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Le ministre Bolduc ne se rappelle plus ses mathématiques...

17/12/2014 11:42 EST | Actualisé 16/02/2015 05:12 EST

Afin de rappeler à la population l'époque où elle était sur les bancs d'école, voici un exemple pour mettre en bouche ce qui se passe en ce moment dans les classes du Québec et de ce qui se passera après le couperet libéral. Je prendrai une classe typique du secondaire comme modèle.

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Une période de classe a une durée de 75 minutes.

Une classe de 3e secondaire a 32 élèves.

Voici un exemple de cours magistral que connait la majorité de la population, même s'il existe beaucoup d'autres méthodes d'enseignement, dans le but de ne pas complexifier l'explication:

On fait un rappel de la matière du dernier cours et on répond à quelques questions pendant 10 minutes. Si on ne le fait pas: seulement 10% des élèves (les forts) sont prêts à commencer. Si on le fait: on augmente de 30% à 70% le nombre d'élèves prêts à commencer, dépendant de la fréquence des cours.

On explique à tous pendant 10 minutes: 10% des élèves (les forts) ont compris.

On explique à tous en ajoutant d'autres exemples pendant 10 minutes: 50% des élèves (les forts et une partie des moyens) ont compris.

On termine la classe en résumant les notions vues, les difficultés possibles, etc. pendant 10 minutes,dont 5 d'entre elles avant la fin où l'attention des élèves est complètement ailleurs.

Oh! Ça ne fait pas 75 minutes. On a donc 75 minutes - 10 - 10 - 10 - 10 = 35 minutes. Ce sont donc 35 minutes qui restent pour donner de l'aide directe au 50% d'élèves n'ayant pas encore compris (50% d'une classe de 32 élèves, ça donne 16 élèves).

Il y a donc 16 élèves qui comprennent. Même s'il comprend, l'élève doit consolider ce qu'il sait et l'élève a tout de même besoin de stimulations et d'encouragements pour continuer à travailler seul (afin de pouvoir s'occuper des 16 autres qui n'ont toujours pas compris). Sinon, il deviendra frustré de ne pas avoir d'attention et sera un potentiel perturbateur.

Il y a donc 16 élèves qui ne comprennent pas. En supposant qu'on ne donne que 5 minutes d'attention à ceux qui comprennent, il restera 30 minutes pour aider ceux en difficulté. Il reste 30 minutes pour 16 élèves, soit environ 2 minutes chacun d'aide individualisée.

Dans notre cas, nous supposons que c'est une période parfaite sans aucun des dérangements suivants :

- aucun n'élève n'est en retard;

- aucun intervenant ne vient rencontrer un ou des élèves;

- tous les élèves sont consciencieux, respectueux et assidus à la tâche;

- tous les élèves ont bien mangé, ont bien dormi et sont bien encadrés à la maison (je ne parle pas des devoirs, mais de tout le reste);

Et j'en passe...

Donc, 2 minutes par élèves. Grâce à ces deux minutes miracles, on espère qu'une majorité va comprendre.

Il y aura donc un certain nombre d'élèves qui n'auront pas compris.

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Vous pouvez donc déjà constater qu'actuellement, il n'est pas facile d'aider vos enfants dans une classe de 32 élèves.

Le ministre Bolduc, dans sa tour d'Ivoire, nous informe que baisser le nombre d'élèves (par exemple de 32 à 30) n'a pas changé la réussite scolaire. Nous pouvons certainement tous comprendre que :

- 75 minutes divisées par 32 élèves donnent 2 minutes 21 secondes

- 75 minutes divisées par 30 élèves donnent 2 minutes 30 secondes

On obtient une énorme différence de 9 secondes. C'est de toute évidence ce qui va aider les élèves à réussir, 9 secondes de plus sur 180 jours d'école soit 27 minutes de plus par année scolaire.

Cette explication est très certainement minimaliste, mais elle a le mérite d'expliquer aux parents un minimum. Donnez aux enseignants le miracle de 15 d'élèves par classe au secondaire et vous passerez de 2 minutes à 5 minutes (plus du double) le temps qu'on pourra investir avec vos/nos enfants.

Alors maintenant, voulez-vous plus d'élèves par classe?

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