre à offrir que le statu quo et la dépendance. En rupture avec les grands idéaux de la Révolution tranquille, ils ont dédramatisé le rapatriement de 1982 et l'échec de Meech au point où l'appartenance du Québec à la fédération canadienne leur apparaît maintenant comme un fait indépassable. Philippe Couillard ne manque d'ailleurs jamais une occasion de nous rappeler que l'indépendance ne constituerait rien de moins qu'une véritable catastrophe pour le Québec. Son adhésion au fédéralisme est inconditionnelle. Ce faisant, les fédéralistes semblent avoir définitivement tourné le dos à toute ambition nationale pour le Québec, le processus de provincialisation étant parvenu à un point de non-retour.

De toute évidence, les Québécois se sont quelque peu lassés d'entendre les indépendantistes et les fédéralistes se déchirer constamment sur cette question. Le cynisme et le sentiment d'impuissance sont d'ailleurs à leur comble dans la population. Il n'en demeure pas moins que la question nationale relève d'un enjeu vital (sans être forcément prioritaire) pour le Québec. Son avenir politique et constitutionnel demeure en effet incertain. Nous sommes actuellement enfermés dans un no man's land constitutionnel dont il faudra tôt ou tard se sortir. Mais comment? Je voudrais ici très succinctement jeter les bases d'une troisième voie, celle de l'autonomie du Québec.

La voie autonomiste n'est évidemment pas tout à fait nouvelle au Québec. Cette position a notamment été défendue par la défunte Action démocratique du Québec de Mario Dumont. D'une certaine façon, elle l'a aussi été par l'Union nationale de Maurice Duplessis, et peut-être davantage par celle de Daniel Johnson père. Il me semble cependant que cette voie n'a pas été suffisamment approfondie ni très bien expliquée à la population québécoise, qui pourrait y découvrir une manière enthousiasmante et originale d'envisager l'avenir politique et constitutionnel du Québec.

Qu'est-ce qu'être autonomiste? Être autonomiste, c'est d'abord reconnaître le caractère national du Québec et travailler à son avancement. Être autonomiste, c'est veiller à ce que le Québec évolue dans un cadre constitutionnel suffisamment souple pour répondre à ses aspirations et voir à ses meilleurs intérêts. Bref, être autonomiste, c'est avoir le souci de la nation. Plus concrètement, le Québec devrait procéder à la rédaction d'une constitution québécoise (constitution interne), laquelle pourrait devenir un élément refondateur du Québec et une excellente synthèse des « valeurs québécoises » (laïcité, langue française, égalité homme-femme, etc.). Les Québécois doivent retrouver le sens de l'engagement commun.

Finalement, inutile de tenter de réinventer la roue. Il n'y a au fond que deux issues possibles à ce débat: le renouveau de la fédération canadienne (ce qui n'implique pas forcément une réforme constitutionnelle, mais certainement des ententes administratives asymétriques) ou l'indépendance du Québec. Chose certaine, en mettant les intérêts du Québec au cœur de l'action politique, sans parti pris, nous n'avons rien à perdre. Les Québécois doivent donc envisager leur avenir politique et constitutionnel de façon ouverte, loin des voies toutes tracées. Le Québec doit approfondir et consolider son caractère national, à l'intérieur du Canada ou à l'extérieur, s'il le faut. Le Québec est libre de ses choix.

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